‹ L'Enlèvement de Déjanire, vaudeville en 1 acteChapitre 1 sur 12 · SCÈNE PHEMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PHEMIÈRE

JOSEPH , pmi MENU.

JOSEPH, arrangeant Ut Utt. Oh! U m Tiendra pas!. H n’aura pu tooIo Mire le TOTiMe... Je pariera» dh aoua, ai jé tes

aTais...( £coulan(. ) On mante!.. . (Il «a vivemtnt regarétr par la partt4tg^k*.) Non ! c’eut ce rieox tigre de bouigpMs!...

MENU, eMrant par la ganeke, A la eantonnadi'. Nicette, Nicette!

NICettk, rfoM lë Matto». Pipa!...

* ll»U, JOMpb.

Djij by Googli-

MAGASIN THÉÂTRAL

, Ws'V-/

MENU. Va, ma fille! Descends sur la porte de l'auberge. . . pour attendre les voyageurs. . .

NICETTE, de mime. Oui, papa!...

JOSEPH, d lui-même. Oui, papa!... Qué petite voix douce!... c'est comme un vrai sirop de groseille. (Soupirant.) Ah!...

MENU. Allons ! Joseph, mon garçon ! dépéche-toi d'arranger cette chambre !...

JOSEPH, avec humeur. 11 me semble que je ne me croise pas les bras !

MENU. Tu asmis les rideaux., les fauteuils, le paravent... les accessoires? ( Il examine.) Bien... très-bien... Qui reconnaîtrait dans ce riche appariement mon salon de cent couverts T. . .

JOSEPH. Eu v’Ià une idée h vous!...

MENU. Idée excellente !. .. (l'est demain la foire et la fête de Provins... Mes quatorze chambres ne suffiront pas... Ix>s marchands,

' les curieux , les rouliers, vont arriver en foule!...

JOSEPH, d part. Il n’y a que mon oncle Mulot qui n'arrive pas...

MENU. Allons ! chaud, chaud ! alerte, mon garçon !

'JOSEPH, frappant le matelot atec dépit.

^,^;haud!... chaud! chaud!...

%BNU. Qu'est-ce qui lui prend donc?...

-tu bien ne pas aplatir mes matelas?

Rjseph, avec humeur. Je les ramollis, vos - gàlettes de matelas... (a part.) Ah! si je tenais comme ça mon oncle Mulot, peut-être que ça le ramollirait aussi !...

MENU. Ah ça!... mais II qui en as-tu encore?...

JOSEPH. J'en aia plusieurs !... [Le regardant fixement.) Père .Menu, pourcommenrer, j’en ai à vous!...

MENU. A moi?... Qu'est-ce que je t’ai fait?...

JOSEPH. Ah! j’aime bien la question!... | Ah! je l’aime bien!... comment, ^urgeois... I il vous reste assez de front pour me deman- ' der ce que vous m’avez fait... quand depuis six mois vous me voyez maigrir de tendresse I potir votre fille... et que vous passez votre I existence h me la refuser !

MENU. Je t'ai donné des raisons...

JOSEPH. Je sais bien... vous me trouvez

trop gueux Mais mon oncle Mulot est

riche.,

MENU. Ton oncle Mulot ?

■JOSEPH. De Mcliin...

MENU, te rappelant. Ah!...

JOSEPH, (^i jonc des orgues h la cathédrale.

MENU. Eh bien, qu’il te donne une dot...

et nous verrons.

JOSEPH. J'y ai écrit pour ça... Mais il ne m'a envoyé que sa malédiction .. et rien avec. Lt

MENU. Ce n'est pas assez pour une dot. ^

JOSEPH. Figurez-vous qu'il a le mariage et les femmes en horreur, cet bomme-Ui. . .

qu'il en a peur comme de l'anteclirist , et qu’il est b^ueule comme une vieille tou- ^

rière.

MENU. Ca te regarde... Fais -le changer j

d’idée... ' '

JOSEPH. Ah ! ouiche ! il est entêté n

comme un Mul... ot qu’il est... — J’avais bien essayé un moyen... Vous savez qu’on vient de placer des orgues toutes neuves ï la i

j paroisse... J'ai parlé de mon oncle Mnlotan { curé... Il lui a écrit de venir jouer demain,

I pour la fête... J'aurais profité deçà |)ourlni I reparler de ma dot. . . Mais il n'a pas répondu.

Il n'aura pas voulu se déranger... il est pétri de manies... On ne le ferait pas sortir de sa : chambre... ou de son orgue... pour la couronne de l'empereur de la Chine... Ahl si je le tenais!...

Il prend Menu au collet et le secoue.

MENU. Veux-tu me Ucher!...

JOSEPH, tritlement. Mais donnez -moi 1 donc un conseil... Qo’cst-ce qu’il faut que ; je fasse ?

I MENU. Fais les lits !

JOSEPH , avec fureur. Je les fais , vos I lits... je les fais. ..

I U bat le» oreiller*.

j MENU, impatienté. Joseph... Si je... (On entend du bruit dont la rue.) Qu’est-ce que 1 c'est que ça? (Il vad la fenêtre.) Bon !... l'arrivée des pataches... Il y en a plus de vingt sur la (dace.

JOSEPH, courant à la fenêtre. Mon oncle Mulot y est peut-être !

MENU, d la fenêtre. Par ici, messieurs!

mesdames!... Entrez <i la Tête d’or la

meilleure auberge de Provins!... Nicette ,

Nicetie !...

NICETTE, endthort. Oui, mon père!... Je vais conduire ces messieurs!

Menu va S la porie de (tsncüe.

JOSEPH , voulant tortir. Je vas l’accompjgner.

MENU. Attends... encore du monde.

JOSEPH. C’est peut-être mon oncle

Non.. . C'est an particulier et son épouse !

MENU. VU l’affaire de ma chambre S deux lits.

JOSEPH, d lui-même. A-t-il une chance!

F.’ENI.ÈVEMENT DE DÉ.1AMRE.

SCÈlNE II.

LesMÊMES, saint-oursin, DÉJANIRE*. j

Saisi Oursin ei Déjaniro enircnl. Celln-ri a un | voile nuir rabattu sur son visage; ils eotreot, ' précipitamment.

SAINT-OURSIN, O Déjanire. Entrez, mon ange !.... entrez. n'ayez pas peur! j

DÉJANIRE. Je harais beaucoup nécessité ; de éranonir moi!...

MSnt, I«t prétenle un fauletul. Est-ce .

qne ma^me se trouve mal?...

JOSEPH. Voulez-vous que je la délace?...

SAlNT-OUSlN. Non ; laissez ce n'est

rien.

DÉJANIRE, «e tournant vers Joseph. C.ette Jeune homme il était un gros polisson !

JOSEPH, offensé. Plaît-il?...

MENU. Joseph, taisez-vous I JOSEPH. Ah! maiA..

SAINT-OURSIN, bas, d Déjanire. Du courage, ma reine!... Je suis certain qu’il n’a pu vous reronnaîlre... ce voile épais qui lui dérobait votre charmant visage...

DÉJANIRE, bas, d Saint-Oursin. Oh ! je

étais encore toute dans le palpitation!

Mon cousin Bettfort il était beaucoup méchant... il était capable de tuer nous, toutes les deux...

SAINT-OURSIN, à part. Diable!... (Bout.) Mais rassurez-vous!... Nous sommes ici en | sdreté... et puis, n’êtes-vous pas auprès de | moi... qui vous aime... qui vous adore...

DÉJANIRE, arec sentiment. Yes !... yesü... ' yesü! , '

SAINT-OURSIN. Dites-moi, monsieur l'hôte... cette chambre?...

MENU. Est entièrement libre... vous pouvez vous y installer?... Monsieur et madame désirent-ils souper?...

JOSEPH, avec volubilité. Nous avons : rognons, côtelettes, fricandeau, oreilles de veau, I pieds de cochon... j

DÉJANIRE, scandalisée, se levant. Oh, I mais!... ce jeune homme il était une grande | poiissonne... .

Menu replace le fauleuil**.

Joseph; Encore!...

MENU. Taisez-vous!... i

JOSEPH. Elle me moleste.. . cette Italienne, ^ elle me moleste! .. pristü...

SAINT-OURSIN. Qu’eo dites VOUS, ma toute belle?... Mangeriez-vous bien une aile de poulet ou une tranche de ros-beef?

DÉJANIRE, distraite. Saint-Oursin, il manquait à moi quelque chose...

* JoMpb, Saiat*Otir»in » Mjaaire, Menu.

Joseph, Mena, IVéjanire, Saiat-Ourtia. *

SAiNT-ouasiN. Quoi donc?

DÉJANIRE. Mais dans mon trouble je *

me rappelai pas bien...

SAINT-OURSIN, à part. Ah! mon Dieu!...

je devine... son chicnetson chat... Nos compagnons de voyage depuis Londres... J'espérais qu’elle les aurait oubliés!...

MENU. Que décident monrieur et madame?

DÉJANIRE, crûinl. Ab! mon Dieu! mon Dieu !... ah ! mon Dieu !

SAINT-OURSIN. Qu’y a-t-il?

JOSEPH. Elle se trouve encore mal?

DÉJANIRE. Je savais ce qui manquait à moi... Dans le précipitation, nous avons laissé les pauvres petits hanimaux dans le voiture !...

SAINT-OURSIN, à part. Juste!... {Haut.) Vous croyez...

JOSEPH, d ,Wenu. Des petits animaux...

c’est des montreurs de bêles, qui viennent pour la foire!...

MENU. Taisez-vous!

DÉJANIRE. Je voulais aller ebereber... tout de suite. . . tout de suite !

SAINT-OURSIN, bos, d Déjanire. Quelle imprudence!... si nous allions rencontrer encore... Attendons il demainmatin...

DÉJANIRE , frappant du pied. Je voulais tout de suite... je disais i vous... Je \muvais ni boire, ni manger, ni dormir, ni rien du tout. .. sans mes pauvres petites hanimaux !...

SAINT-OURSIN, dpnrl. Elle y tient ! (Woul.) Eh bien ! restez .. j’irai seul.

U remonte la sc^iie

DÉJANIRE, d part. Je voulais bien... J’attendrai toutes mes bêtes avec impatience.

JOSEPH , d Menu. Comment ! ils vont loger leurs bêtes féroces dans votre chambre !i deux lits!

SAINT-OURSIN , après avoir pris son chapeau et json manteau, regarde par la fenêtre. Ah ! mon Dieu ! c’est lui. ( f'vBemenf et bas à Déjanire. ) Il traverse la place ! Il vient ici ! '

DÉJANIRE. Qui ?

SAINT-OURSIN, bas. Sir' Bettfort. .. Il nous a découverts, c’est sûr.

DÉJANIRE. Je étais perdue, j'avais envie d’évauouir moi !

SAINT-OURSIN, bas. Nous n’avons pas le temps ; venez. . . fuyons !

tt lui met sa pelisse^ sur lot éptulet.

MENU, avec empressement. Madame craint le courant d’air; Joseph, ferme la fenêtre.

Joteph et Menu vont A la fenêtre et s'embarraa* »etii en voulant tous deux la fermer.

SAINT-OURSIN , bas, montrant la porte à droite qut est ouverte. Ce petit escalier doit conduire derrière l’auberge... hâtons-nous!

Il reniraioe.

’ JoMph, Menu, 5aint-OoratD, Déjanire.

Magasin theatral.

oùAMRK. Ah! je vondrais bien évanouir moi.

lu tsricnl prccipiumnicnt par le pelit escalier.

SCÈNb 111.

MENU, .lOSEPH , pui* .MCETTE.

MENU, te reUmrnant. Que décident monsieur et mada... Eli bien!...

JOSEPH. Où e$l passée l'Italienne?

MENU. Partis!... Qu'est-ce que ça signifie?

{Appelant.) Eli! monsieur!... eb ! madame!

Nir.ETTE, entrant par la gauehe'. Mon Itère!...

MENU. Tu les as rencontrés?...

.MUETTE. Qui?...

JOSEPH, r.e monsieur et cette Espagnoicqui sortent d'ici.

MUETTE, .le n'ai vu personne; mais en revanche, il y a là un monsieur...

JOSEPH. C’est mon oncle !

MUETTE. Je ne sais pas... il a nn chapeau tout renfoncé et de gms favoris ronges.

JOSEPH. Ce n'est pas ça.

Nir.ETTE. Il vent absolument visiter tontes les chambres de l’anberge.

MENU. Visiter mon auberge!

MUETTE. Il |iarait qu’il a déjà fait un esclandre é|)ouvantable à l'Aigle d'or; il cherche une cousine qn'on lui a enlevée.

MENU, l’ne cousine!... attends! attends... je vais le mettre à la raison !

Il son par la gauche.

SCÈNB IV.

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