‹ L'ennemi de la familleChapitre 20 sur 67 · L’ISLAMISME · texte numérisé non relu

L’ISLAMISME

hideux, se produisent infailliblement 1 : le harem, le divorce, l’esclavage. Où paraît l’Islam, la famille disparaît.

Voulez-vous embrasser d’un regard les mornes stérilités de ce désert? venez, considérez le tableau qu’une de nos galeries de peinture exposait naguère : la Mort dans le harem !

Saïd Pachah expire, entouré de toutes les pompes orientales, et seul. On lui tend son enfant — un fils, bien entendu, — ses bras le cherchent, ses yeux ne le voient plus; l’enfant reste inerte. Amassées dans un coin, les femmes de Saïd essayent de pleurer; quelques-unes essayent d’approcher ; un eunuque les repousse brutalement.

Ne sentez-vous pas le frisson ?

Et ce que Mahomet a ramené sur la terre : les souillures avec les désolations de la polygamie, il l’a introduit dans les cieux; desséchant, rabattant, salissant le cœur jusqu’au bout ! Ce que Mahomet a dérobé à notre pèlerinage : la sainte union, les tendresses, l’idéal, il l’arrache à l’éternité; de telle sorte qu’appauvris, que dépouillés partout, que partout avilis et partout déshérités, l’homme et la femme, étrangers l’un à l’autre, passent de l’abjection d’en bas au matérialisme d’en haut, des aridités d’une

1. Lisez Liwingstone, ses voyages au travers du continent africain, ils vous montreront Mahomet à l’œuvre.

L'HISTOIRE

vie sans famille aux aridités d’un ciel sans amour! Mettez le Koran vis-à-vis de l’Évangile.

Voyez ce qu’a fait l’homme, voyez ce qu’a fait Dieu.

LE CATHOLICISME

II n’est pas nécessaire, hélas! de sortir de la chrétienté pour rencontrer des réactions contre la famille.

Le Catholicisme, la Réforme, l’incrédulité, chacun à §a manière, qui plus, qui moins, ont chacun attaqué l’institution de Dieu.

Commençons par l’œuvre catholique.

Elle provient d’une confusion profondément matérialiste : la confusion de l’état de célibat avec l’état de sainteté.

Idée énorme qui, en directe opposition avec l’Évangile, touche au dualisme oriental et renverse la famille, par ceci : qu’elle met le mariage au rang d’une tolérance accordée à la faiblesse du cœur humain.

A côté de celte doctrine vous en voyez marcher

L’HISTOIRE

une autre, non moins subversive de la famille, non « moins contraire à la Parole de Dieu : la doctrine des deux saintetés; la sainteté moyenne, commune, pour les chrétiens ordinaires; la grande sainteté, pour les grands chrétiens. Les premiers épousent des femmes, les seconds ne se marient pas. Les premiers possèdent «les biens, les seconds embrassent la pauvreté *.

Belle situation pour le mariage , belle garantie pour la propriété !

Car les Pères, il faut le remarquer en passant, attaquent la famille par deux brèches : le communisme et le célibat. Au fond, ils attaquent l’individu, l’éternel ennemi du paganisme, du paganisme païen, du paganisme chrétien.

Ecoutez les homélies des Pères. L’indigence est une vertu; la richesse est presque un vice dont il faut se laver à grands coups d’aumônes. Quant 'au fait de la virginité, il constitue par lui seul une perfection telle, que les Pères, matérialistes sans 1b savoir, je répète le mot, trouvent pour le louer des expressions dont l’ardeur nous froisse, nous les chrétiens vulgaires, nous les chrétiens mariés.

Au surplus, si vous voulez savoir ce qu’ils font du mariage, voici l’ échelle dressée par saint Jérôme :

i. Il en csl qui vont plus loin et qui embrassent la mendicité; d’autres poussent la vie sainte jusqu’à ce point suprême : la saleté! Voyez Labre, François d’Assise, etc.

LE CATHOLICISME

Tout en haut, la vierge; un degré au-dessous, la veuve; plus bas, la femme mariée; plus bas encore, la femme remariée; après, sans transition, la femme de mauvaise vie !

Augustin se gène encore moins. Tel de ses discours, telle de ses épîtres assimile nettement le mariage à l’impureté, faisant du célibat, cela va de soi, le dernier terme de la perfection.

Le concile de Trente enfin, qui formule et qui fixe la doctrine catholique, a voté ce canon :

« Si quelqu’un dit que ce n’est pas quelque chose de meilleur et de plus heureux de demeurer dans la virginité et dans le célibat que de se marier, qu’t/ soit anathème! »

C’est du paganisme pur; c’est le dualisme persan; c’est une audacieuse, c’est une flagrante négation de l’Évangile qui, ne plaçant pas, lui, la sainteté où elle n’est pas : dans un fait matériel ; la met où elle est : dans le cœur. L’Évangile ne connaît ni le dictionnaire des choses pures et impures, ni le classement des vertus, ni ce que c’est qu’un christianisme de premier, de second, de troisième ordre. L’Évangile dit à tous : Soyez parfaits. L’Évangile montre à tous le même type : Dieu.

Mais l’histoire de la chrétienté est-elle autre chose que l’histoire d’une longue revanche païenne? Mais le paganisme, chassé du domaine des apparences, a-t-il

L’HISTOIRE

fait autre chose que ressaisir le cœur? Mais ne pouvant avoir raison de l’Évangile, l’idolâtrie ne s’ est-elle point avisée de le corrompre afin de régner sous son nom?

Le célibat saint, au temps des Pères, s’avançait accompagné d’un cortège de choses fort peu saintes, vous pouvez m’en croire. On ne mutile pas impunément la famille, on ne refait pas impunément la création. Les prêtres, auxquels là fausse pureté commençait d’interdire le mariage, retiraient chez eux des sœurs agapètes — sœurs introduites. — Vous voyez d’ici ce que la sainteté y gagnait. Plus tard ce fut le concubinat avec un caractère officiel. Le célibat sacré, durant des siècles, remplit le monde chrétien de ses scandales, le souilla de ses vices, en abaissa le niveau sous ses avilissements. On avait conspué le mariage, on eut la corruption.

Cela n’éclaira point. Le mariage était l’ennemi, car le mariage, c’est la famille; or la famille, c’est l’opposition tenace, c’est la suprême résistance au principe païen.

Alors on inventa la direction.

Jésus avait dit : « Vous, que l’on ne vous appelle point directeurs, car un seul est votre directeur, . le Christ »'. On créa des directeurs.

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