‹ L'ennemie sociale: histoire documentée des faits et gestes de la fracChapitre 30 sur 46 · LE CATHOLICISME EN BELGIQUE ET LA FRANC-MAÇONNERIE BELGE · texte numérisé non relu

LE CATHOLICISME EN BELGIQUE ET LA FRANC-MAÇONNERIE BELGE

Nulle part la haine de la Franc-Maçonnerie contre le Catholicisme n'est aussi mortelle qu'en Belgique, car les Francs-Maçons Belges nourrissent l'idéal qu'un jour :

/, « Lorsque nous verrons régner en maître sous les voûtes de nos temples le Père de tous les sectaires présents^ passés et futurs, il pourra nous dire avec son ricanement légendaire:

» Très Chers et illustres Frères, faites-moi la faveur de reconnaître en moi :

» Le terme final du Progrès maçonnique.

» Le parfait et sublime Maçon de la fin du XIX« siècle (1). »

Les compagnons et frères de Satan veulent donc, à tout prix, se montrer dignes de lui et leur action en Belgique contre le Catholicisme comprend trois campagnes distinctes, une campagne anti-catholique de |usiification maçonnique, une campagne de haine maçonnique contre l'Église Catholique, et une campagne de haine maçonnique contre les prêtres catholiques.

Nous allons les étudier en détail.

A. Campagne de justification.

C'est i^ au nom de la dignité humaine:

,\ « Dès que la Foi veut s'imposer par la force ou la menace, dès qu'elle tend à devenir un instrument de

(1) Le F.*. Gustave Jottrand, avocat, membre de la Chambre des Représentants et 33«, le 28 janvier 1887. Bulletin du Suprême Conseil, n» 3o, page 34, lignes 1 à 6.

coercition pour dominer les faibles et les simples d'esprit, tout homme de cœur doit la combattre et la repousser (i). »

2° Au nom du bonheur et du salut de la société :

^\ « Ce n*est pas en ripostant aux coups venant d'un seul côté, que nous sortirons vainqueurs du combat, »

« On doit nous trouver toujours, partout et de tous les côtés. »

« Car le parti clérical harcèle, lui, la société moderne de tous les côtés à la fois, en luttant en politique, en philosophie, en sciences sur tous les terrains où il rencontre l'enseignement libre penseur, en tendant la main au parti ouvrier et frappant les Francs-Maçons dans leurs intérêts. »

« A nous de ranimer les courages, car le parti clérical compte sur la peur pour paralyser les énergies qui nous sont acquises, à nous de dire à nos soldats que nous pensons à ceux qu'ils laisseront après eux, que nous saurons fnire tout notre devoir et que nous comprenons toutes nos obligations maçonniques. »

« A nous d'affirmer solennellement que nous allons nous organiser pour être à même de tenir nos engagements. »

(( Nous provoquerons les dévouements si, même dans les circonstances les plus minimes, nous pratiquons toujours la solidarité et si nous prouvons au mode profane que nos veuves et nos enfants n'ont rien à craindre des coups du sort. »

(( Nos soldats auront alors confiance absolue en leurs chefs et sauront que, s'ils tombent dans la bataille, c'est à eux qu'arriveront les premiers secours (2). » 30 Par amour de la civilisation :

,\ « Des liens plus étroits que jamais nous rattachent à notre institution séculaire, qui est l'incarnation du progrès et de la tolérance. »

(1) Le F.*. Alexandre Demarteau, médecin et 33®, le 3o mai 1881, Bulletin du Suprême Conseil, n© 24, page 68.

(2) Le F.*. Isidore Eyerman, conservateur des hypothèaues à Anvers et 33«, le 27 novembre 1887. Bulletin du Grand Orient, XV, pages 29 et 3o.

« Vous aurez d'autant plus le sentiment de vos devoirs,

3uela civilisation moderne semble menacée par ceux qui epuis trois siècles n*ont cessé d'être les instruments actifs et dangereux de toutes les réactions, de tous les attentats à la dignité et à la liberté humaine. »

« L'heure est venue pour les Enfants de la lumière, d'éviter tout ce qui serait de nature à entraver l'œuvre maçonnique, qui a besoin de toutes les convictions sincères et de toutes les abnégations (i). »

4° Par amour de la liberté :

/^ « Des aspirations qu'on devait croire anéanties se sont réveillées pleines de vie et d'audace, et ont trouvé moyen de s'imposer d'une manière dominatrice. »

« La théocratie a repris son empire, et aussitôt qu'on a eu envisagé le danger, qui créait a la liberté ce réveil de la théocratie, tous les regards, tous les vœux, toutes les aspirations se sont tournés vers la Franc-Maçonnerie belge, l'invoquant comme le seul salut pour la liberté menacée (2). »

Et 5" par amour de la patrie :

,\ « Les Francs-Maçons belges ont le devoir de protéger la Belgique contre les prétentions funestes de l'Eglise romaine (3). »

C'est par ces motifs (!) que les Francs-Maçons belges déclarent pour leur compte une guerre à mort contre le Catholicisme I!

Pourquoi alors ces peurs terrifiantes, ces craintes de mise à feu et à sang :

/, « Lorsqu'en Belgique, nous voyons un clergé fanatique terroriser les âmes pour servir son ambition politique, nous devons nous garder de terribles repré-

(1) Le F.*. Scailquin,le 28 décembre 1874. Bulletin du Suprême Conseil, n*» 18, page 21.

(2) Le Grand Orateur du Suprême Conseil de Belgique, le 19 mars 1877. Bulletin du Suprême Conseil, no 20, page 34.

(3) Le F.*. Putsage négociant et vénérable de la Loge «L'union de M on s», le 10 octobre 1878. Bulletin du Suprême Conseil, n0 2i, page 60.

sailles (i). » Nous comprenons mieux leur menace d'intervention hostile de l'État :

*^ « En Belgique la minorité intelligente ne peut lutter contre Vinfluence de FÉglise, qu'en se servant de rÊlat comme d'une arme (2). »

Les Francs-Maçons belges ne peuvent alléguer aucune justification que ce soit à leur hostilité contre l'Église catholique, qu'ils haïssent mortellement ainsi qu'ils l'avouent, pas même, maintenant surtout, l'amour de la Constitution dont ils ont toujours faussé l'esprit, et dont ils réclament aujourd'hui la revision.

*^ « Exaltons la Constitution belge, mais que ce soit la Constitution avec toutes ses dispositions, dans son esprit comme dans sa lettre et non telle que l'ont faussée soit des lois votées par des majorités cléricales, soit des lois acceptées par des libéraux qui transigent encore avec « la foi de leurs pères ».

« Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée, et chez nous elle n'est ni l'un ni l'autre. La Constitution proclame le divorce entre l'État et l'Église, ce divorce nos lois en ont fait un concubinat. »

« Ce jeu de dupes doit cesser. Que ce soit notre mot d'ordre. »

« Je porte la santé de la Constitution belge, mais de la Constitution avec toutes ses libertés et sans privilèges pour les Églises, les Évêques et les petits frères (3). »

B, Campagne de haine contre l'Eglise,

Les Francs-Maçons belges s'efforcent par tous les moyens : i® De semer dans les esprits la haine du Catholicisme.

(1) Le Grand Orateur du Suprême Conseil de Belgique, le 26 mars 1881. Bulletin du Suprême Conseil, n» 24, page 47.

(2) Le F.-. Comte Goblet d'Alviella : Bulletin du Grand Orient, XIII, page 96.

(3) Le F.*. Auguste Couvreur, ancien vice-président de la Chambre des Représentants et Grand-Maître National, le 23 avril 1875. Bulletin du Grand Orient, I, page 1 15

,% « Quels sont les devoirs des Souverains Grands Inspecteurs généraux du 33® degré, placés au sommet de la hiérarchie maçonnique ? »

a Nous devons instruire les Frères, qui ne connaissent pas encore complètement nos principes, nos formules et surtout nos traditions ; nous devons dissiper les préjugés, calmer les scrupules de la conscience, rassurer les craintes. »

« Nous devons proclamer que la foi isolée, abandonnée à elle-même est aveugle et dangereuse, et que seule la foi douteuse et éclairée par la raison est féconde. »

« Nous devons proclamer que n'avoir d*autre mobile que la conscience, c'est exposer l'homme au déchaînement de toutes les passions (i). »

Et: 2«> D'inculquer aux Belges que l'Eglise catholique veut les tyranniser :

/, u La théocratie catholique ou romaine lève la tête et revendique avecâpreté, non seulement l'empire des âmes, mais ausi la domination sur les citoyens et sur les lois, les prétentions du moyen âge sont revendiquées par elle, comme des droits incontestables, et les chartes civiles et politiques sont bafouées, attaquées et minées î (2) »

C'est donc par deux corps d'armée, celui qui doit porter la haine dans les esprits et celui qui est chargé delà semer dans les cœurs que cette campagne est menée.

i. Dans les esprits.

La question posée aux Loges de Bruxelles :

/♦ « Quels sont les moyens à employer pour étouffer la

réaction ultramontainfe et spécialement pour refréner les

audaces des feuilles réactionnaires ? »

(i) Le Grand Orateur du Suprême Conseil de Belgique, le 17 mars iH'} 6. Bulletin du Suprême Conseil, n® 18, pages 34, 55, 56.

(2) Le F.'. Henri Paffpaert,Sivocat,greSier et 33*^,16 19 mars 1880. Bulletin du Suprême Conseil, n*» 23, pages 42,^43.

a été résolue en séance plénière du 26 mai 1876 comme il suit :

/^(i II faut intenter aux journaux catholiques des procès civils pour diffamation ou calomnie. »

« Il îaut poursuivre en dommages-intérêts les prédicateurs coupables d'avoir conseillé publiquement le désabonnement aux feuilles franc-maçonniques. »

« Il faut engager tous ces procès devant les tribunaux dans lesquels nos Frères sont assttrés de la majorité (i). »

^\ Le Grand Orient de Belgique a mis au concours pour l'année 1877 la question suivante:

« Quelles sont les armes dont l'Etat démocratique peut se servir contre l'ultramontanisme? (2) »

La Loge de Liège a étudié :

« Les moyens pratiques de combattre l'ultramontanisme (3). »

La Loge de Mons :

« Des tendances de l'ultramontanisme et des moyens de le combattre (4). »

« Des moyens légaux et pratiques de refouler les eiivahissements du clergé dans la constitution actuelle (5). »

(( Des moyens d'empêcher la propagande cléricale (6). »

La Loge de Louvain :

« Recherche des mesures propres à combattre l'extension des corporations religieuses en Belgique (7). »

La Loge d'Anvers :

« Recherche des meilleurs moyens de combattre l'ultramontanisme (8). »

La Loge de Verviers s'est également occupée de cette recherche.

(1) Bulletin du Grand Orient de Belgique, U, page 19.

(2) Ibid., III et IV, page 110.

(3) Ibid., m et IV, page i33.

(4) Ibid., III et IV, page i5o.

(5) Ibid., m et IV, page i5i.

(6) Ibid., ni et IV, page i52.

(7) Ibid., III et IV, page 154.

(8) Ibid., III et IV, page i58.

Elle a décidé que « les moyens les plus efficaces pour combattre le cléricalisme sont au nombre de quatre :

» i«r La création de cercles libéraux,de locaux destinés à réunir les libéraux ;

» 2« La sécularisation de la bienfaisance publique ettout spécialement des hospices d'orphelins et d'orphelines ;

» 3® La sécularisation de l'enseignement public et la disparition des prêtres de l'école ;

» 4^5 L'éducation de la femme, qui doit être mise au niveau du progrès moderne par la création d'écoles primaires, moyennes et de pensionnats où les parents libéraux puissent assurer à leurs filles une éducation complète et raisonnable (i). \)

Le 1 1 mars i883, le Grand Orient de Belgique a arrêté conmie une des questions à mettre au concours maçonnique de 1883-84 la suivante :

*^ « Tracer le plan motivé d'une série de publications populaires ayant pour but de rendre odietix le fanatisme et r intolérance (2). »

Et le F.*. Pierre Van Humbeeck, ancien ministre de l'instruction publique et Souverain Grand Commandeur de l'Ecossisme et le F/. Auguste Couvreur, ancien président de la Chambre des Représentants et Grand Maître national ont déclaré, le premier, que :

,\ « On a reproché à la Révolution d'avoir creusé un gouffre ; ce c'est pas vrai ; elle a creusé une fosse pour y descendre le cadavre du passé.

» Et comme la Révolution n'est que la formule profane de la Franc-Maçonnerie, ce qui est vrai de la Révolution est vrai de la Franc-Maçonnerie.

» Un cadavre est sur le monde et barre la route du progrès. Ce cadavre est le Catholicisme, dans ses dogmes oppresseurs qui paralysent partout le libre examen et ne veulent permettre au citoyen de penser que par l'inter-

(1) Bulletin du Grand Orient de Belgique, II, page 14g.

(2) Bulletin du Suprêtne Conseil, no 20, page i5.

médiaire du prêtre,dans son organisation astucieusement combinée par des pontifes habiles dans un but de domination universelle.

» C'est ce cadavre qu'il nous feiut jeter dans la fosse en réunissant tous nos efforts pour Ven rapprocher sans cesse (i). »

Et le second que :

/^ « Le Dieu qui trône au Vatican a écrit récemment à un de ses évêques que la Franc-Maçonnerie,œuvre de Satan, ne pouvait plus être vaincue que par les prières des fidèles, car les bulles et les mandements étaient impuissants contre elle. »

« C'est le plus bel éloge qu'on ait jamais fait de notre institution qui continuera à triompher des prières de ses adversaires, comme elle a triomphé de leurs calomnies et de leurs anathèmes. »

« Je bois à la mort de l'esprit clérical ! A la chute d'une Eglise dont l'empire repose sur l'ignorance et la superstition I A la chute de celle que Luther, le grand Luther, appelait déjà la prostituée des temps modernes, à la chute de TEglise romaine (2) ! »

/^ (( La législation a livré nos écoles à un clergé ennemi de la liberté, ennemi des lumières, qui a fait de nos enfants des générations de crétins ou de sceptiques. Car l'enseignement religieux est, lui-même, nul, étant un formulaire vide de sens et d'idées, hors de la portée des intelligences enfantines, et l'enseignement de la morale n'existe pas, les tribunaux ayant eu à flétrir les crimes immondes de ceux qui se disent les instituteurs des pauvres. »

« Pour l'honneur et le salut du pays, il faut qu'un pareil état de choses cesse. Il faut que la société laïque reprenne ses droits, qu'elle purifie cet air corrompu. Il faut en finir avec les compromis, et les transactions et les demi-mesures. »

(1) Discours du 26 décembre 1864, maintenu dans la séance delà Chambre des Représentants du 4 mars 1879.

(2) Bulletin du Grand Orient, II, page 1 15.

« Il faut que le clergé qui, ployé sous une discipline de fer, est aujourd'hui livré tout entier au papisme et à son idolâtrie, rentre dans lé droit commun, il faut lui enlever tous les privilèges qu'il s'est taillé dans la Constition et dans les lois. »

« S'il en était autrement, nous n'aurions plus qu'à fermer, nos temples, la Maçonnerie n'aurait plus raison d'être et le pays serait mûr pour les pires destins (i). »

Cette déclaration a été faite par le Frère Auguste Couvreur, lors de son installation comme Grand-Maître National, le i^r Juin 1872 et comme conséquence, la Loge a Les Amis Philanthropes » de Bruxelles a pris les trois résolutions suivantes :

,\ « 1° A l'avenir, la Loge ne rendra plus aucun honneur funèbre à la mémoire d'un Frère décédé lorsqu'il y aura eu aux funérailles intervention d'un ministre d'un culte quelconque.

» 20 Les Frères qui viennent de contracter mariage seront admis à présenter leurs compagnes dans le temple à la condition qu'ils n'aient fait consacrer leur union par les prêtres d'aucun culte.

» 3<* L'adoption maçonnique sera réservée aux enfants dont les parents ont renoncé à tout culte. »

2, Dans les cœurs:

*^ « Ce que la Franc-Maçonnerie combat dans les religions, c'est leur intolérance, ce sont leurs dents et leurs griffes de bêtes fauves ; si elles s'en dépouillaient, nous pourrions vivre en paix avec elles, comme nous laisserions errer en liberté les lions et les tigres s'ils voulaient bien cesser de mordre et de déchirer (2). »

« Il y a une tendance, de la part de certaines Loges, à prendre position vis avis de la religion. »

a Elles refusent de tirer la batterie sourde en mémoire

(1) Bulletin du Grand Orient de Belgique ^ I, page 101.

(2) Le F •. Gustave Jottrand, avocat et SS"»*, le 10 mars 1881. Bulletin du Suprême Conseil, n» 24, page 26.

des maçons dont les funérailles ont eu lieu avec le concours d'un culte. »

« Elles refusent de recevoir dans la Loge, à cause de leur mariage, les Frères qui se sont soumis à des cérémonies religieuses. »

« Elles refusent d'admettre à l'adoption les'enfants qui pratiquent un culte ou qui font la première commu-. nion (i). »

/, « La Franc-Maçonnerie ne suit pas les traditions du passé. Elle marche dans des voies nouvelles. »

« Et comme les religions jettent aujourd'hui le discrédit sur ceux qui n'appartiennent pas à leur secte, il est juste que les Francs-Maçons trouvent dans la Franc- Maçonnerie une compensation à l'estime que leur^irreligion peut leur avoir fait perdre au dehors ; il est juste que la Franc-Maçonnerie récompense les Maçons qui font acte d'énergie en mettant leur conduite dans la vie profane en conformité avec leurs idées maçonniques. » : « La Franc-Maçonnerie est tenue d'encourager la rupture avec toutes les religions et de décorer ceux qui se trouvent au premier rang sur le champ de bataille (2). »

Et le jour même où le F.*. Charbo, professeur à l'université et Grand Orateur du Grand Orient, faisait Taçpel si pressant à l'intolérance la plus absolue que l'on vient de lire; le même jour, le 19 février 1887, comme pour mieux bafouer l'opinion publique, le Grand Orient de Belgique a déclaré à l'unanimité que :

/, « Considérant ({m' aucune Loge n a contrevenu aux principes de la tolérance proclamés par f article I des statuts de l'Ordre, le Grand Orient décide de laisser à Chaque Loge l'appréciation de ce qui est le plus favorable au développement du sentiment maçonnique (3). » . La haine contre l'Église catholique est »lonc avouée.

La voici proclamée !

(1) Le F.*. Henri Taverne, directeur^du Mont-de- Piété et Grand Secrétaire du Grand Orient de Belgique, le 19 février 1887. BuHetin du Grand Orient, XV, page 40.

(2) Bulletin du Grand Orient, XV, page 40.

(3) Bulletin du Grand Orient de Belgique, XV, page 44.

Le 29 juin 1884,1e Grand Maître National, comte Goblet d'Alviella.SLporté aux représentante des autorités maçonniques étrangères présents au banquet annuel du Grand Orient de Belgique, le toast suivant :

/. « Vous savez, illustres Frères, que la Maçonnerie belge est une Maçonnerie d'avant-garde dans la lutte que notre Ordre soutient partout contre les prétentions de la théocratie romaine. »

« Et ce n'est pas au lendemain des dernières calomnies papales que vous nous reprocherez, dans ce pauvre pays livré à l'oppression cléricale, de relever le gant jeté par les serviteurs du Vatican à tout ce que nous aimons et à tout ce que nous recherchons. »

« Car si nous voulons la guerre, et une guerre à mort contre cette Église qui prétend à la domination universelle des corps et des âmes, c'est pour arriver au triomphe de nos principes qui sont aussi les vôtres (i). »

Mais cela ne suffit pas aux Francs-Maçons belges qui tiennent à lai proclamer hautement, solennellement :

/, « La Franc-Maçonnerie est la véritable entiemie de la religion catholique et elle a pour mission de s'occuper des questions politiques et sociales. »

« Et quand les hommes des ténèbres répandent l'ignorance, la superstition et le fanatisme, et mènent les populations à l'abrutissement et à la décrépitude, nous avons la mission de planter le drapeau du libre examen, de répandre l'instruction, d'éclairer et de protéger toutes les victimes de leur funeste influence. »

« Et à cette mission nous ne faillirons pas (2). »

En se promettant leur triomphe prochain ;

/^ « A la fois traditionnelle et progressive, locale et cosmopolite, la Franc-Maçonnerie, tout en se donnant pour but essentiel le triomphe de la liberté et de la raison, possède une plénitude d'organisation qui la met en état de rivaliser avec sa grande ennemie : l'Église de Rome, et qui fait d'elle le complément naturel, je dirai même nécessaire du parti libéral. »

Cl) Bulletin du Grand Orient de Belgique, X et XI, page 5i. (a) Le F.*. Henri Berge, Grand Maître national, le 23 avril 1875. Bulletin du Grand Orient, II, page 1 13.

« Et si les conquêtes individuelles réalisées par la libre pensée n'ont pas encore arraché définitivement nos classes éclairées au joug de la superstition, c'est que nos libéraux ont poursuivi un idéal négatif, au lieu de venir chercher dans nos ateliers notre système de doctrines positives sur nos droits, nos devoirs, nos rapports et nos doctrines (i). »

Il y a mieux. Les Francs-Maçons belges se font un titre de gloire de cette guerre et de cette haine, car fe Grand Maître National, le Frère Goblet, a fait à Anvers la déclaration suivante le 21 octobre i883 :

*^ « Ce sopt les Francs-Maçons belges qui les premiers ont pu soutenir la lutte contre la théocratie, cet ennemi naturel de la Franc-Maçonnerie. Ils l'ont acceptée, cette lutte, et ils l'ont ardemment combattue, bien avant que l'Illustre Frère Gambetta prononçât ces mots devenus célèbres : Le Cléricalisme, voilà l'ennemi î »

(( La Maçonnerie belge sait que le Cléricalisme est le véritable et le principal ennemi de tout progrès, de tout affranchissement physique et intellectuel de l'homme. Et c'est en comprenant la position spéciale de lutte faite aux Maçons belges dans un pays inféodé à l'ultramontanisme que tous les Orients étrangers ont noué des rapports d'amitié avec le Grand Orient de Belgique (2). »

Haine à mort, et guerre sans quartier ; voilà l'action de la Franc-Maçonnerie belge dans sa campagne de haine contre l'Eglise catholique.

Page 1