PÉRIODE D'IMPOSITION
De i852 à 1870, pendant le deuxième empire, la Franc-Maçonnerie, consciente de la sophistication qu'avaient subie ses principes, de par sa volonté, pendant la période précédente et après en avoir fait amende honorable, pour dissiper la méfiance légitime qu'elle inspirait au peuple français, commença par se soumettre pour élargir son influence, et finit par imposer à son tour au Souverain ses volontés révolutionnaires.
Napoléon III devint le représentant de la Franc- Maçonnerie, comme le prouve son intervention personnelle entre les deux compétiteurs de la Grande Mailrise, le Prince Napoléon et le Prince Murât.
Elle se servit de lui pour imposer les principes maçonniques à la France et à l'Europe, en l'obligeant à réaliser, quand même, son plan à elle, qui comportait quatre termes.
— L'abaissement de la Russie.
— L'affaiblissement de l'Autriche.
— L'unification de l'Italie.
— La formation de l'Empire Allemand, L'abaissement de la Russie était imposé aux révolutionnaires, dont Napoléon III était un des chefs, par
la nécessité de briser l'entente que le Tsar Nicolas avait établie avec les grandes puissances, et plus particulièrement avec l'Autriche ; cette entente rompue, il devenait facile de réaliser l'unité italienne et l'unité allemande : double objectif des Chefs de la Franc-Maçonnerie qui, créateurs de ces deux unités, pourraient imposer partout les principes maçonniques.
V affaiblissement de l Autriche, fidèle alliée et le plus ferme et puissant soutien de la Papauté, s'imposait aussi à la Révolution, et elle eut lieu une première fois en Italie, et une deuxième fois à Sadowa, mais alors pour rendre possible l'unité allemande, à laquelle l'Autriche était hostile, comme représentant la forme fédérative opposée au principe des nationalités unitaires.
L'unification de l'Italie, le centre de la Révolution dans le monde, permettait à cette nation d'imposer les principes révolutionnaires en renversant à Rome le Catholicisme, car c'est à la condition expresse de combattre partout, et avec tous les moyens, la prépondérance catholique que cette unité a été réalisée.
L'unification de V Allemagne avait été promise par Napoléon III, six ans avant sa fortune politique, dans les termes suivants:
« Je promets et jure de faire une Allemagne nationale unie. Je^ promets et jure sur mon honneur et sur le Saint Évangile, de faire une Allemagne nationale unie (i). »
Rendue impossible en 1848 du fait de la Russie, cette unification obtint l'appui formel de Napoléon 111, delà Franc-Maçonnerie, dès octobre 1862. Une fois réalisée, l'Allemagne s'en est servie pour faire la guerre au Catholicisme.
L'imposition de ses principes ayant été obtenue par la Franc-Maçonnerie en France, à la suite de cette deuxième campagne, elle réalisa les préceptes 5, 6, 7 et 8 de
(1) Art. !«'■ de la convention conclue à Ham en 1845 entre le prince Louis Napoléon, depuis l'empereur Napoléon III, et le duc de Brunswick. Lcttcrs and Correspondencc of Thomas Slingby Dunscombe. London, 1867.
son Décalogue Sacré, et n'eut plus, pour terminer son œuvre, qu'à mettre en pratique les deux dernières résolutions dans une troisième et dernière campagne, ayant pour objectif l'action des idées et des principes francsmaçonniques.