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LE ROLE DE LA FRANC-MAÇONNERIE

ou en d'autres termes, de la manière d'appliquer le Programme Maçonnique dans la^société pour atteindre le But de l'Ordre.

Or, nous venons de voir que c'est par l'égalisatioti des fortunes et par l'écrasement du Catholicisme dans son enseignement et dans ses œuvres, qu'elle prétend y parvenir.

Voici dans quels termes le Rapporteur général au Congrès, le Frère Brunellière, s est exprimé sur l'application de ce Programme, sur le Rôle de la Franc-Maconnerie :

« Je n'ai pas la prétention de vous soumettre toutes les questions que la Franc-Maçonnerie doit étudier, toutes les réformes qu'elle doit appuyer de son influence et vulgariser, cela serait au-dessus de mes forces et m'entraînerait au delà des limites que je ne me suis posées; je me contenterai de vous en indiquer les principales, qui vous donneront, du reste, une assez haute idée du rôle que la Franc-Maçonnerie a assumé et que vous devez lui aider à tenir.

» Par suite des progrès de l'esprit humain, la politique est devenue une science sérieuse, qui a ses règles, ses lois, ses principes, dont l'étude approfondie peut rendre de signalés services à l'humanité, peut faire éviter des erreurs profondes qui entraînent avec elles des maux infinis. La Franc-Maçonnerie doit étudier cette science, car elle peut être féconde, car elle est liée intimement au bonheur de l'humanité, car elle est instructive pour les hommes d'État qui se forment parmi nous.

» La F.". M.', doit user de tout son pouvoir, de toute son influence sur la société et sur l'État pour que l'on instruise le plus possible la jeunesse ; elle a déjà pris en main l'instruction du pauvre et elle a eu grandement raison, car le cléricalisme l'a prise de son côté, pour la dénaturer comme tout ce qu'il touche, d'un bien pour l'humanité en faire un mal, d'un instrument de progrès et d'émancipation en faire un de recul et de superstition.

» LaF.\ M.'., comprenant l'mstruction d'une tout autre façon, a voulu qu'il n'y ait plus d'ignorants et le moins possible d'incapables dans la société ; elle a demandé que l'instruction soit obligatoire. Elle a compris que, la société exigeant beaucoup de ses membres, il était juste qu'elle fournît aux citoyens pauvres le premier, le plus utile de ses outils ; elle a demandé que l'jn-

struction soit gratuite. Enfin elle a demandé qu'elle soit laïque, car les pauvres ne pouvant donner que quelques années de leur enfance à s'instruire, il ne faut pas les leur faire perdre à apprendre de mémoire des choses qu'ils ne peuvent comprendre et qui sont au-dessus de leur portée quand ils sont enfants.

» La loi sur l'instruction gratuite, laïque et obligatoire votée dernièrement par la Chambre des Députés est donc une loi Mac.'. ; quand elle a été promulguée, il y avait longtemps que la F.'. M.", l'avait élaborée dans ses At.*., et que ses adeptes étaient unanimes pour la réclamer; oh! ne craignez rien, Messieurs les cléricaux, nous en obtiendrons bien d'autres et malgré vojs encore.

» La F.'. M.', a étudié les rapports des Eglises et de l'Etat et a conclu à la séparation de ces deux incompatibilités ; elle doit habituer l'opinion publique à cette grande réforme qui s'impose et pour laquelle, le moment psychologique de l'exécution est arrivé. L'Etat a tous les droits possibles pour rompre un pacte dans lequel lui seul a rempli ses engagements : en effet, le Concordat, qui accordait déjà tant de privilèges au clergé, a été outrageusement violé par lui, par suite des faiblesses et des connivences de la Restauration, de l'Empire et de la République de 1848. Chacun de ces gouvernements lui ont accordé de nouvelles concessions, des traitements plus élevés, l'ont laissé empiéter sur les droits de l'Etat.

» Une mission considérable à laquelle la F.'. M.', doit appliquer son génie et son influence d'une façon toute spéciale, car c'est une mission éminemment civilisatrice, est d'intervenir dans le grand mouvement qui porte les peuples d'Europe à s'étendre sur le reste du monde ; elle doit aider les Européens à faire sortir les peuples barbares de l'état d'ignorance et de sauvagerie dans lequel ils sont encore plongés, état que le prosélytisme chrétien avec ses missions n'a fait qu'aggraver.

» Enfin, mes FF."., arrivons à la question sociale qui est aujourd'hui dans toutes les bouches, qui préoccupe tous les esprits sérieux, quoi qu'en puissent dire certaines personnalités trop confiantes ou intéressées à paraître ainsi.

» Il s'est formé chez nous une forte aristocraiie industrielle, qui a mis le Cléricalisme et le Jésuitisme dans son parti. Cette nouvelle forme de la féodalité accapare toute la fortune publique ; par l'anonymat elle draine le petit capital et l'épargne ; par sa force qui lui permet de faire d'énormes sacrifices, elle ruine les petites industries pour faire tomber toute espèce de concurrence. Quand tous les transports, toutes les industries seront absorbés par les grandes compagnies, les grands capitalistes qui sont à leur tête absorberont alors la fortune des petits actionnaires qui ne pourront soutenir longtemps contre eux la lutte du pot de terre contre le pot de fer.

» Au socialisme industriel et religieux, à celte féodalité qu'on fonde sur nos têtes, répondons par le socialisme populaire et libéral, cherchons les moyens de rendre la vie plus douce au travailleur, son avenir moins sombre; tâchons de détourner le courant fatal de concentration qui pousse l'humanité vers un inconnu plein de menaces terribles. Qui sait ? Peut-être parviendrons nous à opposer à l'agglomération des capitaux, l'association des forces productives, de même qu'à l'ignorance nous avons opposé l'instruction laïque, gratuite et obligatoire. Il se forme de tous côtés des caisses de retraite pour la vieillesse; la F .". M .-. ne peut pas non plus rester indifférente à ces utiles fondations, elle doit les appuyer de son influence et de son argent. Enfin, mes FF."., cherchons, cherchons sans trêve ni relâche! que ce soit notre plus grande préocupation, car il y a un très grand danger à laisser les choses s'aggraver.

» Mes FF.', un mot encore. Après bien des efforts, bien des sacrifices, nous sommes enfin sous un Gouvernement républicain et démocratique qui seul peut nous donner les libertés nécessaires à l'accomplissement de notre mission, le seul capable de lutter contre l'envahissement, l'absorption du Capital, de la Société, de l'Etat, de tout, par les Grandes Compagnies financières et le Cléricalisme, le seul qui, étant basé sur le suffrage universel, est capable de sauvegarder les droits du plus grand nombre contre les entreprises liberticides et des-

potiques de quelques-uns : c'est le seul Gouvernement que nous puissions aimer. Nous devons donc le soutenir, le défendre de toutes nos forces, de toute notre influence. N'a-t-il pas été élaboré, du reste, par nos Ateliers, à la fin du XVIIF siècle? N'est-ce pas le seul sous lequel le problème social peut se résoudre sans faire couler le sang humain? Ne l'oublions pas mes FF.'., un retour à la Monarchie et à la Réaction, tant désiré par l'aristocratie industrielle et cléricale, précipiterait la crise et amènerait les plus grands malheurs. »

Nous venons donc de prouver que la Franc-Maçonnerie avoue officiellement que :

1° Son Rôle est de diriger la Révolution Sociale contre le Capital et contre le Catholicisme et ses enseignements.

2° Son Programme est d'égaliser les Jortunes et d'écraser le Catholicisme àa^ns son enseignement et dans ses œuvres.

3° Son But est de détruire le Catholicisme et tout ce qui f entoure.

Donc la Franc-Maçonnerie est bien, de par son propre aveu officiel , l'Association qui dirige la Destruction de l'Ordre Social Chrétien.

Étudions maintenant dans sa naissance, dans ses progrès, dans les moyens employés ei dans les résultats obtenus, cette Œuvre Satanique de Destruction de la Société Chrétienne, en France, en Belgique et en Italie, c'esl-à-dire, dans les terrains sociaux où elle veut imposer à tous l'Anarchie maçonnique et l'Athéisme maçonnique.

Enseignement maçonnique.

L'enseignement des doctrines de la Franc-Maçonnerie dans la forme et suivant la méthode qui est appelée Rite Écossais Ancien et Accepté ttc^nïtsl de beaucoup la plus

répandue, comprend trente-trois cours ou leçons successives dont les manuels sont désignés sous le nom de Rituels.

Chaque rituel comporte une mise en scène, une légende, un enseignement dont cette légende est l'emblème et une série de démonstrations externes, qui servent à caractériser la possession du grade correspondant et qui sont exigées pour être admis à prendre part aux réunions, aux travaux de chaque grade.

Ces dénominations externes sont :

Audibles — Batterie, Mot de Passe, Mot Sacré, Age maçonnique;

Visibles — Ordre, Signe, Marche;

Sensibles — Attouchement ; dont la gradation franc-maçonnique est la suivante :

La Batterie est la demande de \ Ordre.

\J Ordre tsl la demande du Signe.

Le Signe est la demande du Mot de Passe.

Le Mot de Passe est la demande de Y Attouchement.

]J Attouchement est la demande du Mot Sacré.

Le Mot Sacré est la demande de VAge maçonnique.

La Marche n'est caractéristique que dans certains grades.

Leur ensemble se trouve officiellement détaillé et stipulé dans un recueil qui^ porte le titre de « Tuileur Sacré et Officiel du Rite Ecossais Ancien et Accepté, promulgué le i" juillet 1876 et publié le i^r aoiàt 1876, par le Pouvoir Exécutif de la Confédération des Suprêmes Conseils du Rite » et son texte intégral est imprimé ne varietur dans l'ouvrage déjà cité, que nous avons publié sous le titre de : Satan et C''=, Association imiverselle pour la destruction de l'Ordre Social, et dont S. S. le Pape Léon XIII a daigné accepter la dédicace par Bref Pontifical du 9 janvier 1889.

Dans Satan et C'^ se trouvent également développés, pour chaque grade, les Rituels correspondants, et nous devons y renvoyer nos lecteurs, qui voudraient étudier sérieusement et dans les textes les plus indiscutables

et les plus secrets tous les détails de cet enseignement maçonnique.

Dans ce livre, où nous nous sommes efforcé de lever tous les voiles et de publier tous les documents les plus intimes, les plus secrets, en les groupant de manière à mettre en lumière les Faits et Gestes, les Agissements de la Franc-Maçonnerie, cet enseignement de détail serait déplacé.

Mais, pour que rien ne manque à notre livre de tout ce qui peut permettre à l'opinion publique de porter un jugement raisonné et définiiif sur la Franc-Maçonnerie, nous allons mettre en présence les textes de deux documents du plus haut intérêt : celui de \ Instruction donnée au « Premier Maçon de l'Italie », au Frère Garibaldi et celui de l'Instruction donnée au futur Roi de la Grande Bretagne et Empereur des Indes, le Frère Albert- Edouard de Galles.

Un mot d'éclaircissement est nécessaire.

Si le Rite Écossais a trente-trois grades, c'est que ses fondateurs ont jugé que trente-trois degrés étaient indispensables à monter pour parvenir à son sommet, que l'enseignement de la Franc-Maçonnerie exigeait une gradation. Elle est tellement réelle que lors de l'investiture au 32^ degré et alors que l'on passe en revue les travaux, les enseignements, les objectifs de tous les degrés du Rite, quand on arrive à parler du 33^ degré le rituel dit formellement :

« Quant aux travaux des 33"^ss eux seuls les connaissent )) et cela malgré qu'il s'adresse à un Maçon qui a franchi tous les Grades, un seul excepté, et dont le dévouement à la Franc-Maçonnerie est absolument hors de doute.

Mais lorsqu'il s'agit de Souverains, de Princes, de Grands Seigneurs, de haut personnages, une telle gradation est évidemment inapplicable.

Or, ce sont précisément ces Francs-Maçons de haute marque que la Franc-Maçonnerie a toujours tenu à compter dans son sein, car comme le constate le Frère Louis Blanc :

« Grâce au mécanisme habile de l'Institution, la Franc-Maçonnerie trouva dans les Princes et les Nobles moins d'ennemis que de protecteurs et des Souverains régnants prirent la truelle et ceignirent le tablier. Pourquoi pas, puisqu'ils ne savaient de la Franc-Maçonnerie que ce que l'on en pouvait montrer sans péril ( i) ! »

Le Frère Joseph Mazzini, que la Franc-Maçonnerie italienne revendique comme son proto-type, est plus explicite et dit : « Il faut absolument qu'on mette les Princes de la partie, en les prenant, par la vanité, en leur laissant le premier rôle (2). »

En conséquence, quand il s'agit de conférer le Grade Suprême à un Prince ou à un haut personnage, une instruction unique lui est faite.

C'est cette instruction unique, telle qu'elle fut donnée le 14 Juin 1874 à S. A. R. le Prince de Galles, que nous publions ci-après. Nous en avons pris copie sur le manuscrit unique qui existe dans les archives du Suprême Conseil d'Angleterre.

Un mot au sujet de S. A. R. le Prince de Galles et Je la Franc-Maçonnerie.

Le 2 juin 1869, le Grand-Maître de la Grande Loge d'Angleterre, lord Zelland, informa la Grande Loge que S. A. R. le Prince de Galles avait été initié Franc- Maçon, le i5 juillet 1868 parle Prince Oscar-Frédéric de Suède, Grand-Maître de la Grande Loge de Suède (3). La Grande Loge le nomma en septembre 1869, Grand- Maître et le Prince assista pour la première fois à

une tenue de la Grande Loge le 5 Décembre 1869.

Le 14 juin 1874, S. A. R. fut initié au '53^^ et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et accepté.

(1) Histoire de la Révolution. Il, page 82.

(2) Guerre et Révolution d'Italie, par le comte Subienski, page 4^1 .

(3) « La Maçonnerie suédoise est chrétienne. Le roi de Suède la dirige sous le titre de Vicaire de Salomon, et désigne un Grand- Maître pour présider la Grande Loge. Comme Salomon réprésente symboliquement le Christ, le roi de Suède, le Vicaire de Salomon, est en réalité le Vicaire du Christ, le véritab'e Pape du protestantisme. »

Gould. History 0/ Freemasomy, III, page 198, lignes 33 à 35.

Le comte de Grey et Ripon, Grand-Maître de la Grande Loge d'Angleterre, s'étant converti au catholicisme, donna sa démission de Grand- Maître le 2 Septembre 1874.

Le 3 septembre une commission composée de lord Carnarvon, de John Haven et de Enée J. M. Mac Intyre offrit le poste de Grand-Maître au nom de la Grande Loge à S. A. R. le Prince de Galles. S. A. R. accepta la Grande-Maîtrise et fait 33™^ par l'Instruction qu'on va lire, il devint, enfin, Grand Protecteur et Grand-Maître de la Franc-Maçonnerie en Angleterre.

Quand il s'agit de l'investiture de Grands Révolutionnaires, d'Agitateurs puissants, de Conspirateurs influents, le cas est aussi le même et on remplace les 33 instructions du Rite par une seule et unique comme dans l'Investiture des Princes.

Seulement l'enseignement diffère et ce n'est certainement pas par la vanité que l'on prend ces puissants adeptes.

On en jugera, car nous publions, ci-dessous, le texte de l'Instruction donnée au général Garibaldi le 5 Avril 1860, à Palerme, lors de son élévation au Grade Suprême de la Franc-Maçonnerie.

Nous en avons pris copie sur l'exemplaire même que le Grand-Maître Anghèra lut en cette occasion.

Instruction donnée

general garibaldi « Frère !

Tes actes nous ayant donné la preuve certaine de ton dévouement absolu au bonheur de l'Humanité, qui ne peut être atteint que

Instruction donnée

S. A. R. le PRINCE DE GALLES

(Maj' it please.) Qu'il plaise à Votre Altesse Royale.

Très Honoré, très Respecté et très Aimé Frère :

lorsque nos convictions seront pour elle l'Égalité, nos doctrines seront sa Fraternité et notre volonté à nous autres, Chefs Suprêmes de la Franc-Maçonnerie, son unique Liberté, nous consentons à t'élever au rang suprême.

Et comme, si nous t'admettons parmi nous c'est pour que tu agisses, non pour que tu étudies, nous allons, dans une Instruction unique, te donner connaissance de tout ce qu'il y a de réel dans la Franc-Maçonnerie en faisant briller à tes yeux la Grande Lumière de la Vérité Maçonnique.

Nous allons commencer par t'expliquer sommairement ce que sont nos rituels et à quoi répondent nos grades :

La Maçonnerie, n'étant autre chose que la Révolution en Action, autre chose qu'une Conspiration permanente contre le despotisme politique et religieux, la Maçonnerie ne s'est pas affublée d'elle-même de ces décors ridicules, au moyen desquels les princes et les prêtres jouent dans la société les rôles en évidence qu'ils ont usurpés et volés.

Mais les princes et les

C'est avec une profonde gratitude, avec une respectueuse reconnaissance, que nous acceptons l'honneur que vous faites au Suprême Conseil du 33"^ et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté , en daignant venir siéger parmi ceux de nos Frères que les services signalés rendus à notre Ordre Auguste ont élevé au Suprême degré.

Et nous allons, Très Aimé Frère, développer à vos yeux les enseignements sublimes de ce grade final de la Franc-Maconnerie.

La collection complète de nos rituels, que nous vous remettons en ce moment,vous prouvera, par les enseignements élevés de chacun de nos grades, combien la Franc-Maçonnerie s'attache dans chacun à inspirer la Morale la plus pure, à recommander l'obéissance aux lois, la fidélité aux Gouvernants, le zèle et le dévoûment de la philanthropie, et, en un mot, à enseigner toutes les vertus individuelles, domestiques et sociales.

Dans quelques-uns de ces grades, la forme ritualisti-

prêtres ne pouvant vaincre une institution qui leur est hostile et qui leur est si redoutable, ont eu, à diverses époques, la perfidie de passer dans le camp ennemi, de se faire Maçons euxmêmes et d'introduire dans la Maçonnerie ces usages, ces formules, ces titres, ces légendes absurdes, qui devaient fausser l'esprit de l'institution, qui en dénaturaient les tendances, et qui, à la place de doctrines libérales et démocratiques, semblaient favoriser des principes religieux et aristocratiques.

Nos chefs, en présence de ce danger, resserrèrent les liens des vrais membres de cette Société Secrète par excellence qui est la Maçonnerie, et désirant s'assurer, sinon la protection, au moins la tolérance des puissants de ce monde, ils les laissèrent prendre part aux travaux Maçonniques, dont ils ne leur révélèrent que ce qu'ils voulurent bien leur révéler. Voyant sans sourciller la Maçonnerie transformée en apparence en une Société, aussi insignifiante que possible, de bienfaisance et de charité dont ces puissants de la terre

que est peut-être un peu surannée, mais dans tous, l'esprit est des plus excellents, des plus élevés.

croyaient tenir le haut bout, nos Chefs leur laissèrent déclarer que la Politique et la Religion étaient complètement étrangères à la Maçonnerie.

Il y a donc lieu pour toi, Frère, de subir et d'accepter toutes ces absurdités ridicules, qui sont pour notre institution le pavillon protecteur sous lequel elle peut, acceptée partout, travailler dans l'ombreel lesecret au Sublime But qu elle est destinée à atteindre, car il ne faut pas que tu l'oublies, dans noire Ordre aucun grade ne dévoile complètement la Vérité ; il en désépaissit seulement le voile qui la cache aux regards curieux.

Pour nous, investis du Pouvoir suprême, pour nous seuls, elle le dépouille entièrement et inondant notre intelligence, notre esprit et notre cœur, elle nous fait connaître, voir et sentir que :

L'Homme est à la fois le Dieu, le Pontife et le Roi de lui-même.

Voilà le Secret sublime, la Clef de toute science, le Sommet de l'Initiation.

La Franc-Maçonnerie, synthèse parfaite de tout ce

Et cet esprit est celui de la Vérité que la Franc-Maçonnerie honore et vénère par un culte de tous les instants, de la Vérité que la Franc-Maçonnerie veut faire régner sur les hommes en étendant l'empire de la Vertu par la douceur et la pureté de sa morale et par l'exemple édifiant de ses adeptes.

Car c'est pour prouver au Père bienfaisant qui est aux cieux et qui aime tous ses enfants également, la gratitude et la reconnaissance de l'humanité, que la Maçonnerie veut faire de l'homme un être essentiellement croyant par sa vertu et sa bonté.

Voilà notre but Sublime, voilà le sommet de notre plus haute Imitation.

C'est en prêchant par notre doctrine sacrée et par l'exemple de sa pratique de tous les instants que nous parviendrons. Très aimé Frère, à remplir noblement et dignement tous nos devoirs, que nous réussirons à atteindre notre But Sublime, le Bien parfait de l'Humanité (full benefit) et nous pourrons espérer de recevoir dans ce monde et dans YaulT&fhere and hère-

qui est humain, est donc le Dieu, le Pontife et le Roi de l'Humanité.

Voici ce qui explique son universalité, sa vitalité et sa puissance !

Quant à nous grands chefs, nous formons le bataillon sacré du sublime Patriarche, qui est à son tour le Dieu, le Pontife et le Roi de la Franc-Maçonnerie.

Voilà Frère, le troisième triangle, la troisième triple vérité qui donnera à ton intelligence, à ton esprit et à ton cœur l'ineffable bonheur de la possession absolue de la Vérité sans voiles !

Tout l'ensemble de l'organisation, du fonctionnement et de l'enseignement de l'Ordre apparaît maintenant à tes yeux, Frère, rayonnant de clarté et tu vois, tu comprends, que tout notre enseignement se résume en ceci :

Amener le triomphe de notre Vertu, de notre Morale et de notre Autorité dans l'Humanité tout entière.

C'est pour cela que nos grades ont une triple classification, suivant qu'ils sont appelés à combattre ce que nos implacables adversai-

after) la récompense qu'il plaise à l'Amour infini et à la Sagesse de Dieu de nous accorder.

Tel est l'ensemble de notre œuvre sacrée, Très aimé Frère, et pour assurer son succès dans l'Humanité, au Bien et au Bonheur de laquelle nous nous sommes voués tout entiers sans réserves ni restrictions aucunes, nous avons partagé sa réalisation pratique en trois séries d'enseigne-

res, ce que nos ennemis mortels, ce que nos infâmes persécuteurs les cléricaux osent appeler leur Vertu, leur Morale et leur Autorité.

Pour combattre leur abjecte Vertu nous avons les grades :

jo Apprenti.

2" Compagnon.

3° Maître.

4° Maître Secret.

5° Maître Parfait.

6^ Secrétaire Intime.

7° Prévôt et Juge.

8° Intendant des Bâtiments.

90 Élu des Neuf.

10° Élu des Quinze.

11° Chevalier Élu.

Ce qui nous permet d'amener un profane depuis l'inconscience de l'Apprenti jusqu'à la mission du Chevalier Élu pour la défense de la Vertu maçonnique, pour la croisade de l'Homme Dieu de lui-même.

Parmi les actes de l'homme, le plus divin est évidemment celui qui lui permet de perpétuer sa divinité : l'acte de la Génération.

Et comme les cléricaux

ments, d'efforts et d'agissements, suivant que nous nous proposons de faire triompher la Vertu, la Vérité ou l'Amour de l'Humanité.

Nous enseignons laVertu dans les onze premiers grades de notre Rite :

le ler Apprenti;

le 2"^ Compagnon ;

le 3^ Maître ;

le 4»^ Maître Secret ;

le 5e Maître Parfait ;

le 6*^ Secrétaire Intime ;

le 7e Prévôt et Juge;

le 8^ Intendant des Bâtiments;

le 9e Maître Elu des Neuf;

le loe Illustre. Elu des Quinze ;

le 1 1^ Sublime Chevalier Elu.

Les trois premiers grades nous font entrevoir une Société au sein de laquelle régneraient la moralité, la bienveillance mutuelle et l'acti vitéde tous les travaux, et c'est pour cela qu'à nos Apprentis nous enseignons, que la Vertu et la Bienfaisance sont les deux colonnes de l'édifice social , que nous prêchons à nos Compagnons les bienfaits des travaux matériels qui assurent notre existence et

cachent cette vérité sous les superstitions absurdes d'un Dieu le Père engendrant éternellement, Dieu le Fils éternellement engendré et Dieu le Saint-Esprit unissant éternellement les deux autres, nous enseignons :

Que l'Apprenti, Bohaz, personnification d'Osiris ou de Bacchus, venant chercher la vérité dans la Loge, trouve qu'il est un Dieumàle et incomplet pour la génération des êtres.

Que le Compagnon, Jackin, personnification d Isis ou de Vénus, est le Dieufemelle qui complète le Dieu-mâle et rend possible la génération des êtrês.

Que le Maître, Mahabone ou Mac-Benac, est le Dieu hermaphrodite complet, fils de Loth et de sa fille, fils du soleil et de la terre, l'homme dans la pleine possession de sa puissance génératrice.

Les Cléricaux croient à une Révélation surnaturelle, nous la combaltons en enseignant au Maître- Secret que seule la conscience de son existence est la source de tout ce qu'il y a d'immatériel dans l'homme.

Les Cléricaux croient à

à nos Maîtres les charmes des travaux intellectuels qui l'embellissent.

Les grades suivants enseignent chacun la pratique des vertus nécessaires pour réaliser cet état social si heureux et si désiré et nous vouons . nos Maîtres Secrets à l'exercice de la Discrétion et de la Fidélité;

la tin de l'Humanité; nous enseignons à nos Maîtres Parfaits que l'existence dt l'Humanité est éternelle, car elle se reproduit sans cesse.

Ayant ainsi réveillé chez nos Frères l'idée de la lutte, du combat à outrance qu'ils ont à soutenir contre les cléricaux, nous leur fournissons des armes en apprenant aux Secrétaires intimes, que la curiosité, que l'espionnage de l'ennemi est une vertu louable et aux Prévôts et Juges, que c'est le droit naturel qui nous assiste dans cette lutte ; en expliquant aux Intendants des Bâtiments, qu'en raison de ce droit naturel tous les moyens propres à assurer notre triomphe sont essentiellement et foncièrement vertueux, surtout la suppression des inutiles, dont sont chargés les Élus des Neuf, les répressions par des lois ad hoc, qui sont réservées aux Élus des Quinze et l'accomplissement du triomphe, la victoire définitive de la Vertu maçonnique sur la Vertu cléricale dont est chargé le Chevalier Élu.

nos Maîtres parfaits à

l'obtention de la reconnaissance du Peuple, la récompense la plus glorieuse de la Vertu ;

nos Secrétaires intimes

à l'étude des dangers de la curiosité qui porte sur des choses que nous ne pouvons connaître, curiosité orgueilleuse qui a soulevé tant de vaines disputes, rougi la terre de tant de sang, allumé tant de biichers ; nos Prévôts et Juges à la pratique de la justice et au respecl (révérence) des Lois qui doit devenir une seconde nature de l'homme ; nos Intendants des Bâtiments à l'exactitude, à la fidélité et à la plus généreuse des sympathies pour les travailleurs ; nos Maîtres Élus des Neuf au triomphe de la sagesse et à la répression de la pertidie ; nos Illustres Elus des Quinze à la soumission respectueuse aux Lois et à leurs Ministres et, enfin, nos Sublimes Chevaliers Élus à l'amour du

Pour combatre leur immonde Morale nous avons les grades :

12® Grand Maître Architecte.

i3* Royal Arche.

14" Parfait Maçon.

i5* Chevalier d'Orient.

16' Prince de Jérusalem.

17® Chevalier d'Orient et d'Occident.

18® Rose-Croix.

ig*" Grand Pontife.

20" Vénérable Grand- Maître.

2i«Noachite.

22^ Royal Hache.

Aux lois divines, au droit divin des Cléricaux, nos Grands Maîtres Architectes opposent les droits du peuple, seuls légitimes, seuls vrais, seuls acceptables ; à leur dogme, dégradant pour l'homme, nos Royal Arche opposent l'idéal de la perfection de l'Humanité, dans l'Humanité et pour l'Humanité ; à leur morale révélée, nos Parfaits Maçons opposent

prochain et à l'amour de la Vertu.

Nous enseignons l'Amour de l'Humanité dans les onze grades suivants, qui sont :

le 1 2^ Grand Maître Architecte ;

le 1 3^ Royal Arche ;

le 14e Grand Élu, Parfait et Sublime Maçon;

le 1 5e Chevalier d'Orient ;

le i6e Prince de Jérusalem ;

le 17^ Chevalier d'Orient et d'Occident;

le 18^ Chevalier Rose- Croix;

le ige Grand Pontife;

le 2o« Vénérable Grand Maître de toutes les Loges régulières ;

le 21^ Noachite ;

le 22^ Chevalier Royal Hache.

Les trois premiers font preuve de leur Amour pour l'Humanité en s'efForçant de faire de l'homme un temple digne du Créateur de notre être, dont la possession peut seule assurer son bonheur.

Les Chevaliers d'Orient sont toujours prêts à donner des preuves d'héroïsme en travaillant et combattant avec uiîe persévérance constante pour le bonheur de

la morale indépendante ; à leurs persécutions inspirées, nos Chevaliers d'Orient répondent par une énergique campagne en faveur du Progrès et de la raison pure ; à leur honteuse soumission, nos Princes de Jérusalem répondent par une iière proclamation de virile indépendance.

Pour lutter contre les tyrannies infâmes du Cléricalisme, nos Chevaliers d'Orient et d'Occident se font les champions du droit absolu à la liberté de réunion, pour vaincre ainsil'asservissement dans lequel, aidé par le pouvoir civil, il veut tenir l'Humanité, et nosRose-Croix proclament pour la première fois son émancipation des Papes et des Rois. Et, pour atteindre ce résultat, nos Grands Pontifes se font les apôtres de la liberté absolue de l'en seignement ; nos Vénérables Grands Maîtres se proclament les ennemis acharnés de tout obscurantisme, d'où qu'il vienne; nos Noachites s'assermentent pour que justice soit rendue et nos Royal Hache atteignent le sommet de notre morale, une fois que

la Pairie ; les Princes de Jérusalem font preuve de modestie au milieu du triomphe et de solidarité au milieu des dangers ; les Chevaliers d'Orient et d'Occident s'unissent pour travailler de concert à la propagation des doctrines qui doivent faire le bonheur des hommes ; et les Chevaliers Rose-Croix, n'ayant en vue que la loi éternelle de Dieu et la paix, s'efforcent d'obtenir quele respect intelligent des droits de l'Humanité règle seul ses destinées.

Nos Grands Pontifes I nous donnent l'assurance ' de la venue du règne (coming reignj de Dieu; nos j Vénérables Grands Maî- I très prêchent le pouvoir j issu de l'instruction de I l'homme, et nos Royal Hache propagen t que, pour atteindre le vrai bonheur, l'Humanité doit se retremper dans la méditationdela dignité sublime du Travail.

leur esprit est inondé par les rayons de la Vérité, masquée pour eux, avant de parvenir à ce grade, par les troncs difformes de l'intolérance, de l'hypocrisie, des superstitions et des égoïsmes du christianisme.

Enfin, Frère, pour combattre leur criminelle Autorité, nous avons les grades :

23® Chef du Tabernacle.

24" Prince du Tabernacle.

2 5« Chevalier du Serpent.

26'î Trinitaire.

27e Commandeur du Temple.

28e Prince Adepte.

29*^ Grand Écossais.

3oe Kadosch.

3ie Grand Inquisiteur.

32^ Prince du Royal Secret.

33*= Grand Inspecteur Général.

Les cléricaux répandent leurs préjugés dans les masses, car c'est là leur seule planche de salut et nos Chefs du Tabernacle les combattent en faisant appel à l'autorité, à l'action gouvernementale des clas-

Nous enseignons la Vérité dans les onze derniers degrés :

le 2 3" Chef du Tabernacle ;

le 24^ Prince du Tabernacle ;

le 2 5® Chevalier du Serpent d'Airain ;

le 26^ Ecossais trinitaire;

le 27e Grand Commandeur du Temple ;

le 28^ Prince adepte ;

le 2gs Grand Ecossais de Saint André ;

le 30" Chevalier Kadosch ;

le 3i" Grand Inquisiteur Inspecteur Commandeur ;

le 32^ Sublime Prince du Royal Secret ;

le 33® Souverain Grand Inspecteur Général.

Les trois premiers sont consacrés à l'Etude, au Savoir, nourriture de l'âme sans laquelle l'homme devient une brute, à la Sagesse qui nous délivre de nos maladies morales ; les trois suivants à la tolérance réflé-

ses dirigeantes; aux ombres vaines, aux formules, aux emblèmes par lesquels les cléricaux éloignent de la vérité, nos Princes du Tabernacle proclament le droit qu'ont les sociétés de se débarrasser des institutions politiques et religieuses qui sont contraires à notre esprit; aux serpents du despotisme civil, religieux, militaire et économique, nos Chevaliers du Serpent coupent les têtes pour assurer leur destruction; aux superstitions, aux fausses doctrines cléricales nos Trinitaires répondent par l'apostolat de 1 harmonie des lois sociales avec nos principes sublimes.

Enfin, nos Commandeurs duTemple se vouent à provoquer la promotion de nos Frères au gouvernement des sociétés, nos Princes adeptes proclament la nécessité du règne du rationalisme ; nos Grands Écossais luttent sans trêve ni quartier contre toute usurpation de pouvoir, d'où qu'elle vienne, qu'elle soit civile, militaire ou religieuse ; nos Kadosh réalisent de fait l'émancipation sociale des serres infâmes des prêtres et des rois.

chie,à la culture perfectionnée des sciences et des arts, au développement de tous les mouvements bons et généreux de l'âme.

Nos Grands Ecossais de Saint André planent dans ces régions supérieures où l'homme sage et instruit se sent au-dessus des frivolités du monde et des misères de l'humanité et nos Chevaliers Kadosch assurent le triomphe de la Vérité.

Et, pour couronner le tout, nos Grands Inquisiteurs propagent notre autorité, nos Princes du Royal Secret l'établissent et la défendent et nous, Grands Inspecteurs Généraux, nous l'exerçons.

Les cléricaux, infâmes assassins de l'humanité, opposent, tu le vois, Frère, à notre Vertu, à notre Morale, à notre Autorité, leur Propriété, leur Religion et leur Loi, et ce sont ces trois ennemis mortels de la Franc-Maçonnerie que lu auras à combattre désormais comme chef d'armée.

« La Loi, parce qu'elle n'est pas l'harmonieparfaite entre les Droits de l'homme isolé et les Devoirs de l'Homme Social en Société, Droits qui nous sont acquis à tous dans toute leur intégrité, Devoirs qui ne sont que la conséquence immédiate du droit qu'a chacun de nous de jouir de tous ses Droits sans être empêché par personne.

» La Propriété, parce que la Terre n'appartient à personne et que ses produits appartiennent à tous, dans la mesure des besoins réels du bien-être de chacun.

Les trois derniers degrés sont réservés. Très Aimé Frère, à l'élite de nos frères qui sont chargés de diriger ces trois sublimes Croisades qui doivent faire régner dans l'Humanité, celles de la Vertu, l'Amour et la Vérité, et les Grands Inquisiteurs sont affectés à la première ; les Sublimes Princes du Royal Secret à la seconde, et nous, Souverains Grands Inspecteurs Généraux, à la troisième.

» La Religion, parce que les religions ne sont que des systèmes philosophiques dus à des hommes de génie, systèmes que les peuples ont adoptés sous condition expresse qu'ils viennent constituer un surcroît de bien être pour eux.

» Ni la Loi,

» Ni la Propriété,

» Ni la Religion, ne peuvent donc s'imposer à l'homme ; et comme elles l'annihilent en le privant de ses droits les pluf précieux, ce sont des assassins dont nous avons Juré de tirer la plus éclatante des vengeances : ce sont des ennemis auxquels nous avons juré une guerre à outrance et sans quartier, une guerre à mort.

» De ces trois ennemis infâmes, c'est la Religion qui doit être le souci constant de tes attaques meurtrières ; parce qu'un peuple n'a jamais survécu à sa Religion et parce que c'est en tuant la Religion que nous aurons à notre merci et la Loi et la Propriéié, parce que c'est en établissant sur les cadavres de ces assassins, la Religion Maçonnique, la Loi Maçonnique, la Propriété Maçonnique que

En acceptant de siéger parmi nous. Très Aimé Frère, vous avez accepté de devenir le champion de la Vérité, l'éclaireur vertueux que son amour pour l'humanité pousse à ouvrir les voies pour d'autres hommes, plus éminents et meilleurs que lui peut-être, qui les suivront pour parvenir à donner à l'humanité l'intégralité de son bonheur.

C'est sur cette voie que nous avançons sans hésitation (imfalterijigly) et sans faiblesse, droit vers notre but sublime.

La mort seule nous arrêtera dans l'accomplissement de notre mission, certains de laisser à nos descendants le plus noble et le plus fécond des héritages, qui les rendra fiers et glorieux de leurs ancêtres.

Mais notre marche en avant ne s'accomplira pas sans que nous ayons des obstacles à vaincre, des combats à soutenir, car, non seulement dans le monde profane, mais aussi dans nos Ateliers maçonniques, nous avons à subir les atteintes de trois de nos plus persévérants ennemis, de rÉgoisme, de l'Apathie et de l'Indifférence, passifs.

nous aurons régénéré la Société.

Pour régénérer la Société, tu auras sous tes ordres deux corps d'armée, celui formé par les Ateliers Symboliques et celui formé par les Ateliers des Hauts Grades.

La Maçonnerie Symbolique doit rester société fermée ayant un secret, doit se montrer discrètement aux profanes en mettant habilement à profit les circonstances favorables et doit surtout s'attacher à attirer des prosélytes.

Tu tiendras la main à rattacher à ces Ateliers le plus grand nombre possible d'éléments hostiles au Catholicisme, aux idées et aux institutions Chrétiennes, tous les révoltés contre l'Eglise notre ennemie, les incroyants de toute espèce.

Tu t'efforceras de faire une place parmi les Frères Symboliques à tous les ambitieux qui veulent parvenir aux honneurs et au pouvoir, à tous les déclassés et fruits secs à la recherche d'une position sociale ; aux hommes de plaisir et aux viveurs avides de jouissances matérielles, aux

stationnaires et inertes. Ni la persuasion, ni le blâme, ni le reproche, ne parviennent à les ébranler. Aussi sommes-nous forcés de lancer à leur conquête nos Frères des Ateliers Symboliques, qui pratiquent le dévouement avec tant de zèle et tant d'ardeur.

commerçants et industriels avides de lucie, aux littérateurs, aux savants asoiffés de renommée.

Attache-toi à englober dans ce groupe du Symbolisme les hommes intelligents et influents de chaque pays, étudie-les, devine leurs tendances et leurs penchants.

Signale-les nous, nous les ferons arriver et réussir lorsque nous nous serons emparés de leur intelligence, de leur volonté et de leur liberté pour en disposer à notre gré.

C'est avec ces hommes choisis, instruments parfaits de nos sacro-saintes revendications, que tu auras à former les Ateliers des Hauts Grades.

Tu confieras à ces Frères de confiance, à ces hommes siirs,la propagation, la défense et l'exécution de nos sublimes idées modernes; tu les chargeras de réaliser dans la Société notre Rédemption sociale par la Maçonnisation de la Famille, de la Patrie et de la Propriété, par l'absorption de l'enseignement de la morale et de l'autorité par notre Ordre et par la destruction de la Papauté et l'ané-

Dans nos Ateliers des hauts Grades ce sont plutôt des obstacles puissants que nous avons à surmonter et à vaincre que des combats à soutenir.

antissement de toutes les Religions.

Organisme vivant aux proportions gigantesques qui enserre la Société dans un immense réseau dont chaque maille est un homme, notre Ordre conserve sa toute-puissance et se maintient dans sa formidable unité, grâce à notre discipline, à l'obligation du secret et aux serments maçonniques.

Nous ne saurions trop te recommander. Frère, de tenir la main à ce que ces Serments de tous les Grades, ainsi que le serment de Secret qui doit clore toute réunion Maçonnique, soient prêtés dans des termes précis et d'une manière telle qu'ils constituent,pour nos Maçons, des liens tellement indissolubles, qu'ils nous permettent d'être sûrs des utiles et d'écarter sans danger les inutiles.

Tu dois t'attacher, Frère, à obtenir dans chaque Atelier un noyau de Frères influents et sinon convaincus, au moins intéressés, qui sachent faire faire la besogne sociale de chaque Atelier, soit par ceux des Frères qui consentiront à la réaliser à leurs risques et

périls personnels, soit, ce qui est bien préférable, par des profanes.

Dans ce dernier cas aie soin de faire exagérer la forme des protestations contre le régime social, politique, économique et religieux actuel, de manière à pouvoir, une fois le terrain populaire soulevé et remué par ces exagérations, y semer nos véritables doctrines qui auront ainsi un caractère véritablement modéré.

Ne te préoccupe pas outre mesure des schismes, des divisions, des déchirements qui pourraient se produire, ni des rivalités ou des ambitions particulières qui pourraient surgir.

Ne donne qu'une importance secondaire aux questions de formes gouvernementales, de compétitions de dynasties, de rivalités de puissances.

Mais repousse impitoyablement et combats à mort et à outrance, par tous les moyens que nous mettons à ta disposition, telle dynastie, telle institution, telle classe de la société, telle influence politique, telle autorité gouvernementale, tel personnage princier, telle individualité marquantequi

C'est l'efficacité des moyens que nous employons pour vaincre tous ces obstacles qui s'opposent au bonheur del'Humanité qui est, Très Aimé Frère, la raison de notre existence, de notre influence et de notre puissance. Nous devons notre existence, Frère très aimé, à notre enseignement infatigable et à notre pratique incessante de laVertu, car elle est pour nous la base de l'égalité dont la véritable formule est : égalité dans la vertu, dans la réalisation du bien pour le bien lui-même.

se posant, soit en adversaire de la Révolution sociale, soit en défenseur de l'idée ou de la société chrétienne, formerait par là même un obstacle ou un retard à l'accomplissement de notre mission sociale.

Cette mission sociale que notre Chef Suprême nous a confiée, nous sommes bien près de l'avoir accomplie.

Comme notre Dieu n'est ni substance, ni corps, ni âme, ni créateur, ni père, ni verbe, ni amour, ni paraclet, ni rédempteur, ni rien, nous avons asservi l'Église à la puissance laïque et renversé le pouvoir temporel du Pape en attendant le renversement de son pouvoir spirituel.

Comme nous sommes les constructeurs du nouveau Temple du bonheur de l'Humanité et comme pour le construire il faut commencer par démolir, par détruire l'état social actuel, nous avons supprimé l'enseignement religieux, nous avons supprimé le droit des gens.

Après avoir renversé le pouvoir temporel du Pape, de notre ennemi infâme et mortel, par le concours de l'Italie et de la France,

C'est avec cette pratique de la Vertu que nous surmonterons tous les obstacles qui s'opposent au bonheur de l'humanité et qui proviennent des intérêts, des ambitions, des mobiles cachés que l'on peut attribuer à l'organisation, au fonctionnement et au gouvernement de la société.

Et notre mission sociale sera presque accomplie le jour où la Vertu, la pratique du Bien pour le Bien, sera devenue partie intégrante de la nature humaine, grâce à nos persévérants efforts, que rien ne saurait lasser.

Elle ne sera pas encore terminée, ce jour-là, car nous aurons à inculquer à l'humanité la pratique du Bien pour le Bien des autres,l'amour del'Humanité, auquel nous devons notre influence et par lequel nous saurons renverser tous les obstacles que les rivalités, que les haines d'homme à homme pourraient susciter contre le but sublime qu'il nous appartient d'atteindre, contre l'existence de la véritable Fraternité.

Et alors, entourée de tous les hommes pratiquant le Bien, non seulement pour

nous affaiblirons la France, soutien de son pouvoir spirituel, par le concours de notre puissance et de celle de l'Allemagne.

Et un jour viendra où, après le partage intégral de l'Europe en deux Empires, l'Allemand d'Occident et le Russe d'Orient, la Maçonnerie les joindra en un seul avec Rome comme capitale de l'Univers entier.

Notre Chef Suprême régnera seul sur le monde, et assise sur les marches de son trône la Franc-Maçonnerie partagera avec lui la Toute Puissance.

Si grand et éblouissant est ce but suprême que nous venons de faire luire à tes yeux, grands et patients sont les labeurs et les efforts nécessaires pour l'atteindre.

Aujourd'hui que tu sièges parmi les Maitres-enchef, tes travaux doivent augmenter d'intensité, et pour bien te préciser leurs tendances en assurant en même temps leur succès et leur triomphe, nous allons te résumer nettement la Grande Lumière de l'initiation suprême.

Tu es ton Dieu, ton Pontife et ton Roi de toi-même.

le Bien lui-même, mais aussi pour le Bien des autres, un seul triomphe suprême manquera à la Franc- Maçonnerie pour réaliser le Bonheur intégral de l'humanité.

Ce triomphe final, le triomphe de la Vérité, qui sera aussi celui de notre puissance, renversera toutes les barrières que l'ignorance et l'erreur ont amoncelées contre le bonheur des hommes, et, tous, ils seront libres dans la Vérité, tous ils jouiront de la Liberté dans le, Vrai sublime et dans le Vrai absolu.

Ta raison est la seule règle du Vrai, la seule clef de la science et de la politique.

Tes appétits et tes instincts sont l'unique règle du Bien, l'unique clef du progrès et du bonheur.

Tu dois comprendre et interpréter comme il suit notre sainte^devise :

Liberté, Égalité, Fraternité.

Liberté, l'arme toute puissante avec laquelle nous avons bouleversé le monde, veut dire :

Indépendance sans limites et sans restrictions, soustraite à toute espèce d'autorité.

Indépendance de l'esprit, qui ne saurait être gênée par aucune révélation ni limitée par aucun dogme.

Indépendance de la volonté, qui ne se soumet à aucune puissance, qui ne reconnaît ni Roi, ni Pape, ni Dieu.

Indépendance de la personnalité, qui a brisé toutes les chaînes qui la retenaient captive, chaînes physiques et chaînes morales, chaînes de la terre et chaînes du ciel, pour réaliser l'Indépendance del'humanitépar son émancipation absolue et complète.

Aussi, Frère Très Aimé, pour vous comme pour nous cette devise : Liberté, Égalité, Fraternité, qui éveille tant d'appétits, tant de haines, tant d'ambitions parmi les hommes et qui en éveillerait bien davantage, n'était-ce l'action modératrice et civilisatrice de notre Ordre, a sa signification suprême lummeusement claire pour vous, qui savez maintenant que :

Liberté veut dire Amour de la Vérité.

Lgalité veut dire Amour de la Vertu.

Fraternité veut dire Amour de l'Humanité.

La formule Sublime du Bonheur Suprême de l'Humanité vous est enfin connue. Frère très Aimé, et vous savez que la Franc- Maçonnerie s'est vouée à la réaliser en inculquant pratiquement à l'Humanité les trois termes dont elle se compose.

C'est avec la Liberté comme levier et les passions humaines comme point d'appui que nous renverserons à jamais les Rois et les Prêtres, ces ennemis implacables du genre humain, plus funestes pour l'humanité que les tigres pour les autres animaux.

Égalité, le niveau tout puissant avec lequel nous avons transformé le monde, veut dire :

Égalisation des propriétés, car les droits de l'homme sur la terre commune, comme citoyen d'un seul et même monde, comme enfant d'une seule et même mère, sont plus anciens et plus sacrés que tous les contrats et que toutes les coutumes, et que, par conséquent, ces droits il faut les rétablir, ces contrats, il faut les rompre, ces coutumes il faut les abroger.

Égalisation des fortunes, par l'équilibre proportionné des salaires, par l'abolition complète et radicale du droit d'héritage, par l'expropriation de toutes les Compagnies financières, par l'appropriation à la solidarité nationale de chaque peuple des banques, des ca-

naux, des transports, des assurances et des mines.

Égalisation des individus, par la solidarité, par la jouissance égale pour chacun à sa production solidaire.

C'est avec l'Égalité comme levier et les appétits humains comme point d'appui que nous ferons disparaître à jamais l'Aristocratie d'Argent, bourreau implacable, exploiteuse insatiable du genre humain.

Fraternité, la promesse toute puissante avec laquelle nous avons établi notre pouvoir, veut dire :

Fraternité dans la Franc-Maçonnerie, pour constituer un Etat dans l'État avec des moyens et un fonctionnement indépendants del'Étatjinconnus à l'État.

Fraternité dans la Franc-Maçonnerie, pour constituer un État au-dessus de l'État, avec une Unité, un cosmopolitisme, une universalité qui la font supérieure, dirigeante de l'Etat.

Fraternité dans la Franc-Maçonnerie, pour constituer un État contre l'État, tant qu'existeront les armées permanentes,

instruments d'oppression, principes de parasitisme, obstacle de toute fraternisation.

C'est avec la Fraternité comme levier et les haines humaines comme point d'appui que nous ferons disparaître à jamais le Parasitisme et la Répression armée, ces fléaux inassouvis, ces épouvantails farouches du genre humain.

Frère, voici le terme de ton instruction comme Chef delà Franc-Maçonnerie.

Dis maintenant avec nous notre Serment Suprême :

« Je jure de n'avoir d'autre patrie que la Patrie universelle.

» Je jure de combattre à outrance, toujours et partout, les bornes-frontières des nations, les bornesfrontières des champs, des maisons et des ateliers, et les bornes-frontières de la famille.

» Je jure de renverser en y sacrifiant ma vie, la bornefrontière où les humanicides ont tracé avec du sang et avec de la boue le nom de Dieu.

» Je jure de vouer mon existence tout entière au triomphe indéfini du pro-

Voici, très Honoré, très Respecté et très Aimé Frère, vous dont les mains, destinées à porter le sceptre du plus puissant des Royaumes de la Terre, s'essaient à le manier avec fermeté,modération et sagesse, en prenant le maillet-maçonnique et s'exercent, en venant parmi nous autres Francs-Maçons apprendre à connaître les hommes, à les diriger vers le Bien et à s'en faire respecter et chérir par un Gouvernement foncièrement paternel, vous.

Frère très Aimé, vous promettez avec nous, et daignerez sans doute le dire avec nous, que toutes vos pensées, toutes vos paroles et tous vos actes n'auront désormais qu'un triple objectif, l'Amour de la Vertu, de l'Humanité, et de la

grèset de l'unilé universelle et je déclare professer la négation de Dieu et de l'âme. »

Et maintement. Frère, que la Nation, la Religion, etla Famille sont disparues à tout jamais pour toi dans l'immensité de l'œuvre delà Franc-Maçonnerie, viens dans nos bras, très Puissant, très Illustre et très Cher Frère, partager avec nous l'autorité sans limites et la puissance sans bornes que nous exerçons sur l'Humanité. »

Vérité, qu'une Trinité qui se résume dans un fait suprême et unique : le Bonheur intégral de l'Humanité. Et maintenant, très Honoré, très Respecté et très Aimé Frère, maintenant que primiis inter pares, vous faites partie des Chefs Suprêmes de la Franc-Maçonnerie, permettez-nous de célébrer ce fait acquis, qui marquera dans les fastes de l'Humanité, par l'explosion sincère de nos plus enthousiastes acclamations :

Houzzé ! Houzzé ! Pour toujours Houzzé !

Entre l'Instruction pour les Chefs dirigeants et l'Instruction pour les Chefs de parade, que l'on vient de lire, se place une troisième pour les Chefs vulgaires, que nous avons reproduite dans le Rituel officiel du 53"" degré publié par nous dans les pages 233 à 324 de notre ouvrage Satan et C'«.

On voit donc que parmi les 33'°^^ de la Franc-Maçonnerie, il y en a qui ne sont Chefs Suprêmes que pour la frime, comme il y en a qui ne le sont que pour la. forme, parmi le tout petit nombre de Maîtres-en-Chef qui le sont réellement pour le fond.

Et ceci donne la preuve officielle, développée déjà par nous avec preuves indiscutables à l'appui dans l'ouvrage déjà cité, que l'enseignement Maçonnique comporte trois parties : la Partie avouée, la Partie avouable et la Partie inavouable à la face de l'opinion publique.

Action Politique et Religieuse de la Franc - Maçonnerie.

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