De yloria conf., praef
d'une forme littéraire que les lacunes de son éducation lui interdirent de réaliser pleinement. La vision rapide d'un art,qu'il sentait supérieur, évellla en lui des préoccupations qui se traduisent par une certaine recherche, et même par l'emploi constant de certains procédés de style !. C'est à ces résultats modestes qu'il faut, croyonsnous, limiter l'influence des classiques sur Grégoire de Tours, mais c'est aussi à l'effort inutilement tenté pour atteindre le but, que nous reconnaissons chez lui l'insuffisance de la culture.
Après cela, nous croyons qu'il est imprudent d'interpréter avec trop d'ampleur les moindres traces d'instruction qu'on trouve notées dans les textes. Quand Grégoire de Tours dit du sénateur Félix et de son esclave, Andarchius, qu'ils avaient étudié Virgile, le Code Théodosien et le calcul?, il ne faut pas s’écrier avec Ozanam : « Virgile commenté par Servius et Macrobe, c'était toute la poésie, toute la philosophie, toute la mythologie latine. Le Code Théodosien résumait la législation des empereurs chrétiens ; le calcul comprenait toutes les sciences mathématiques ?. » Et quand il est question de deux secrétaires, Asteriolus et Secundinus, « uterque.… retoricis inbutus litteris 4», vivant auprès du roi Théodebert, ou du patrice Celsus, « Juris lectione peritum ÿ », il est hasardeux de découvrir, dans ces faits isolés et peu précis, une « louable émulation de la Cour pour les lettres 6 », plus encore, d'ajouter que cette émulation « se communiqua sans doute à plusieurs particuliers de la nation, et contribua en quelque sorte à les soutenir dans leur décadence ». Ce sont là des généralisations qu’on doit condamner. Ne nous laissons pas imposer non plus par ces habiles, ces scolastiques, ces rhéleurs dont Grégoire de Tours 7, Marculf 8, l’auteur de la Vie de saint Césaire *, redoutaient le Jugement ou les railleries. Ils composaient sans doute le petit cercle des correspondants de Fortunat, et nous avons vu ce qu'il fallait penser de leur science !’. Les plus habiles
1. Voir Bonnet, Le latin de Grégoire de Tours, livre V, style, p. 699 et Suiv, (en particulier p. 723).