‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 281 sur 404 · Elle adresse des vers à Boniface (Epist. 29, p · texte numérisé non relu

Elle adresse des vers à Boniface (Epist. 29, p

7. Ses lettres contiennent des images, des allitérations, des épithètes poétiques :Epist., p. 201, 262.

ils avaient pratiqué la lecture sacrée, telle que l'entendaient les Irlandais. En outre, ils furent les collaborateurs de Théodore. Ïl est douteux qu'appelés à diriger l'École d'York, ces hommes, disciples à la fois de l’Irlande et de Rome, ne se soient pas elforcés de communiquer à leur clergé la méthode de lecture sacrée qu'ils avaient reçue, et de le faire participer au mouvement scolaire qui se développait. L'importance croissante de cette cité, tendant à reprendre, dans la Bretagne religieuse, la place qu'elle avait occupée politiquement, au temps de la domination romaine, au point qu'elle semble parfois disputer la prépondérance à Canterbury, imposait des obligations particulières à ses évêques. Il est donc vraisemblable qu'avant Egbert, les arts libéraux étaient étudiés à York, et il es possible que cet enseignement fût donné dans l'école épiscopale. Bède raconte que Bosa avait été le maître d'Acca !. Mais il ne s'agit là que de l'éducation religieuse, comme dans les vers que lui a consacrés Alcuin *. Sur Jean de Béverley (évêque de 686 à 721), nous avons un témoignage plus expressif de Bède : il nous montre l'évêque, groupant autour de lui une troupe de jeunes gens, clercs et laïques, avec qui il se promène et à qui il enseigne à lire et à chanter 5. Il est permis de voir dans les juvenes, dont parle l'historien, non seulement des compagnons accidentels, mais des disciples; on ne sexpliquereit pas autrement qu'ils demandent à l'évêque l'autorisation de faire une course.

Mais, c'est du pontiticat d'Egbert, que date la période la plus florissante de l’École d'York, et c'est alors que l'étude des arts libéraux v est attestée d'une façon certaine. Egbert, d'après l'auteur anonyme de la vie d'Alcuin ‘, aurait été le disciple de Bède. Comme Jean de Béverley, Egbert, dont la science était célèbre ?, avait réuni une

4. Bède, {ist. Eccl., V, 20 :« (Acca) a pueritia in clero sanctissimi ac Deo dilecti Bosa... nutritus atque eruditus est, » 2. De SS. Eub. Eccl., v. 862 {Poet. lat. car., 1, p. 188) : Omnia dispensans alternis tempora causis Lectio nunc fieret, sed nunc oratio sacra Quisque dei laudes praeferret corporis usu.

3. Uist. Evel., V, 6. Bède met le récit dans la bouche d'Heribald, qui le lui avait transmis.

4. Vita Alcuini, 2 M. 100, col. 93). Cf. Plummer, Baedae opera, |, p. xxiv. 5. Alcuin, Epist, 11#(Epist. Kar. aeri, Hp. 167), 121 (id., p. 177). Guill. de Malms., Gest. re. Angl, 1 EX 65, Gest. pont. Angl., 1. HI, $ 112, a confondu avec Egbert, Aelhert, dont il est question dans les deux lettres. Cf. Dümmler, Epist, Kar acvi, IT, p. 157, note.

L'ÉCOLE D'YORK s 315

troupe de disciples, recrutés parmi les fils des nobles, et il enselgnait « aux uns le rudiment de la grammaire, à d'autres les arts libéraux, à quelques-uns la divine Écriture, et à tous la foi, l'espérance. la charité, l'humilité, le jeûne, la chasteté, l'obéissance ! ». Plus tard, il délégua ce soin à son parent Aelbert ?, qui devait lui succéder en 766, comme archevêque d'York, et qui fut le maitre d'Alcuin.

Nous connaissons les matières, qu’enseignait Aelbert, par le poème d Alcuin si souvent cité 3, et nous pouvons reconstituer ainsi le programme de l’École d'York. Il embrasse la Grammaire, la Rhétorique, le Droit, la Poésie, l'Astronomie, l'Histoire naturelle, l’Arithmétique, la Géométrie, le Calcul de la date de Pâques, «et surtout les mystères de l'Écriture sacrée ». On le voit, Aelbert n’enseignait pas lle cycle entier des Arts libéraux, et, dans son programme, nous trouvons des lacunes, comme dans celui de Bède. Ainsi dans le Trivium, il n'est fait mention que de la grammaire, à laquelle se rattache la versification, et de la rhétorique. Par la périphrase dont use Aleuin pour nommer cette dernière *, on voit que l'École d'York restreignait le rôle de la rhétorique à l'étude du style oratoire. Il n'y est pas question de la dialectique; ce ne peut être un oubli : si Alcuin l'avait étudiée à l'École d'Aelbert, il en aurait évidemment noté le souvenir. Il lui accorda plus tard une trop grande importance, pour l'avoir omise dans une énumération, où la place ne lui était pas mesurée. Il faut donc admettre ou que la dia- Jectique n'était pas enseignée par Aelbert ou, du moins, qu’elle n'occupait pas une place importante dans son enseignement. Rappelons-nous qu’elle n'est pas mentionnée parmi les matières enseignées par Hadrien ou par Bède.

Le Quadrivium est représenté dans le programme d'Aelbert par l’'Astronomie, l’Arithmétique et la Géométrie *. Faut-il reconnaître

Page 1