‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 361 sur 404 · LA DIALECTIQUE · texte numérisé non relu

LA DIALECTIQUE

pas relevé, dans ses œuvres, de passage où, comme eux, il déclare la dialectique nécessaire.

Cette utilité, Alcuin l’a bien reconnue en plusieurs endroits t, et il a même écrit un traité De dialectica ?. Mais on ne peut l'invoquer pour l'histoire des écoles anglo-saxonnes. Le De dialectica

d’Alcuin ne porte pas plus que son De rhetorica les traces d'une

adaptation de cette discipline à l'enseignement monastique. Alcuin utilise 3, il est vrai, outre Boëce, des auteurs religieux comme Cassiodore et Isidore de Séville #. Mais ceux-ci avaient beaucoup moins adapté que recueilli la science antique. Que l'on compare ce que disent des figures Isidore de Séville et Bède, et l'on comprendra combien cette distinction est fondée. Alcuin, nous ne l’oublions pas, avait composé son ouvrage pour le Palais; mais ici encore nous serions étonné, si ses maîtres avaient étudié la scolastique, quil n'en soit resté d'autres traces que les quelques exemples empruntés à l'Écriture.

Nous croyons donc que, pour la dialectique, les Anglo-Saxons du vu siècle n'avaient pas été touchés par les arguments de saint Augustin ÿet de Cassiodore f, soit parce qu'ils la suspectaient 7, soit plutôt parce qu'ils n'avaient pas jugé nécessaire de l'étudier 8 pour la Lecture sacrée.

Ainsi, la rhétorique et la dialectique n'ont pas eu, chez les Anglo- Saxons des vu-vui siècles, la même importance que dans l’école

4. De fide S. Trin. epist. nunc. (M. 104, col. 12); id., [, 45 (col. 22) ; Quaest. de Trin.,7 (M. 101, col. 59). Cf. Epist. 204 (Epist. Kar. aevi, I, p. 338 et 339).

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