‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 364 sur 404 · LA RHÉTORIQUE ET LA DIALECTIQUE · texte numérisé non relu

LA RHÉTORIQUE ET LA DIALECTIQUE

romaine. Le rhéteur romain n'enseignait pas que la technique de son art; la rhétorique embrassait l'ensemble des études considérées comme nécessaires à la vie publique; elle formait un large cours d'humanités. Dans l'enseignement d’Aleuin, il ne reste que la partie technique de la rhétorique. Encore sembletil aller plus loin qu'Aldhelm et que Bède. Les maîtres des écoles anglo-saxonnes, dans la première partie du vii® siècle, n'ont retenu de la rhétorique que l'étude de certaines figures. C'est par un abus de langage qu'ils ont rapporté à la rhétorique les recherches de style. En outre ici, comme dans la grammaire, plus même que dans la grammaire, nous ne retrouvons pas ce qui, dans l'école du rhéteur, transmettait la substance de la culture classique. La lecture des orateurs et des historiens disparait, et nous ne vovons pas qu elle soit reportée à la grammaire. L'étude directe des modèles, expliqués avec le désir de les égaler, n'a pas sa place dans l'école monastique. Les Anglo-Saxons ont peu pratiqué Cicéron ; bientôt on ne connaîtra de lui que la Ahelorica ad Herennium, qu'on lui attribuera, le De inventione, les Topica. Quant à la dialectique, devenue une science à part, il est vraisemblable qu'Alcuin fut le premier Anglo-Saxon qui l'ait étudiée, et qu'il le fit, lorsque Charlemagne lui eut confié le soin de restaurer l'enseignement romain. Ses concitoyens ne lui avaient pas attribué l'importance qu elle devait avoir au moyen âge.

En résumé, du Trivium, seule partie des arts libéraux que nous devions étudier, les Anglo-Saxons n’ont appris que la grammaire, et dons cette étude, ils ont fait une part relativement étroite aux lettres classiques. La grammaire, chez eux, ne représente qu'incomplètement ce qu'elle était chez les Gallo-Romains du 1v° siècle.

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