‹ L'enseignement des lettres classiques d'Ausone à Alcuin. Introduction à l'histoire des écoles carolingiennesChapitre 366 sur 404 · Id., p · texte numérisé non relu

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préparé à la lecture sacrée par l'étude des arts libéraux. Les textes signalent la présence de Bretons dans d'autres régions de la Gaule, soit à cette époque, soit plus tard!, mais on n’aperçoit pas qu'ils aient joué un rôle dans le relèvement des lettres.

Nous sommes mieux informés sur les missions irlandaises. À peine formés à la vie monastique, les Irlandais travaillent à répandre l'ascétisme, en méme temps que leurs monastères attirent des pèlerins de Bretagne et de Gaule. Les voyages deviennent pour eux une habitude ?. Dès le v° siècle, on trouve des Irlandais en Gaule, tel Gibrianus #, signalé, il est vrai, dans un texte du x‘ siècle qui na pas grande valeur. Au vi° siècle, se produit un grand mouvement d'émigration. Citons, d abord, et pour mémoire, saint Fridolin, fondateur du monastère de Säckingen, dont la date#, la nationalité’, et même, aux veux de quelques-uns, l'existence, sont problématiques. A la fin du siècle, le plus grand parmi les missionnaires irlandais de ce temps, saint Columban, aborde avec douze com-

4. Jonas de Bobbio cite, parmi les contemporains de Columban, le Breton Carantoc, abbé de Saulcy { Vifae Columb., I, 7 (Krusch, Script. rer. Merov., W\, p. 73). Il est question dans la Vie de Saint Riquier, 2 (Krusch, Script. rer. Merov., IV, p. 390), de deux prêtres venus d'Irlande. Le premier, Caidocus, porte un nom breton; il est seul nommé dans tous les manuscrits. Cf. Hariulf, Chronique de Saint-Riquier, 1, 6 (éd. Lot, p.15},et Krusch, Script. rer. Meror., IV, p. 383, note, et 390. Mais les deux noms se rencontrent dans Angilbert, Carm., V, 3 (Poet lat. car.,i, p. 365):

Mole sub hac tegitur, Chaidocus jure sacerdos Scotia quem genuit, Gallica terra tegit.

Id., 4, p. 366 : Epitaphium Fricori seu Hadriani Iste fuit Fricorus Chaidoco consociatus.

Saint Condède (+ vers 685), moine de Fontenelle, était Breton (Via, 1 (Acta SS., octobre, IX, p. 355), « genere Britto ». Au vai siècle, on se plaint à la fois des Irlandais et des Bretons qui parcourent la Gaule. Bonif. el Lulli epist. 44 (Epist. Mer. et Kar. aevi, 1, p. 292), 59 (id., p. 317), ete.

2. Vita Galli aucl. Walahfrido, TT, 46 (Krusch, Script. rer. Merot., IV, p. 336}; Vita Mariani Scoti, 1 (Acta SS., février, Il, p. 365); Alcuin, Epist. 280 (Epul. Kar. aevi, IT, p. #37), etc... Au xtut siècle, ces missions donnèrent lieu à des légendes. Voir Anal, Boll., XVIII, p. 73, à propos de Dürrwaechter, Die Gesla Caroli Magni der Regensburger Schottenlegende.

3. Vila, 1 (Acta SS., mai, 11, p. 301). Le biographe nomme d'autres Scots venus avec lui : Helanus, Tresanus, Germanus, Keranus, etc.

4, vit siècle (Bibl. hagiogr.).

5. D'après son biographe Balther, moine de Saint-Gall, qui écrit au x° siècle, il était Irlandais. Vita, 2 'Krusch, Script. rer. Merov,, NM, p. 355). C£. Hauck, Kirchengesch. Deutsch.,T, p. 328.

pagnons parmi lesquels se trouve saint Gall (+ 647) *. Environ à la même époque on place les saints irlandais Desle (Deicolus) (+ 625), moine de Luxeuil, puis abbé de Lure, Frichor ?, Kilian à, Fursy (+ entre 641 et 652) À, abbé de Lagny, venu avec ses frères, Ultan, abbé de Péronne (Perrona Scottorum) et de Fosses-la-Ville près de Liège ?, et Foilan, qui fonda ce monastère6, Gobain ?, Fiacreë, Roding (Rodingus ou Chraudingus), fondateur du monastère de Beaulieu en Argonne, Saens (Sidonius), abbé au diocèse de Rouen ‘0, Nous n'avons cité que quelques noms; ils donnent sans doute une faible idée du nombre des Irlandais venus en Gaule‘: nous ne comptons pas ceux qui la traversaient pour aller en pèlerinage à Rome !? et même à Jérusalem ‘3, et payaient par de pieux enseignements l'hospitalité qu'ils recevaient.

Tous ces noms sont éclipsés par celui de saint Columban.

4. Vila Galli, auct. Wetlino, 2 (Krusch, Script. rer. Merov., IV, p. 258).

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