‹ L'enseignement du peupleChapitre 21 sur 32 · LE MAIRE · texte numérisé non relu

LE MAIRE

Ainsi , monâieur , vous inatruisez vos élèves dans ce sentiment qu'ils doivent respecter mutuellement leurs croyances religieuses? Vous leur enseignez quaucua dogme particulier ne doit avoir la prééminence sur les autres? Vous leur dites, sans doute, qu aucuoe église n a le monopole de la vérité, de la sainteté, de la justice? car c'est le seul moyen de fermer Tépoque des discordes religieuses. Vous montrez sans doute en Dieu un père commun qui accepte Tadoration de tous ses enfants et qui voit dans toutes les églises autant de sectes d'une religion universelle? Vous leur apprenez à s'aimer miituellement malgré les différences de sectes.

l'institutedb.

Justement, monsieur le maire.

LE MAlHE.

Et vous leur répétez , j'espère , que la patrie, ne mettant aucune différence entre les églises, enseigne par là que l'esprit d'intolérance est son plus. grand ennemi?

DE L ENSEIGNEMENT LAÏQUE ? idl

l'instituteur.

Sans doute, monsieur le maire*

LE maire.

Et vous formez ainsi âe bons citoyens, en leur enseignant qu'il faut prendre le contrepied de cette maxime gothique :

Hors FÉglise^ point de salut, qui, appliquée à la société^ nous ramènerait bientôt les guerres de la Vendée et les massacres du Midi?.

l'instituteur.

C'est vrai^ monsieur le maire.

LE maire.

Je suis content. Continuez. L'autorité a les yeux sur vous.

l'instituteur (seul).

Désespoir pour un homme de conscience! Qu'enseigner? Que réfuter? Que dire? Que taire? Comment partager en deux mon intelligence, mon souffle, ma vie? Si j'enseigne ce que dit le curé, je suis en révolte contre le maire; si j'enseigne ce que veut le maire, c'est le curé qui m'interdit. Par qui me sera ôté le pain de mes enfants? Par

lun ou par rautr^PQupl p^rti prendre? Ne rien penseï:? PeutéfreJ Ne }fien dire? Gela est impossible, puisque je suis chargé d enseigppr le (Jpgfz^ sous la suryeillanice du pr4(i:{p| 6 misèpe! Lç laboureur, le pîonpi§j:, à Igt^n ji^ Içur jqjimée, on^ h §ati$- > fi^plion diç I^ur QÇ|^yfç. IVIais cpiel sgppli^p ppmpar^ble à ppjui d'un bomine /^jii hjb pguï ni parler , ^i si? mire , m avancer , ni reculer, ni consulter sa foi. ni consulter sa raison, sans être épira^é ^Y^c ses enfants et la mère de §p^ &af^nts?

Que serait-ce si fipus suivions plus loin ce drjanie dans je secret du gr^ncl conseil où il doit aboutir? C'est là que r|iparcbie se montrerait d§ns son fa^ptuaire même. On yçrrajt , rangç^ autour d'une table, ppur rendr^ .un jqgement, trois religions et un système fie philosophie. JjÇ chaos présiderait.

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