PERSONNES
de 10 ans
et au-dessus
illettrées,
pour 100
de la
population
totale.
POPULATION BLAHOl
Personnes de 10 ans et au-dessus illetirées, pour 100
de la population blanche.
Personnes de 10 ans et au-dessus illettrées, pour 100
de la
population
blanche
native.
Personnes de 10 ans et au-dessus illettrées, pour 100
de la population étrangère.
C'est parmi les immigrants que la race blanche compte en général le plus d'illettrés. En effet, le recensement de 1880 a constaté que sur 100 personnes âgées de plus de dix ans il y avait 8.7 personnes nées en Amérique et 12 personnes nées à l'étranger qui ne savaient pas écrire. La différence est même beaucoup plus forte dans les États de l'est, où Tinstruction est très répandue, mais qui reçoivent le premier flot de l'immigration et qui conservent une grande partie, pas toujours la meilleure, dans leurs manufactures. Ainsi le Massachusetts comptait 0.7 p. 100 d'illettrés parmi les natifs et 19.6 parmi les étrangers, le Rhode Island 2.9 et 27.3. Dans l'extrême ouest, les immigrants, étant surtout de race Scandinave ou allemande, ne sont pas beaucoup moins lettrés que les natifs ^ ; dans le sud, ils le sont davantage.
Le Massachusetts a fait en 1885 un recensement dans lequel il a relevé le nombre des illettrés par âge. Il a trouvé des proportions différant peu de celles du recensement général de 1880 : sur 100 individus âgés de plus de dix ans, 1.03 illettrés parmi ceux qui étaient nés au Massachusetts, 2.03 illettrés parmi ceux qui étaient nés dans une autre partie des États-Unis, 21.5 parmi ceux qui étaient nés à l'étranger. Les étrangers ne formaient que 27 p. 100 de la population et ils fournissaient 88.63 p. 100 du total des illettrés. Ce sont surtout les étrangers d'un certain âge qui sont sans instruction; en effet, dans le total des illettrés âgés de plus de 50 ans, ils figurent à raison de 93.65 p. 100; dans celui des illettrés de 30 à 49 ans, à raison de 91.84 p. 100 ; dans celui des illettrés de 20 à 29 ans, à raison de 85.15 ; dans celui des illettrés de 14 à 19 ans, à raison de 75.77 ; dans celui des illettrés de 10 à 13, à raison seulement de 39.33 *. C'est qu'une partie des enfants de ces deux derniers groupes, surtout de ceux du dernier, ont eu le bénéfice de l'éducation américaine.
Le recensement de 1890, conforme à peu près, avec des cadres statistiques un peu différents, à celui de 1880, marque même un progrès. Il donne 13.3 illettrés p. 100 de la population âgée de plus de dix ans (au lieu de 13.4 et 17 en 1880), 6.2 p. 100 de la population blanche née aux États-Unis (au lieu de 8.7), 13.1 p. 100 de la population blanche née à l'étranger (au lieu de 12), 56.8 p. 100
1. Si l'Arizoïia et le Nouveau-Mexique foot exception, c'est que l'immigration leur vient du Mexique.
2. Voir l'article de M. Mayo Smitli dans le Bulletin de l'Institut international de statistique, année 1888, p. 93.
de la population de couleur (au lieu de 68.7 et 77.6). C'est sur cette dernière catégorie que le progrès est le plus sensible ; sur rimmigration le résultat est moins satisfaisant.
10° Statistique des dépenses. — Les dépenses faites pour les écoles primaires publiques ont doublé depuis 1870 : 69 107 612 dollars en 1870-1871, 147 494 809 en 1890-1891 et 155 991273 en 1891-1892'.
La dépense moyenne par élève a augmenté, dollars 15,55 en 1870 (régime du papier-monnaie), 12,71 en 1880, 17,23 en 1890, 17,62 en 1891 : c'est qu'on s'applique à faire mieux ^ La division Nord- Atlantique est au premier rang sous ce rapport (dollars 15,64 en 1880 et 23,58 en 1890): la vie est chère dans cette région, et les écoles sont, en général, plus confortables et mieux tenues qu'ailleurs. Le commissaire de l'éducation remarque que la région centrale du nord a dépensé en 1890-1891 plus que tous les États-Unis n'avaient dépensé en 1869-1870 ^ Cependant la dépense par élève est beaucoup plus forte dans la région de l'ouest : ce n'est pas que les écoles y soient de qualité supérieure, mais c'est que les salaires sont généralement élevés dans cette région, qu'il y a beaucoup de
1. En 1869-1870 : 63 396 666, dont pour traitements : 37 832 566
Le census de 1890 (Abstract of the eleventh Census, p. 234) donne pour l'année 1890, 139 971 352 dollars pour le total des recettes, à savoir :
Taxes Dollars 102 457 379
Fonds permanent et rentes .... — 25707964
Divers — 11806 009
Les dépenses ordinaires se sont élevées à 139 065 537 dollars, à savoir :
Traitement des maîtres Dollars 88 889 240
Construction et entretien des bâtiments — 24 274 567 Bibliothèques et fournitures .... — 1668039
Divers — 24 233 691
Les écoles publiques avaient une dette de 37 593 854 dollars, non compris le fonds d'amortissement.
2. Nous avions pensé qu'une augmentation des dépenses de la vie avait pu aussi contribuer à augmenter depuis 1880 les traitements ; mais le Bureau d'éducation de Washington nous a fait observer que le coût de la vie n'avait pas augmenté et était probablement moindre en 1890 qu'en 1880. En France, la dépense était évaluée en 1889 à 4 fr. 43 c. par habitant et à 39 fr. par élève. Voir la Statistique de l'enseignement primaire, par M. Levasseur, dans le Bulletin de l'Institut international de statistique, tome VI, année 1891. Cette moyenne était calculée d'après le budget total de l'instruction primaire. En comptant seulement les dépenses afférentes aux écoles primaires, comme on l'a fait dans le rapport au ministre (voir la Statistique de l'enseignement primaire pour 1886-1887 et pour 1891-1892), on trouve en 1886-1887 (dépense de 121 millions) 3 fr. 18 c. par habitant et 24 fr. 09 c. par élève, et en. 1891-1892 (dépense de 167 millions) 4 fr. 43 c. par habitant et 30 fr. par élève. Ces proportions ne se rapportent qu'aux écoles publiques.