IV. — Royaume de Bavière
1° Historique. — Sous le règne de rarchiduc Maximilien Joseph III , rancien bénédictin Braun , appelé en 1765 à diriger comme commissaire les écoles, fit de sages règlements pour améliorer l'enseignement; mais après lui (1781) les écoles, ayant été placées sous l'autorité des couvents, bénéficièrent peu de la réforme. A l'époque des remaniements politiques et cantonaux que subit la Bavière au commencement du xix® siècle, l'instruction devint de nouveau une des préoccupations du gouvernement : les couvents furent supprimés et l'instruction primaire fut rendue obligatoire (1802), des écoles normales furent créées (1802-1814) et des règlements promulgués (1804-1811, règlement de 1808); l'inspection fut organisée avec un conseiller scolaire dans chaque province. En 1825, le conseiller scolaire ayant été remplacé par un juriste ayant les attributions de référendaire, les États du royamne se plaignirent et obtinrent un Kreis-Schul-Archat, commission provinciale composée de trois ou quatre pédagogiies et chargée d'assister le référendaire. Sous le ministère de Wallerstein (1831- 1836), les traitements des instituteurs furent améliorés et une première statistique des écoles allemandes fut dressée. Sous son successeur Abel, le clergé devint le maître tout-puissant des écoles. Les événements de 1848 produisirent un mouvement dans le sens opposé qui fut de peu de durée : l'influence ecclésiastique redevint exclusivement dominante et, en 1857, un nouveau règlement restreignit l'enseignement dans les écoles normales. Cependant une loi de 1861 assura une retraite aux instituteurs et, en 1866, grâce en partie aux efforts de l'Association bavaroise des instituteurs primaires, le programme des écoles normales de 1857 fut remplacé par un programme plus libéral et des écoles préparatoires à l'école normale furent ouvertes; mais le projet de loi organique que la Chambre des députés avait adopté échoua devant la Chambre haute (1869). Ce fut par ordonnances que les réformes furent introduites par le ministre de l'intérieur pour les cultes et les affaires scolaires : admission d'instituteurs dans la commission scolaire locale et dans la commission provinciale, augmentation de traitement, etc.
2" État légal et organisation administrative. — Aujourd'hui la fréquentatiou de l'école de la semaine est obligatoire pour les enfants de 6 à 13 ans, et celle de l'école complémentaire (école des dimanches et jours fériés) jusqu'à 16 ans, sous peine d'amende et même, en cas de récidive, de prison pour les parents.
Toute commune est tenue d'entretenir à ses frais une école. Les familles qui ne sont pas indigentes paient une légère rétribution scolaire (en général 33 centimes par mois dans les campagnes, le double ou le triple dans les villes), même lorsque leurs enfants ne fréquentent pas l'école publique.
La province et l'État accordent des subventions aux communes qui ne peuvent suffire à l'entretien de leurs écoles.
L'autorité locale est exercée par une commission scolaire que préside le curé ou le pasteur et dans laquelle l'instituteur a voix consultative. Dans chaque district réside un inspecteur qui, autrefois, était nécessairement ecclésiastique et qui, le plus souvent aujourd'hui, est le doyen du district. Dans chacune des huit provinces un référendaire juriste, nommé par le président du gouvernement provincial, dirige Tinstruction publique sous l'autorité du ministre et avec l'aide d'une commission provinciale. Chaque province promulgue son programme d'études qui doit être fondé sur le programme général de 1811.
La Bavière possède 44 écoles préparatoires (36 écoles publiqiies et 8 privées) et 22 écoles normales ou séminaires (13 écoles publiques et 9 privées) .
L'enseignement de l'école primaire comprend la religion, la lecture, l'écriture, l'orthographe, la composition et la grammaire, le calcul y compris le système décimal des monnaies, poids et mesures, la géographie, l'histoire naturelle, le chant. Dans les villes le dessin et la gymnastique sont obligatoires *, ailleurs ils sont facultatifs.
Le nombre des écoles a peu varié depuis une quinzaine d'années : 7 075 écoles publiques et 56 écoles privées en 1885 et 7 203 et 50 en 1895. Le nombre des élèves n'a pas augmenté durant cette période (842 638 en 1885 et 819565 en 1894); mais il avait beaucoup augmenté depuis 1836 où il n'était que de 562934.
L'école du dimanche (Fortbildungsschule) a pour but de consolider et d'étendre les connaissances acquises à l'école primaire. Les leçons ont lieu le dimanche (2 heures) et deux ou trois fois par semaine, le soir, en hiver.
EMPIRE d'aLLEMAGNE. BOYAUME DE BAVlÈHE. 127
Les instituteurs sont nommés par le gouverneur du cercle. Ils doivent être pourvus d'un diplôme.
Le traitement minimum d'un instituteur est de 600 marcs dans les communes rurales, de 771,50 marcs dans les villes de plus de 2 500 habitants. Cinq ans après sa sortie du séminaire, Tinstituteur reçoit un supplément de traitement de 90 marcs, et après la dixième, la treizième et la quinzième année un nouveau supplément de 90 marcs. Après la quinzième année, il reçoit tous les cinq ans un supplément de 90 marcs. Dans les grandes villes, les municipalités ajoutent toujours au minimum légal du traitement de l'instituteur.
S"* Ressources financières. — Les dépenses de l'enseignement primaire se sont élevées, en 1889, à 16271586 marcs. Il faut ajoutera cette somme 609191 marcs pour les écoles complémentaires. Dans cette somme les dépenses du personnel enseignant n'entrent que pour 9343 705 marcs.
Les instituteurs ont reçu 16050795 marcs :
9 027 879 des communes ;
1668 316 des fonds de cercles;
3517092 de l'État;
1023438 conmie sacristains, organistes ou chefs de lutrin; 814070 de différentes sources.
4° et 5° Mode d'établissement de la statistique et publications. — La statistique de l'enseignement n'est devenue annuelle que depuis 1885; les renseignements en sont recueillis pendant les mois de septembre et d'octobre.
Des formulaires sont adressés aux établissements d'instruction primaire, publics ou privés (1 formulaire commun aux écoles publiques et aux écoles privées et 1 formulaire spécial aux écoles publiques), par les soins des autorités administratives du district.
Les renseignements concernant les écoles primaires sont fournis par la commission scolaire locale, ou, à son défaut, par l'inspecteur local et par le directeur de l'école privée. Ceux du formulaire n° 2 le sont par les autorités communales. Les formulaires doivent être transmis aux autorités administratives du district avant le 1" octobre.
Les autorités du cercle dressent une fois par an la statistique des écoles complémentaires, d'après les réponses faites au formulaire communiqué à ces établissements, et l'adressent directement au bureau de statistique.
Un 4* formulaire est adressé aux établissements d'enseignement moyen qui comprennent les écoles normales. Ce formulaire est rempli par le recteur ou le directeur de l'établissement et envoyé aux autorités administratives du district avant le 1" octobre.
Enfin les renseignements sur les maisons d'éducation sont recueillis à l'aide d'un 5" formulaire que le directeur de l'établissement doit remplir et transmettre aux autorités administratives du district avant le 1*' octobre.
Celles-ci recueillent tous les documents, en contrôlent le nombre et les renseignements et adressent le tout au bureau de statistique avant le l*"" novembre.
Les résultats complets de la statistique de 1884-1885 ont été consignés dans un cahier spécial des Beitràge zur Statistik des Kônigrelchs Bayern; pour les années suivantes on n'a donné qu'un résumé .
5° Principaux résultats de la statistique. — Les tableaux suivants contiennent les principaux résultats de la statistique scolaire pour le royaume de Bavière.
Enseignement normal.
{Séminaires d'instituteurs, écoles préparatoires.)
NOMBRB
d'établissements.
Séminaires.
Écoles préparatoires.
Total.
ly
NOMBRE DES ELKVKS
des séminaires.
Hommes.
Femmes.
Hommes.
Femmes.
:il38
EMPIRE d'aLLEMAGNE. ROYAUME DE BAVIÈRE,
Écoles gardiennes.
[Kleinkinderbewaranstallen . )
ÉCOLES
ENFANTS
privées.
JARDINS d'enfants.
(Kindergurten.)
ANNEES
puhliqiir'S.
privérs.
Nombre d'établissements.
Nombre d'enfants.
Ecoles primaires.
ÉCOLES
ÉCOLES
ANNÉES
ANNÉES
publiques.
privéî's.
publiques.
privées.
TABLEAU
130 l'enseignement primaire dans les pays civilisés. Élèves des écoles primaires.
ÉLÈVBS
ÉliÈVES
des écoles primaires.
des écoles du dimanche.
ANNÉES
( Garçons.
Werklagsi>chuler.)
Garçons.
eierlaysschuler.)
Filles.
Total.
Filles.
Total.
Ecoles complémentaires.
{Portbildungsschulen.)
* Y compris 49 annexes à des Realschulen.
** Y compris 12 écoles d'hiver (Wintenchulen).
ECOIiES INDUSTRIELLES.
Écoles. Élèv
ECOLES RUKALES.
École
EMPIRE d'aLLEMAGNE. ROYAUME DE WURTTEMBERG. 131
Illettrés.
[Nombre des conscrits ne sachant pas lire sur iOO recrues.)
ASNKKS.
XOMHRE.
AN-NÉES
NO.VfBRE.
ANNÉES
NOMBRE
y. — Royaume de Wurttemberg.
V Historique. — Les premières tentatives sérieuses d'instruction populaire en Wurttemberg datent de la Réforme. Un règlement scolaire annexé à la grande ordonnance ecclésiastique du duc Christophe en 1559 créait, à côté des écoles existantes (collèges, écoles spéciales et conventuelles), des écoles allemandes pour les enfants des deux sexes appartenant aux classes déshéritées ; l'enseignement comprenait le catéchisme, le plain-chant, la lecture, l'écriture et le calcul, La charge en était confiée aux sacristains des paroisses qui devaient dans ce but subir un examen devant le consistoire à Stuttgart. La surveillance immédiate appartenait au pasteur et au surintendant ecclésiastique sous la haute direction du consistoire.
La mise en œuvre fut lente ; les écoles publiques ne s'établissaient pas partout, pas même dans les principales villes, l'obligation scolaire se bornant d'abord aux leçons de catéchisme, les maîtres, qui cumulaient en même temps l'emploi de greffier, remplissaient très irrégulièrement leurs fonctions ; l'été, les écoles étaient à peu près désertées. Il fallut plus d'un siècle d'efforts laborieux pour arriver à un résultat satisfaisant.
Une ordonnance de 1649 établit définitivement l'obligation scolaire sous la sanction de pénalités prévues par la loi. Dans la seconde moitié du xv!!*" siècle, les maîtres d'école recouvrèrent peu à peu leur indépendance vis-à-vis des communes ; le droit de nomination
des instituteurs par les autorités communales fut réglementé, le droit de destitution laissé entièrement au Duc. Les maîtres d'école furent exemptés du service militaire et des corvées et déchargés des obligations de greffier et de ménétrier gui faisaient jusqu'alors partie de leurs fonctions. Enfin, leur traitement fut amélioré et fixé d'une manière exacte, avec indication des diverses ressources do it il se composait.
Au cours du xviii'' siècle, de nouveaux progrès furent réalisés. L'ordonnance du duc Eberhard-Louis (Emeute Ordnung) du 26 mai 1729, pour les écoles allemandes du duché de Wurttemberg, porte que désormais les enfants devront être en état « d'écrire d'eux-mêmes et en bon style une lettre à leurs parents ou à un ami chrétien » ; en arithmétique l'enseignement devait comprendre la règle de trois et le calcul des fractions.
Un règlement synodal du 13 janvier 1739 compléta l'organisation de l'enseignement populaire par la création d'écoles du dimanche « où les jeunes gens des deux sexes devaient, jusqu'à leur mariage et sous la direction des maîtres et maîtresses d'école, compléter leurs connaissances en catéchisme, chant, lecture et écriture. »
L'enseignement donné aux maîtres reçut de nouveaux développements à la fin du xviii'' siècle par la création de sociétés de lecture, de bibliothèques scolaires, de conférences d'instituteurs et grâce à l'influence des philanthropes, particulièrement au point de vue du perfectionnement des méthodes d'enseignement.
Au commencement du xix^ siècle, de nouvelles réformes s'imposèrent à la suite de l'incorporation de l'Autriche antérieure ; cette contrée était habitée par un demi-million de catholiques dont l'instruction populaire, alors florissante, était sous la direction du créateur des « écoles normales », l'abbé Felbiger. Ce fut l'œuvre des deux ordonnances scolaires du roi Frédéric, l'une du 10 septembre 1808, concernant les écoles catholiques, l'autre du 31 décembre 1810 pour les écoles évangéliques , qui forment encore aujourd'hui la base de l'organisation scolaire dans le Wurttemberg. Une des principales réformes fut l'introduction des sciences naturelles sous le nom de connaissances utiles (licaHen); en même temps, des essais de travaux manuels pour les enfants des deux sexes furent tentés dans les écoles. Enfin, en 1811 fut créé le premier séminaire évangélique d'instituteurs à Esslingen, et, en 1824, à Gmiind le premier séminaire catholique.
L'organisation scolaire fut de nouveau remaniée par la loi du 29 septembre 1836 sous le règne du roi Guillaume et pendant le ministère Schlayer ; elle fut complétée et améliorée par plusieurs lois successives : Tune du 6 novembre 1858- sons le ministère Rùmelin (amélioration des traitements, augmentation du nombre des titulaires, nomination d'institutrices pour les écoles de filles, les classes inférieures de garçons et les écoles mixtes, création d'écoles du soir pendant l'hiver pour les jeunes gens confirmés); l'autre du 25 mai 1865 sous le ministère Golther (augmentation des traitements, amélioration de la situation des maîtres titulaires et auxiliaires, nouvelle organisation des autorités scolaires locales, en associant au pasteur et au synode local des instituteurs et des membres choisis, nouvelle organisation de l'inspection d'arrondissement, création des instituteurs supérieurs (Oberlehrern) et d'inspecteurs (Aufsichtslehreni) [séparation des services inférieurs d'église de la fonction d'instituteur].
En outre :
Lois des 18 avril 1872 et 22 juin 1874 sur l'amélioration du
traitement des instituteurs ; Décret du 2S décembre 1870 sur l'érection des maisons d'école et l'hygiène scolaire. Plan de l'enseignement primaire (Normallehrplan), publié en 1870 ; Loi du 30 décembre 1877 sur la situation des instituteurs
comme fonctionnaires ; Décret du 14 février 1890 améliorant la situation des veuves
et orphelins des instituteurs *, Loi du 13 juin 1891 sur la réorganisation des autorités scolaires locales ; Décret ministériel du 10 février 1891 sur l'organisation nouvelle des conférences scolaires ; Loi du 22 mai*s 1895 sur les écoles complémentaires générales et sur l'école du dimanche et pour l'amélioration du traitement des instituteurs auxiliaires.
2° État légal et organisation administrative. — L'obligation de fréquenter l'école primaire s'applique à tous les enfants des nationaux de 7 à 14 ans, à moins qu'ils ne fréquentent un établissement d'enseignement supérieur ou ne reçoivent des leçons particulières. Cette obligation s'étend aux enfants d'étrangers lorsque la réciprocité existe dans leur pays d'origine. Les enfants abandonnés satisfont à cette obligation dans les asiles.
Les parents peuvent envoyer leurs enfants à l'école dès l'âge de six ans. La durée de l'obligation scolaire peut être prolongée d'une à deux années pour les écoliers dont les connaissances auraient été par trop insufFisantes à rexamen final. L'autorisation de quitter l'école avant la quatorzième année ne peut être accordée que par les autorités scolaires supérieures.
Après avoir quitté l'école primaire, les écoliers sont obligés, dans les lieux où il y a une école complémentaire générale, de fréquenter cette école pendant deux ans, ou bien de fréquenter l'école du dimanche pendant trois ans.
L'enseignement complémentaire doit comprendre au moins 80 leçons par an, pendant les jours ordinaires.
Les écoles complémentaires sont obligatoires pour les garçons, sauf les exceptions qui peuvent être admises par les autorités scolaires supérieures à l'appui de motifs importants ; elles sont facultatives pour les filles.
La construction et l'entretien des écoles appartiennent ànx communes. Chaque commune doit entretenir au moins une école et, s'il est nécessaire, plusieurs écoles.
La rétribution scolaire sert à couvrir une partie des dépenses ; elle est en partie ou. totalement abandonnée lorsque les parents sont trop pauvres. Dans quelques communes, par exemple à Stuttgart, la rétribution scolaire est obligatoire même pour les enfants pauvres.
Les écoles primaires reposent sur le principe confessionnel. L'instituteur doit appartenir à la confession de la pluralité des familles dont les enfants fréquentent l'école. Il en est de même pour les inspecteurs et l'emploi des livres scolaires.
Quand la minorité peut disposer de revenus suffisants pour maintenir une école, elle est autorisée à ouvrir une école confessionnelle libre {freiwlllige Konfessionsschule).
La haute direction de l'enseignement primaire appartient au ministre des cultes et de l'instruction.
Au-dessous du ministre se trouvent les autorités supérieures de chaque confession, le consistoire évangélique et le conseil catholique (Kirchenrat) . Le premier forme l'autorité scolaire supérieure pour l'ensemble des écoles évangéliques du royaume et pour les écoles israélites là où la majoriié des habitants appartient à l'Église réfoniiée ; le second remplit les mêmes fonctions pour toutes les écoles catholiques du royaume et pour les écoles israélites là où les
catholiques sont en majorité. La direction de l'enseignement religieux catholique appartient à l'évêque ; il en est de même du choix des livres d'instruction religieuse, sauf le droit de contrôle de l'État.
Les inspecteurs d'arrondissement nommés par les autorités scolaires supérieures sont choisis parmi les pasteurs appartenant à la confession des instituteurs placés sous leur surveillance ; ils sont révocables. L'inspecteur d'arrondissement a pour fonction de surveiller l'observance des lois et décrets dans son district. Avec le préfet de l'arrondissement {Oberamimann)^ il'forme l'autorité scolaire supérieure de l'arrondissement et doit prendre soin de la situation des écoles de son district (construction d'écoles, nomination d'instituteurs, traitement des instituteurs, fonds scolaires, hygiène).
La surveillance locale est exercée par l'autorité scolaire de la commune, qui se compose du pasteur, du maire, des instituteurs titulaires de la commune scolaire et d'un certain nombre de membres choisis. Le nombre des instituteurs ne doit jamais dépasser trois ; il en est de même pour les membres choisis.
La surveillance spéciale et technique est dévolue au pasteur de la confession à laquelle appartient l'instituteur. Quand plusieurs pasteurs de la même confession habitent la localité, l'un d'entre eux est chargé de cette fonction par l'autorité supérieure.
Le programme des écoles primaires comprend : l'enseignement religieux et la morale, la lecture, l'écriture, la langue allemande, le calcul, les Realien (histoire, géographie, physiqiie, histoire naturelle). La gymnastique et le chant sont obligatoires, le dessin et les travaux manuels pour les filles sont facultatifs.
Ce programme a été réglé dans ses détails et dans son application par les plans d'études des 21 mai 1870 et 28 juin 1892. Le nombre des heures de classe ne peut être moindre de 26 par semaine ; les maîtres toutefois sont obligés de fournir 30 heures de classe, si les autorités scolaires locales le réclament.
Le nombre des élèves d'une classe peut atteindre 90 ; au delà de ce chiffre, l'instituteur a droit de réclamer un maître auxiliaire, ou de faire une classe supplémentaire ; dans le dernier cas, il lui est accordé une indemnité pour le nombre d'heures dépassant les 30 heures légales.
Les écoles primaires se divisent en écoles ayant une seule classe (einklassige Volksschulen) et en écoles ayant plusieurs classes
{mehrklassige Volksschulen). A côté se trouvent les écoles moyennes (Mittelschulen) ; elles tiennent le milieu entre les écoles primaires et les écoles 7'éales ; renseignement y est un peu plus élevé que dans les simples écoles primaires.
L'année scolaire commence le 1" mai ; les jours de congé, non compris les fêtes et dimanches, ne peuvent dépasser 50 jours.
Les examens ont lieu au printemps, devant l'inspecteur de district ou l'inspecteur local, et en automne, devant l'inspecteur local.
Des écoles privées peuvent être ouvertes avec la permission des autorités scolaires supérieures. Ces écoles sont soumises à l'inspection des autorités scolaires.
Les instituteurs se divisent en deux classes : titulaires et non titulaires.
Les maîtres titulaires se hiérarchisent en partie d'après le traitement et en partie d'après la fonction jusqu'au grade de directeur et d'inspecteur.
Les maîtres non titulaires se divisent en un certain nombre de classes, depuis le sous-maître jusqu'au suppléant: Unlerkhrer , Schulamtsverireter , Stellvertreter, Lehrgehilfe, Hilfslehrer.
En général, les instituteurs se préparent à l'enseignement dans les établissements préparatoires ou les séminaires d'instituteurs. Les établissements préparatoires sont des établissements privés, mais, au point de vue de l'enseignement, ils sont sous la surveillance des autorités scolaires. Les séminaires sont des internats. L'enseignement et le logement sont gratuits ; de plus, les élèves reçoivent pour leurs autres dépenses une pension de l'État de 120 à 180 marcs. Il existe six séminaires d'instituteurs et un séminaire d'institutrices. A la fin de leurs études, les élèves ont un examen à subir, 1^' examen professionnel ; ils en ont un second au moment de leur installation définitive, c'est le 2'' examen professionnel.
Gomme instruction complémentaire, les instituteurs ont leurs conférences, leurs sociétés de lecture 5 les sujets de concours et certains cours.
La nomination des instituteurs, titulaires ou non, est faite par les autorités scolaires supérieures, à moins que ce droit n'appartienne au propriétaire d'une terre noble {Standesherr oder Riltergutsbesitzer) ; en ce cas, l'autorité supérienre conserve le droit de sanction.
3° Ressources financières. — Le minimum de traitement d'un instituteur dans une commune de 400 habitants ou moins est de 945 marcs ; les maîtres auxiliaires dans les villes ou communes de
EMPIRE d'aLLEMAGNE. ROYAUME DE WURTTEMBERG. 137
moins de 2 000 habitants reçoivent le même traitement ; le traitement des autres instituteurs ne peut pas être de moins de 985 marcs.
Dans les communes où se trouvent plusieurs institutem^s, le premier reçoit 50 marcs de plus que le second, le second 50 marcs (fe plus que le troisième, etc., le traitement minimum étant toujours de 985 marcs.
Dans les villes de 2000 à 4000 habitants, le traitement moyen doit être au moins de 1 185 marcs :
Dans les villes de 4 000 à 6 000 1 285 marcs.
— de plus de 6 000 1 385 —
L'État ajoute au traitement des instituteurs un supplément dont la mesure est établie comme il suit :
De riuatallation définitive jusqu'à l'âge de 35 ans. . . 150 marcs.
De 35 à 40 ans 200 —
De 40 à 45 ans 250 —
De 45 à 50 ans 300 —
De 50 à 55 ans 400 —
Après 55 ans 500 —
L'instituteur reçoit de plus le logement ou une indemnité équivalente :
La pension de retraite s'élève, après dix années de service, à 40 p. 100 du traitement, y compris le supplément de traitement accordé par l'État -, pour chaque année de service en plus jusqu'à 40, la pension s'élève de 1 3/4 p. 100 jusqu'à 2400 marcs, de telle sorte que la pension la plus élevée atteint 92 1/2 p. 100 du traitement.
Les veuves et les orphelins des instituteurs obtiennent aussi une pension.
La rétribution scolaire est fixée par les communes, sans qu'elles puissent, d'après la loi, la porter au-dessus de 1 florin 12 kreutzers à 2 florins par an, suivant la population.
Les dépenses de l'instruction primaire augmentent chaque année; la part de l'État en 1893-1894 a été de 3 224 393 marcs; celle des communes a été de beaucoup supérieure.
4° et 5" Mode d'établissement de la statistique et publications. — Depuis 1869, le ministre de l'instruction publique et des cultes publie chaque année au 1'"" janvier une statistique de l'instruction primaire dans le royaume de Wurttemberg d'après les documents remis par les autorités scolaires.
La Statistisches Jahrbuch fur das Kônigreich Wûrttemberg contient en outre un certain nombre de matériaux sur la statistique de l'enseignement primaire dans le Wûrttemberg.
6° Principaux résultats de la statistique. — Les tableaux suivants contiennent les principaux résultats de la statistique scolaire pour le royaume.
Séminaires d'instituteurs et établissements préparatoires.
HOMBRB DES ÉTABLISSEMaNTS.
NOMBRE DES ÉLÈVES
Sémi
de l'Étal.
aaires privés.
Établissements
préparatoires.
Total.
dans les si Hommes,
'minaires.
Femmes.
dans les ments pré
Hommes.
établisseparatoires.
Femmes.
Ct
Total.
Depuis 1870, le nombre des séminaires de l'État a plus que doublé et celui des séminaires privés a diminué ; en somme, le nombre des établissements est un peu plus considérable et le nombre des élèves a augmenté, surtout de 1877 à 1881, par suite de la loi de
Nombre des instituteurs des écoles primaires.
ANNÉES
TITU- LAIRES.