‹ L'enseignement primaire dans les pays civilisesChapitre 51 sur 219 · II. — Royaume de Hongrie · texte numérisé non relu

II. — Royaume de Hongrie

V Historique. — Après la Réforme, les protestants donnèrent leurs soins à l'instruction du peuple : Bethlen Gabor, prince de Transylvanie, exigea qu'on fît preuve d'une certaine connaissance de la religion pour contracter mariage. De leur côté, les jésuites ouvrirent des écoles. Sous le règne de Marie-Thérèse, un règlement général (Ratio educationis) pour l'instruction, inspiré par le règlement général d'Autriche, fut promulgué en 1777, après l'expulsion des jésuites. Joseph I*"" déclara l'enseignement primaire obligatoire ; mais il imposa partout l'allemand et il subordonna Fadministration pédagogique de la Hongrie à une commission qui siégeait à Vienne. Après sa mort, l'enseignement en hongrois fut restitué au pays par un vote de la Diète avec une nouvelle Ratio educationis et les écoles protestantes recouvrèrent une partie de leur indépendance.

Le principe de l'obligation scolaire pour les garçons et pour les filles, celui de la gratuité de l'enseignement élémenta,ire et l'autorité de l'État sur les écoles furent proclamés en 1848, mais les événements ne permirent pas l'application de ces mesures. Le concordat de 1852 établit, au contraire, l'autorité du clergé sur les écoles et la langue allemande fut de nouveau imposée. Le mouvement national s'est prononcé de nouveau depuis 1867 et le même ministre qui avait conçu les projets de 1848 a fait voter la la loi du 5 décembre (N" XXXVIII) 1868.

De grands progrès ont été accomplis depuis vingt-cinq ans, grâce aux efforts de l'État, des communes et des particuliers, spécialement de l'Association des instituteurs de Budapest, fondée en 1878, qui s'efforce de faire substituer partout des écoles publiques aux écoles confessionnelles. En 1891 il n'y avait plus que 214 communes qui fussent privées d'instruction; mais 1737 communes devaient envoyer leurs enfants à l'école d'une commune voisine.

2" État légal et organisation administrative. — L'instruction primaire est régie aujourd'hui en Hongrie par la loi du 5 décembre (N° XXXVIII) 1868. Les principes en avaient été posés dès 1848 par le baron Eôtvôs, auteur du projet de loi.

L'enseignement primaire est obligatoire de 6 à 15 ans. L'école primaire comprend deux degrés : l'école quotidienne, dont le cours dure six ans, et l'école de répétition ou cours du soir ayant un cours de trois ans pour les élèves de 13 à 15 ans qui ne suivent pas l'enseignement secondaire.

Il y a des écoles d'État, des écoles communales, des écoles confessionnelles et des écoles privées. Toute personne possédant un brevet a le droit d'ouvrir une école primaire; de même, a ce droit, toute société qui s'est constituée directement dans ce but avec l'autorisation du gouvernement.

A côté des écoles primaires élémentaires la loi a établi, dans les communes de plus de 5 000 habitants, une école primaire supérieure comprenant trois années d'études pour les garçons et deux pour les filles.

Cette école se borne au développement des connaissances acquises à l'école primaire et à l'enseignement de certaines branches qui ne rentrent pas nécessairement dans le cadre de l'instruction élémentaire et qui ont en général un caractère professionnel.

Les sexes sont séparés dans les écoles.

A côté de l'école primaire supérieure, on peut placer l'école bourgeoise qui est une variété de l'école primaire supérieure correspondant à peu près à la Bûrgerschule de l'Autriche. Les villes doivent entretenir ces écoles si leur situation le leur permet. Elles comprennent un cours de six aimées pour les garçons, de quatre pour les filles. C'est en général de 10 à 15 ans que les enfants fréquentent ces écoles. Elles leur permettent, à la sortie de la quatrième classe, d'entrer dans la cinquième des écoles latines ou des écoles dites réaies (mais sous condition d'avoir subi un examen sur la langue latine ou la langue française), ou dans les académies de commerce et les écoles industrielles moyennes ; six classes donnent qualité pour obtenir certaines places inférieures dans l'administration de l'État et des communes.

Le gouvernement a organisé, en outre, des écoles de jeunes filles, dites écoles secondaires, qui complètent le système d'enseignement primaire.

Depuis 1875, ces écoles ont 6 classes, et depuis peu, les 2 classes les plus hautes correspondent à l'école normale des institutrices.

Le nombre total des écoles primaires s'est élevé de 13 798 en 1869 (lesquelles étaient presque toutes des écoles confessionnelles)

à 16838 (et même 17 019 en 1893), en 1894-95 dont 2 940 appartenant à rÉtat OU aux communes, n'avaient pas le caractère confessionnel. Le nombre des élèves dans le royaume (non compris la Groatie-Slavonie) a doublé depuis 1869 : 2342939 en 1895.

C'est en Hongrie que les écoles enfantines ont commencé, grâce au zèle de Thérèse de Brunswick, l'amie de Beethoven, qui créa le premier jardin d'enfants en 1828 à Buda, douze ans avant l'ouverture de l'école de Frœbel à Blankenburg. L'institution s'est développée ; on comptait en Hongrie (non compris la Groatie-Slavonie) 255 écoles de ce genre en 1869 et 1 972 en 1895.

Le nombre des enfants qui les fréquentaient était de 18 624 en 1869 et de 154622 (garçons 73 839, filles 80 783) en 1895.

En 1891, une loi a été votée qui oblige toutes les communes de chef-lieu, les communes autonomes (municipalités) et les communes dont l'impôt d'État dépasse 15000 florins à entretenir une école enfantine pour les enfants de 3 à 6 ans. Des communes plus petites, mais où il y a au moins 30 enfants de 3 à 6 ans, sont obligées d'entretenir en été des asiles d'enfants.

Dans les classes enfantines le nombre des gardes (hommes ou femmes) s'élevait, en 1893, à 1601, dont 945 étaient diplômés^

Le traitement des instituteurs est fixé par la commission scolaire locale ; il ne peut pas descendre au-dessous de 300 florins pour les instituteurs titulaires dans les campagnes et de 700 dans les villes et il augmente avec les années de service. Les écoles normales, dont la plus importante est le Psedagogium de Budapest, sont au nombre de 71 dont 25 appartiennent à l'État (18 pour les instituteurs et 7 pour les institutrices) ; les autres sont des écoles confessionnelles.

L'inspection de tout l'enseignement primaire est exercée : l"par des inspecteurs royaux (au nombre de 64 inspecteurs et 24 aidesinspecteurs) ; 2" par des comités scolaires.

Les inspecteurs royaux, nommés par le ministre, sont chargés de surveiller l'exécution de la loi scolaire et d'assister les autorités, de visiter chaque année dans leurs districts tous les établissements d'enseignement primaire, soit publics, soit privés, et d'adresser annuellement au ministre un rapport sur le fonctionnement et l'efficacité de l'enseignement primaire.

Ils président le conseil de l'école normale du district ; ils sont

1. Comprenant: hommes 58, femmes 1543; laïques 1431, religieux 170. l'enseignement primaire. h

aussi membres du conseil administratif du comitat. Dans les écoles de l'État et des communes, ils ont le droit de procéder directement.

Les comités scolaires des communes nommés par les personnes ou corps qui entretiennent l'école, comprennent au moins 9 membres. Ils choisissent les maîtres des écoles ' avec la participation du conseil scolaire du district et veillent à la moralité des établissements communaux d'enseignement primaire à tous les degrés. Les diverses confessions de la commune doivent y être représentées par un ecclésiastique.

Un conseil d'État de l'instruction publique avait été créé en 1871 et une section avait pour attribution spéciale l'étude des questions d'enseignement primaire et des réformes à y introduire.

L'organisation de ce conseil, qui prêtait à de nombreuses critiques, est actuellement (1895) sous révision.

Dans l'ancienne organisation, les membres étaient partagés, de 1871 à 1874, suivant les écoles et, de 1874 à 1890, d'après leurs aptitudes scientifiques. Depuis 1891, ils appartiennent à la fois à la section scientifique et à la section pédagogique.

3° Ressources financières. — Les dépenses de l'instruction primaire se sont élevées à :

3 760123 florins en 1869; 10057149 — 1880; 14947 871 ~ 1888;

15495584 florins en 1890; 16 694477 — 1893; 18843115 — 1895.

Les ressources de ce budget se décomposent comme suit :

Immeubles

Intérêts de capitaux

Rétributions scolaires

Subvention de l'I^Itat

Ressources communales

Subvention des paroisses ....

Sources diverses

Florins.

Florins.

Florins.

Florins.

Florins.

Florins.

Avec Fiume, mais sans la Croatie-Slavonie.

i. Excepté dans les écoles de l'État, dont les maîtres sont nommés par le ministre, et quelques écoles confessionéelles, où le droit est réservé aux autorités ecclésiastiques et excepté à Budapest où le droit appartient au conseil des échevins.

Le traitement du personnel enseignant a été de :

3606114 florins en 1869;

La loi XXXII de 1875 a constitué une caisse de retraite pour le corps enseignant de l'instruction primaire, sous la direction de l'État. Les fonds de cette caisse s'élevaient à la fin de l'année 1893 à 10544470 florins, les dépenses de cette année étaient de 458 028 florins, les recettes de 1083039 florins. Les instituteurs et les institutrices versent à la caisse, en général, 2 p. 100 de leurs appointements directs et, après 40 ans de service, ils reçoivent, comme pension, le montant total de ces appointements. En 1893, 498 maîtres d'école ont reçu 250 688 florins de pension, 1 793 veufs 178550 florins et 2122 orpheUns 63 553 florins comme subsides.

4° Mode d'établissement de la statistique. — Les éléments de la statistique de l'enseignement primaire sont fournis pai* les rapports annuels des inspecteurs royaux et par les statistiques qne recueillent le bureau central de stati-stique du royaume et le bureau communal de statistique de Budapest, et par les recensements.

Le résumé général de l'état de l'instruction primaire par comitat comprend 10 tableaux :

V Le nombre des enfants d'âge scolaire par âge, par sexe, par confession et nationalité ;

2° La fréquentation des écoles par catégorie ;

3° La fréquentation des écoles d'après la durée ; le nombre des élèves possédant des titres ; les absences non justifiées par demi- Journées; les amendes et le nombre d'enfants sachant lire et écrire;

4** La statistique communale au point de vue scolaire ; nombre des écoles de hameaux, de puszta, indication des endroits où de telles écoles ont été établies ou supprimées; nom des communes tributaires d'une commune voisine ; où l'école a été abolie; nombre des communes attachées qui ont établi une école ou qui l'ont supprimée; nombre des communes sans école qui en ont créé une; nombre de celles qui se sont réunies à une commune voisine pour l'école ; nombre des écoles nouvelles créées dans le comitat depuis 1869;

5* Le nombre des écoles par catégories d'écoles (écoles d'État, écoles privées, écoles confessionnelles); '

6* La langue dans laquelle se donne l'instruction ;

7" L'ensemble du personnel enseignant ; du nombre de ceux qui sont munis ou non de diplôme, avec indication, d'après le sexe, de leur connaissance de la langue hongroise. La dernière colonne du tableau indique combien il y a de prêtres parmi les instituteurs non diplômés;

8" Tableaux relatifs aux moyens d'instruction, pépinières, salles de gymnastique, etc.

9** et 10° Budget de l'instruction primaire. Les renseignements relatifs aux paragraphes 4, 6, 8, 9 et 10 sont fournis tous les cinq ans; les autres sont fournis annuellement.

La statistique de l'instruction publique, en général, et par conséquent celle de l'enseignement primaire en particulier, est en train d'être réorganisée. Désormais le bureau central de statistique du royaume sera le seul organe chargé de dresser cette branche de la statistique. A l'égard de l'enseignement primaire, ledit bureau recueillera les renseignements statistiques — à l'aide des inspecteurs royaux — par communes et par écoles et d'après des cadres plus détaillés encore que ne l'étaient ceux qui ont été jusqu'ici en usage.

5° Publications. — Le ministre de l'instruction publique adresse chaque année à la Chambre un rapport sur l'état de l'instruction publique. Le bureau central de statistique du royaume publie les renseignements qu'il recueille, dans V Annuaire statistique de la Hongrie. Le bureau de statistique de la ville de Budapest publie, en outre, des rapports statistiques sur l'état des écoles de la capitale^; ces statistiques sont basées sur des fiches individuelles contenant les données caractéristiques sur chacun des 40000 écoliers fréquentant les écoles primaires de la capitale.

6° Principaux résultats de la statistique. — Les tableaux suivants contiennent les principaux résultats de la statistique scolaire pour le royaume de Hongrie. A ces tableaux on peut ajouter 983 asiles, 982 maisons de refuge permanentes ou temporaires qui secourent 155000 enfants.

1. Le dernier de ces rapports a pour titre (selon la traduclioa allemande); Kôrôsi: Statistik des UnlerricIUwesens des Hauptstadt Budapest, 1885-1888, Berlin, 1890.

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