‹ L'enseignement primaire dans les pays civilisesChapitre 75 sur 219 · CHAPITRE XIII SUÈDE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII SUÈDE

1** Historique. — Les premiers progrès de riiistruction du peuple sont liés en Suède à l'établissement de la religion réformée. En 1640, le gouvernement décida de fonder une école dans chaque ville. La loi de 1686, qui régla l'organisation religieuse, prescrivit aux sacristains d'apprendre à lire aux enfants et interdit le mariage à toute personne qui ne saurait pas le petit catéchisme de Luther.

Malgré les efforts de plusieurs sociétés, le nombre des écoles fixes était très restreint; mais pourtant on peut dire qu'au commencement du xix'' siècle le plus grand nombre des Suédois savaient au moins lire.

La loi de 1842 donna à renseignement primaire des règles qui ont été confirmées et complétées par la loi du 20 janvier 1882.

2° État légal et organisation administrative. — L'enseignement primaire est placé sous l'autorité du ministre des cultes et de l'instruction publique. Aux termes de la loi du 20 janvier 1882, qui régit l'enseignement primaire et qui, dans sa généralité, est fondée sur les mêmes principes que la loi de 1842, chaque commune urbaine et chaque paroisse rurale doit posséder au moins une école primaire {(olkskola), avec un instituteur ordinaire ayant obtenu le brevet de capacité dans Tune des écoles normales de l'État. Dans les localités trop éloignées des écoles primaires ordinaires, il y a des écoles primaires inférieures (mindre folkskolor) dont les instituteurs peuvent ne pas avoir le brevet de capacité. Gomme l'enseignement des écoles primaires proprement dites est destiné, de préférence, aux élèves qui ont déjà quelques rudiments d'instruction, il existe encore une catégorie d'écoles ayant pour mission de donner aux enfants les premières connaissances préparatoires et portant le nom de petites écoles (smaskolor).

Ces différentes espèces d'écoles peuvent être soit fixes, soit ambulantes; les premières sont principalement dans les villes et les districts les plus peuplés ; les secondes ne se trouvent que dans les localités dont la population est disséminée sur une vaste étendue et dans lesquelles la constitution physique du terrain oppose des

obstacles à la fréquentation. Dans les écoles fixes, l'enseignement est donné en un même endroit toute l'année ; dans les écoles ambulantes, elle l'est en deux ou plusieurs stations du même district scolaire.

En 1893, la Suède possédait 3 879 écoles primaires ordinaires fixes et 742 ambulantes, 789 écoles primaires inférieures fixes et 562 ambulantes, 3241 petites écoles fixes et 1664 ambulantes. Le total général (avec les écoles supérieures, 12 écoles en 1893 et 233 élèves) était de 10 889 ; en 1876, il n'était que de 8 770.

Depuis 1852, il existe des écoles primaires supérieures (fiôgre folkskolor) dont l'objet est de procurer aux enfants des classes laborieuses les mieux doués et les plus désireux d'étudier le moyen d'obtenir, sous la direction d'instituteurs formés à l'Université, une somme d'instruction un peu plus gi'ande et un certain nombre de connaissances X3ratiques.

A côté des écoles publiques, il existe un assez grand nombre d'écoles privées, surtout dans les villes. Au point de vue de l'enseignement et de l'ordre, ces écoles sont placées sous la surveillance des autorités auxquelles est confiée la direction des écoles publiques.

Relativement au nombre des élèves, la statistique ne fournit de renseignements que pour les enfants de 7 à 14 ans. Le nombre de ceux qui recevaient l'enseignement en 1893 était de 726 794, dont 664770 dans les écoles primaires publiques, 16875 dans les écoles privées et les autres dans les établissements secondaires ou dans leur famille. Il y a presque autant de filles que de garçons dans les écoles. Depuis 1876, le nombre des élèves a augmenté d'environ 60000.

Les instituteurs des écoles primaires supérieures ont un traitement d'environ 1 500 couronnes (1 cour. = 1 fr. 39 c.) et, en outre, le logement et le chauffage gratuits.

Le minimum des traitements des instituteurs et des institutrices ordinaires des écoles primaires proprement dites est fixé à 600 couronnes* ; les instituteurs et institutrices ont droit, en outre, à une habitation convenable, à la quantité nécessaire de bois de chauffage, au fourrage pour une vache et, s'il est possible, à une parcelle de terrain pour la culture des pommes de terre. Dans bien des localités, les traitements sont fort au-dessus du minimum légal ; dans les grandes villes ils s'élèvent jusqu'à 3 600 couronnes, mais, dans ce cas, sans logement gratuit ni autres avantages.

1. Depuis 1892, le rniuimum est élevé, après cinq ans de service, à 700 couronnes.

Les instituteurs auxiliaires sont ordinairement payés par la commune en vertu d'une entente entre les parties. C'est aussi, en général, le cas des maîtres des petites écoles.

Depuis 1866, les communes sont obligées de s'assurer, pour chaque poste d'instituteur, à une caisse de pension. Les instituteurs, qui ne payent rien eux-mêmes à cette caisse, reçoivent à l'âge de 55 ans, et après 30 années de service, une pension variant de 450 à 750 couronnes.

Chaque district scolaire doit avoir une Commission d'éducation, composée du pasteur, président de droit, et d'au moins quatre membres, nommés pour quatre ans par la commune. Cette commission a pour objet de survei]ler toutes les écoles primaires du district. Elle est tenue d'envoyer à l'autorité diocésaine un rapport annuel sur l'état de ces écoles, au double point de vue pédagogique et financier.

L'évêque et le chapitre-consistoire de cliaque diocèse ont le devoir de suivre la marche et le développement des institutions d'enseignement primaire et de soumettre tous les ans au roi un rapport sur l'instruction primaire du diocèse, accompagné des éléments statistiques et autres à l'appui.

Pour les affaires se rapportant à l'instruction primaire, il y a, au ministère des cultes et de l'instruction publique, une division spéciale. Le chef de cette division a plus spécialement la surveillance des écoles normales ou séminaires d'instituteurs primaires ; celle des écoles primaires est confiée à des inspecteurs spéciaux pour chaque diocèse, nommés par le ministre.

Les inspecteurs, actuellement (1895) au nombre de 47, sont nommés pour cinq ans. Ils exercent l'inspection dans leur district respectif d'après une instruction spéciale émanant du ministre. Chaque année l'inspecteur transmet un rapport succinct au consistoire du diocèse auquel ressortit son district, et, à l'issue de sa période d'inspection il envoie au ministre un rapport général qui doit contenir, en outre, un aperçu complet de l'état de l'instruction scolaire dans le district. Les rapports, publiés par le ministère, sont distribués aux commissions d'éducation et aux consistoires. Ces autorités ont alors à prendre les mesures que peuvent comporter les appréciations et les projets contenus dans les rapports.

Chaque commune doit, de concert avec la commission d'éducation, fixer l'âge auquel l'instruction de l'école doit commencer ; à cet égard, la loi se borne à dire que l'âge scolaire ne peut être fixé

au delà de la neuvième année. La fréquentation de l'école commence régulièrement à l'âge de 7 ans et dure jusqu'à la 14* année, inclusivement. L'instruction est obligatoire pour tous les enfants d'âge scolaire. Tous ceux donc qui ne fréquentent pas des écoles privées ou qui ne reçoivent pas l'instruction à domicile, avec l'autorisation de la commission d'éducation, sont tenus de se rendre aux écoles publiques. La rétribution scolaire a cessé d'être exigée conformément à l'ordonnance royale du 1" juin 1883.

IjCs enfants que leurs parents naturels ou adoptifs ne peuvent habiller ou entretenir pendant la période scolaire le sont aux frais de l'assistance publique de la paroisse. Les parents qui refuseraient opiniâtrement d'envoyer leurs enfants à l'école pourraient être condamnés, après avertissement préalable, à payer l'entretien de leurs enfants chez d'autres personnes.

Pour la formation des instituteurs et des institutrices des écoles primaires proprement dites, il existe 12 écoles normales (séminaires), dont 7 pour instituteurs et 5 pour institutrices. Ces écoles ont 4 classes d'une année chacune.

Dans les écoles normales de femmes, il y a des classes spéciales pour la préparation de bonnes institutrices de petites écoles. En outre, il y a pour les instituteurs et institutrices des petites écoles 14 séminaires soutenus par des conseils provinciaux, et de plus un petit nombre de nature privée. L'État a aussi créé une école normale pour la formation des instituteurs et des institutrices des petites écoles finnoises et une pour ceux des écoles laponnes.

3" Ressources financières. — Les frais de l'instruction primaire sont à la charge des communes, mais l'État fournit des subventious à des conditions déterminées. Ces subventions, qui portent principalement sur les traitements des instituteurs, sont au maximum de 1200 couronnes pour les écoles primaires supérieures, de 467 couronnes pour les écoles primaires avec instituteur ou institutrice brevetés, jouissant d'un traitement entier et enseignant huit mois par an, et de 133 à 200 couronnes pour les autres catégories d'instituteurs et d'institutrices.

En outre, l'État accorde des subventions spéciales aux communes pauvres et facilite l'achat du matériel scolaire en faisant fabriquer lui-même ce matériel et en le cédant à prix réduit aux écoles.

Les dépenses des écoles normales d'instituteurs et celles de l'inspection des écoles primaires sont entièrement à la charge de l'État, qui contribue aussi à la caisse des pensions des instituteurs.

Les frais de l'instruction primaire ont comporté, en 1893 :

Salaires des instituteurs et des institutrices. Cour. 9 683 387

Locaux et mobilier — 2 616 811

Matériel d'enseignement — 349 568

Besoins divers — 2108 470

Total Cour. 14 758 236'

Cette somme ne comprend pas les dépenses faites par les conseils provinciaux pour la préparation des instituteurs des petites écoles, ni les diverses prestations en nature fournies par les communes.

4° et 5^ Mode d'établissement de la statistique et publications. — Le ministère des cultes et de l'instruction publique publie régulièrement les rapports transmis par les inspecteurs pour chaque diocèse à l'issue de la période d'inspection; la dernière période publiée comprend les années 1887-1892. Dans chacun des rapports Tordre des matières est fixé comme suit : I. Etablissements d'instruction.

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