CHAPITRE XTV NORVÈGE
1** Historique. — Pendant Timion de la Norvège et du Danemark, deux ordonnances de 1739 et de 1741 rendirent Tinstruction primaire obligatoire et prescrivirent l'ouverture d'écoles dans toutes les paroisses. Après l'établissement du régime parlementaire, les Norvégiens s'appliquèrent à réorganiser l'instruction. Dans les villes, les écoles étaient régies par des ordonnances particulières à chaque école. Plus tard furent rendues les lois de 1816, de 1827 sur les écoles rurales, du 12 juillet 1848 sur les écoles des villes et du 16 mai 1860 sur les écoles rurales.
2" État légal et organisation administrative. — L'instruction est placée sous l'autorité du ministre de l'instruction publique et des affaires ecclésiastiques. Les lois de 1848 et de 1860 ont été abrogées par la loi du 26 juin 1889 pour les écoles rurales et par une autre loi du même jour pour les villes. D'après ces lois, l'enseignement est obligatoire pendant 7 années pour les enfants ayant 8 ans révolus. Entre l'âge de 7 ans (dans les villes, 6 ans 1/2) et celui de 15 ans les enfants ont le droit de jouir gratuitement pendant 7 années de l'enseignement primaire. Les parents qui négligent d'envoyer leurs enfants à l'école ou de leur faire donner l'instruction exigée par la loi sont punis d'une amende. S'ils résistent, s'ils maltraitent leurs enfants ou leur donnent de mauvais exemples, les enfants peuvent leur être enlevés et sont placés dans d'autres familles.
Chaque commune doit entretenir des écoles communales en nombre suffisant. La commune rurale est divisée .en circonscriptions scolaires dont chacune a une école primaire. En 1892, le nombre des communes rurales était de 628 et le nombre des circonscriptions de 6139 avec 3 780 instituteurs et 861 institutrices. Dans les villes, en 1892, les écoles avaient 2613 classes avec 540 instituteurs et 909 institutrices. Les écoles d'une commune sout administrées par une direction scolaire, dont la plupart des membres sont choisis par l'administration communale et dans laquelle le clergé et les instituteurs sont représentés (art. 47).
236 l'enseignement prIxMaire dans les pays civilisés.
Les instituteurs sont nommés par la direction scolaire.
Il y a une administration scolaire préfectorale de trois membres choisis par le conseil préfectoral chargé de veiller aux affaires scolaires communes à toute la préfecture.
L'inspection supérieure est représentée par les directeurs de l'instruction primaire de chaque diocèse," l'évêque et le doyen des pasteurs participant à l'inspection de l'enseignement religieux.
Le but que la loi propose aux écoles publiques est de comjpléter l'éducation domestique, d'inculquer aux enfants une véritable instruction chrétienne, de leur donner les connaissances et l'habileté que tout homme doit posséder, ainsi qu'une instruction suffisante pour leur permettre d'étendre plus tard leurs connaissances, suivant leurs moyens. La religion, la langue norvégienne, le calcul, l'écriture, le chant, la géographie, l'histoire y compris la connaissance des lois constitutionnelles et de l'administration du pays, les sciences naturelles avec un peu d'hygiène, les travaux manuels, la gymnastique et le dessin sont les matières du programme.
3° Ressources financières. — Les dépenses des caisses communales rurales étaient de 620000 couronnes (1 couronne = 1 fr. 39 c.) en 1860-, elles s'élevaient à 2034540 couronnes en 1880, à 2128819 en 1885, à 2225196 en 1890 et à3646518 en 1892. Dans les villes, les dépenses scolaires étaient de 1314927 couronnes en 1885, 1924435 en 1890 et 2 839137 en 1892. En outre, les caisses préfectorales dépensaient 499 709 couronnes en 1885, 542 840 en 1890 et 743 940 en 1892. La caisse de l'État payait aux instituteurs, à titre de traitement supplémentaire, 463150 couronnes en 1885, 621758 en 1890 et 274 513 en 1892. Durant la dernière année, l'État a encore aidé les caisses communales à payer le traitement des instituteurs et institutrices en leur accordant, conformément à une disposition de la loi scolaire de 1889, une somme totale de 775 849 couronnes.
En 1890, les communes rurales contribuaient à raison de 73 p. 100 et l'État à raison de 27 dans le total des dépenses. Par enfant, la dépense moyenne a été de 14 couronnes et 43 ôre (1 cour. = 100 ôre). Dans les villes, la dépense moyenne par enfant a été, en 1890, de 43 couronnes et 62 ôre.
La moyenne du traitement payé par la commune rurale aux instituteurs était de 608 couronnes en 1880, de 636 en 1885 et de 704 en 1890 -, beaucoup d'instituteurs, exerçant en même temps les fonctions de chantre, touchaient à ce titre un supplément de