‹ L'enseignement primaire dans les pays civilisesChapitre 88 sur 219 · CHAPITRE XVII ALGÉRIE ET TUNISIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII ALGÉRIE ET TUNISIE

1° Historique. — La conquête française a eu pour conséquence la création d'écoles françaises. Dès 1832, un inspecteur, placé sous l'autorité du gouverneur militaire, était chargé de ce service, et à Alger 3 écoles étaient ouvertes pour les Européens et 1 pour les Israélites. En 1837, il y avait 22 écoles françaises, dont 12 écoles publiques (8 de garçons et mixtes et 4 de filles) ; le nombre des élèves des écoles primaires était de 1 047. En 1847, le nombre des écoles s'était élevé à 108 (74 écoles publiques dont 52 de garçons et mixtes et 22 de filles, et 34 écoles libres, dont 16 de garçons et 18 de filles) et celui des élèves à 6 071 (4571, dont 2 303 garçons et 2 268 filles, dans les écoles publiques ; 1 500 élèves, dont 554 garçons et 946 filles dans les écoles libres).

Par arrêté du 30 mai 1848 le service de l'instruction primaire fut rattaché au ministère de l'instruction publique et, à partir du 1^" octobre 1848, placé sous l'autorité d'un recteur qui eut la nomination des instituteurs. Il y avait alors 98 écoles (71 publiques, 27 libres). En 1850, on comptait 161 écoles avec 7 538 élèves et 31 salles d'asile avec 1 365 enfants ; en 1863, 382 écoles avec 21 535 élèves et 89 asiles avec 14464 enfants, en tout 35 999 enfants : soit 12.4 élèves par 100 habitants d'origine européenne dans les écoles primaires.

En 1872, l'Algérie possédait 7 salles d'asile publiques et 1 libre et 98 écoles primaires européennes, dont 71 publiques et 27 libres, renfermant environ 8200 élèves.

Dans les premiers temps, il y avait des écoles spéciales pour les catholiques, pour les protestants et pour les Israélites. En 1870, presque toutes les communes ont fondu ces écoles dans des écoles mixtes quant au culte.

Depuis 1872, il y a dans chacun des trois départements algériens

un inspecteur d'académie, lequel a plusieurs inspecteurs primaires sous ses ordres.

En 1877, il y avait en Algérie 662 écoles, à savoir: 544 écoles publiques et 118 écoles libres ; 631 écoles françaises et 31 écoles arabes-françaises ; 232 écoles de garçons, 229 de filles et 201 mixtes ; 488 écoles laïques et 174 congréganistes . Le nombre des élèves était de 51 592, sur lesquels il y avait 2 446 musulmans fréquentant les écoles arabes-françaises ou les écoles françaises; soit, par rapport à la population européenne, française ou étrangère, et Israélite ', 14.3 élèves par 100 habitants ^

2* État légal et organisation administrative. — Depuis le décret du 15 août 1875, les lois sur l'instruction publique promulguées en France sont applicables à l'Algérie*, toutefois, le recteur a conservé la nomination des instituteurs. Les décrets du 13 février 1883 et du 9 décembre 1887, qui ont été pendant quelque temps en quelque sorte le code de l'instruction primaire en Algérie pour les Européens et pour les indigènes, ont été abrogés par le décret du 18 décembre 1892, relatif à l'enseignement public et privé des indigènes. Toute commune de plein exercice ou mixte doit entretenir une ou plusieurs écoles publiques gratuites ouvertes aux enfants européens et indigènes ; le traitement du personnel enseignant est maintenant à la charge de l'État, qui prélève, au profit du budget, un sixième de l'octroi de mer de l'Algérie ; les dépenses d'entretien des écoles et du mobilier scolaire, les indemnités de résidence et de logement sont à la charge des communes. L'instruction est obligatoire pour tous les enfants d'âge scolaire, quelle que soit leur nationalité ; mais cette obligation n'est applicable aux indigènes musulmans, même dans les communes de plein exercice, qu'en vertu d'arrêtés spéciaux du gouverneur général. Chaque département doit avoir un cours normal pour préparer des indigènes aux fonctions de l'enseignement; des moniteurs et monitrices indigènes pourvus du certificat d'études primaires peuvent être attachés aux écoles primaires.

Gomme en France, l'instruction est gratuite, obligatoire et laïque.

En 1886-1887, l'Algérie possédait 208 écoles maternelles (97 laïques et 111 congréganistes) et 923 écoles primaires.

1. Eu 1876, 156 365 Français, 33 312 Israélites naturalisés, 155 072 étrangers européens.

2. Le recteur de l'académie, M. de Salve, pensait que la proportion était en réalité plus forte, parce qu'il y avait, dans les cours primaires des établissements secondaires, 1626 enfants non comptés dans cette statistique et que, d'autre part, 11626 Français étaient établis dans les territoires militaires où ils ne trouvaient pas d'écoles.

Les écoles primaires se répartissaient ainsi :

DÉSIGNATION

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