L'enseignement supérieur en Espagne
C'est pour faire suite aux notices qui ont déjà paru sur les Universités de langue dano-norwégienne et sur les Universités d'Ecosse, que je publie aujourd'hui cet opuscule sur l'enseignement supérieur en Espagne. Il ne m'a jamais semblé, en effet, que l'œuvre de patronage des étudiants étrangers ne dût èlre qu'une (ruvrc pbilanlbropique, une espèce de nouveau rouage administratif, et que nous n'eussions rien à faire d'autre qu'à fournir des subsides ou des renseignements d'ordre pratique aux jeunes étudiants qui viennent fréquenter nos écoles. Certes il est bon qu'il y ail dans tous nos centres universitaires des comités chargés de faciliter au jeune étranger son entrée dans la grande famille des étudiants français, mais il est bon aussi que par delà les limites de la besogne restreinte et journalière nous entrevoyions un but plus élevé et de plus haute portée. De plus, j'ai toujours compris que s'il est utile de faire connaître au dehors les ressources de notre enseignement, il ne l'est pas moins de chercher à savoir quelque chose de celui de l'étranger et d'en pénétrer le caractère, un programme n'étant pas la chose inerte et indifférente que parfois l'on suppose mais bien un tableau où s'inscrivent les idées directrices d'une époque ou d'un organisme social.
VF AVANT-PROPOS,
La sympalhie avec laquelle on a accueilli au dehors mes premiers croquis, ma encouragé à poursuivre l'enquête commencée. J'ai choisi celle fois les Universités d'Espagne pour objel de ma nouvelle élude; l'Espagne est un pays voisin, nos échanges avec elle dans l'ordre moral comme dans l'ordre économique progressent tous les jours, et il y a un intérêt évident pour les deux pays à resserrer leurs anciens liens d'amilié, de manière à faire aboutir à une harmonie plus haute et plus sereine le mouvement de leur vie nationale.
Bien que j'aie à plusieurs reprises franchi la frontière, pour contrôler mes premières impressions, et que je me sois eiïorcé d'être aussi exact que possible, je n'ai pas eu la prétention d'écrire une histoire systématique des écoles de la péninsule et je ne l'ai même pas essayé. J'ai voulu simplement noter quelques Irails généraux qui marquent les étapes de la route suivie, et monirer combien sont injustes les dédains que l'on affecte en parlant des choses que souvent l'on ignore. ?s'étant pas sur la grande voie du mouvement européen, les Espagnols sont vraiment victimes de leur isolement géographique. On passe à côlé d'eux sans les connaître et les cent voix de la renommée ne répètent guère ce qu'ils font. C'est là une injustice, et il n'est pas mauvais que de temps à autre on demande en leur faveur un peu de cette attention publique qu'attirent ailleurs la réclame et le bruit. De ce qu'il y a intérêt à démêler les causes de la grandeur des forls et des puissants, il ne s'ensuit pas nécessairement que le reste mérite l'oubli.
J'ai soumis ce travail à plusieurs membres du Professorat espagnol, et je les prie ici de recevoir l'expression de ma vive gratitude. (î'est grâce à l'inépuisable obligeance du jurisconsulte bien connu, M. Giner de los Rios, à ses renseignements si divers, c'est grâce aux notes savantes qu'a bien voulu me communiquer M. Ribera, ou aux entreliens que j'ai pu avoir avec M. Codera et M. Saavedra qu'il m'a été possible de mener, sinon à bien du moins jusqu'à son terme, ce modeste travail. Je n'oublie pas non plus ce que je dois à M. Harhvig Derenbourg,