PREFACE
La question de l'enseignement supérieur et des universités nouvelles préoccupe vivement Topinion : c'est uft signe qu'elle touche à des intérêts de premier ordre. Les politiques, les savants, les hommes de Dieu sont à Tœuvre : de toutes parts on s'inquiète, on s'agite, on travaille. L'heure est aux essais et à la délibération.
Il doit être permis à tout esprit loysd et à tout croyant d'apporter son modeste
YI PRÉFACE.
concours. En émettant quelques idées sur ce grave sujet, nous ne voulons pas autre chose , sinon servir, sçlon nos faibles forces, la cause de la vérité. Cela même nous semble un devoir.
Au fond de tous ces débats et de tous ces efforts, une grande question doctrinale est en jeu. Nous avons tenté de la dégager et de la mettre en lumière. Si nous y avons réussi, on comprendra que la lice est ouverte désormais à trois doctrines principales qui vont se disputer Tempire : la science positive, la philosophie rationaliste et le christianisme. Les intelligences sont partagées, inquiètes, et, parfois découragées, elles oscillent tristement. On les voit tour à toui^ décli-
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toer verâ rexpérimentalisme , ou se retourner vers' le rationalisme épuisé, ou réciamér unie doctrine religieuse qui, loiii d'exclure' la raison et la science mo> derne, les rallierait à la foi. ! i :
Cet état d'aiigoisse et de déchirement, nous Tavoris décrit dans les premiers chapitres de cet ouvrage. Sans Hen .dissimuler de nos misères intellectuelles, tioiis restons convaincu qu'elles sont guérissables et que, dans cette crise, il y a pour nous les germes d'une résurreclion, et non des périls de mort* Noua avons essayé de préciser la nature. de renseignement supérieur, montré "coiïilment il était compris par les trois fractions principales de Topiniori lettrée , et
Vlir PRÉFACE.
enfin esquissé à larges Iraîts la tâche nouvelle des catholiques, de ceux pour lesquels la religion est la science souveraine destinée à contenir, à embrasser, à résumer toutes les sciences.
• Un péril redoutable , l'envahissement d^ùne science sans principe et sans Dieu, menace la raison et la foi : nous l'avons signalé. Des efforts généreux sont tentés par de vaillants chrétiens pour épurer la science de son athéisme, pour lui donner un nouvel essor et dégager la haute doc* triné religieuse des ténèbres où elle est captive^ : nous avons applaudi à ce saint hî)eurV
A cette hauteur, les passions et les
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querelles de parti s'évanouissent, leurs, voix ^ discordantes se taisent, et e^les n'empêchent plus les intelligences sincères de s'unir pour écouter, la . parole tranquille de la raison et de Dieu. ., .. j
. Que toutes les lumières sa produiseut, que tt)us les dévouements se concertent :.
l'œuvre est immense. Ce n'est pas trop, pour l'accomplir, de la sagesse des hommes expérimentés et de l'ardeur des esprits plus jeunes. La prudence sans l'inspiration languit, et l'inspiration sans la prudence s'égare*
Si les idées sont fausses, elles seront combattues : du débat jaillij. la lumière,; si elles sont justes ^ elles feront leur che-