‹ L'enseignment des beaux-arts en PortugalChapitre 2 sur 2 · QUATRIÈME CHAIRE AUXILIAIRE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME CHAIRE AUXILIAIRE

Modèle d'ornement appliqué à la décoration architectonique et aux arts industriels. (École nocturne).

Les treize chaires désignées ci dessus sont considérées d'égale catégorie pour tous les effets.

Ces chaires constituent les cours suivants, dont un cours général et les autres cours spéciaux, fonctionnant chacun pendant quatre ans :

i" Cours général de dessin;

d'architecture civile;

de peinture historique ;

de peinture et pa3'sage ;

de sculpture statuaire ;

de gravure en taille douce ;

de gravure sur bois ; 8" » de beaux-arts appliqués aux arts industriels.

Les professeurs actuels sont:

i'" chaire: José Antonio Gaspar;

2" chaire : Luciano Martins Freire, intérimaire ;

3'' chaire : José Luiz Monteiro ;

4'' chaire : Carlos Reis ;

S*" chaire : José Velloso Salgado ;

6" chaire : José Simôes de Almeida Junior ;

•j" chaire: Antonio J. Nunes Junior;

8'' chaire : José Armando Pedroso Gomes da Silva ;

q' chaire : Antonio Alberto Nunes, intérimaire.

Tous ces professeurs, à l'exception de M. Luciano Freire, ont suivi les écoles de Paris.

Les professeurs des chaires auxiliaires sont :

i*"" chaire — José Antonio Serrano, médecin-chirurgien de l'École de Lisbonne, et professeur d'anatomie dans la même École; auteur d'un long et important traité dOstéologic^ et de quelques autres ouvrages-,

2'' chaire — A. de Sousa e Vasconcellos, rédacteur de quelques publications littéraires et artistiques ;

3° chaire — F. M. de Sousa Viterbo, médecin-chirurgien de l'Ecole de Lisbonne, et auteur du Dictionnaire des architectes^ du livre Les Arts et les Artistes en Portugal, des Travaux nautiques des Portugais au AT'/'' et au XVII" siècles, et de beaucoup d'autres productions littéraires et historiques ;

4'' chaire — Antonio Alberto Nunes.

Les frais alloués par le budget général de l'Etat à l'Académie des beauxarts de Lisbonne montent à i3.gg5:ooo reis, dont 10.841:000 pour l'École et 3.154:000 pour le Musée. A la somme de 6.000:000 reis s élève le total des traitements des professeurs, dont 9 effectifs à 600:000 reis, et 4 auxiliaires à 3oo:ooo reis. Il y a en outre, de frais divers et variables: 3.223:ooo reis pour l'Ecole, et 5.828:000 reis pour le Musée. Le total s'élève à 23. 000:000 reis en chiffres ronds.

L'organisation de l'Académie des beaux-arts de Porto est semblable à celle de Lisbonne, mais elle est plus restreinte ; il n'y a que quatre professeurs touchant chacun un traitement annuel de 5oo:ooo reis. Son budget s'élève à 3.622:000 reis, y compris 35o:ooo reis pour le Musée. Une somme de 2.208:000 reis est destinée aux frais divers, y compris 1.440:000 reis pour deux pensionnaires à l'étranger.

L'École des beaux-arts de Lisbonne, outre les cours proprement dits, a, pendant les quatre mois d'hiver, un cours nocturne pour les ouvriers ; ce cours, malgré l'existence des Écoles industrielles, a été fréquenté, la dernière année scolaire, par 235 individus.

Le nombre des élèves portés sur la matricule pendant la dernière année scolaire, a été de 28g, dont 67 ordinaires, et 222 volontaires; 100 élèves ont perdu l'année; 64 élèves ordinaires et i35 élèves volontaires ont passé leur examen; i5 ont été reçus avec prix, et 160 simplement reçus. Refusés, 14.

Outre les prix ordinaires, il y a deux prix extraordinaires, résultant des fonds créés par une iniciative patriotique et une souscription publique faite pour honorer la mémoire des deux remarquables professeurs de peinture de l'École, Annunciaçâo, peintre d'animaux et Lupi, peintre d'histoire. Dernièrement on a créé un autre destiné à commémorer le nom du pemtre Eerreira Chaves.

Une exposition de travaux scolaires exécutés par les élèves a lieu tous les cns. Celle de 1898-1899 a été la dix-septième: on y a compté 173 travaux exposés, y compris ceux des concurrents aux deux prix susnommés. Les travaux des pensionnaires de l'étranger (Paris), — José Alexandre Soares, — et Adolphe Rodrigues, peinture historique — y ont également figuré.

Les Musées sont indiscutablement un des moyens le plus puissants, quoique indirects, d'encouragement des beaux-arts, mais sur ce point notre pays est encore loin d'atteindre le but souhaité. La somme destinée à l'acquisition de tableaux, œuvres de sculpture et autres objets, est insignifiante, presque nulle; aussi

l'art moderne, aussi bien étranger que national, n'a pour ainsi dire pas de représentants chez nous. Le Musée national des beaux-arts, établi dans un ancien palais appartenant aux descendants du marquis de Pombal, n'est guère qu'un musée d'art rétrospectif, formé presque entièrement des dépouilles de couvents éteints et où prédomine tout naturellement l'élément religieux. 11 y a néanmoins des sec tions d'une grande vtileur, telles que la section dorfevrerie, la section des tissus et des broderies, la section de la céramique et la section des meubles. Les tableaux de lancienne école, peu scrupuleusement désignée par le nom général de — Grand Vasco — forment une collection abondante et précieuse.

Un fait aussi flatteur que digne de louange, et qu'il serait injuste de passer sous silence, c'est que, a différentes reprises, le Musée a été favorisé de dons particuliers fort importants. Outre les dons du roi D. Ferdinand, mention doit être faite du grand tableau de Muiioz 3' Degrain, Desdcmona^ offert par M. le marquis de Franco, et de la nombreuse et remarquable collection de tableaux dont M. le comte de Carvalhido a fait présent au Musée, où cette collection occupe deux salons qui lui sont spécialement destinés.

Il y a quelques années, Lisbonne se vantait de posséder une galerie particulière (galerie Daupias), qui était une miniature du Musée du Luxembourg, où l'art contemporain était représenté par quelques toiles de grande valeur, mais son propriétaire a dû la mettre en vente et presque tous ses meilleurs tableaux sont retournés à l'étranger.

A Porto, il y a deux Musées : l'un annexé à l'École des beaux-arts et formé en i833 avec les dépouilles des couvents ; l'autre fondé par un particulier (Musée Allen) et acquis par l'Hôtel de ville. Mais tous deux sont restés stationnaires ; pour comble de malheur, la plupart des tableaux du premier Musée se sont détériorés à cause de l'humidité des murs.

Nous serions injuste si nous omettions de dire quelques mots à propos d'une corporation particulière qui a beaucoup fait pour l'art; nous voulons parler du — Gremio Artistico — qui tous les ans fait une exposition où l'on a déjà vu poindre quelques vocations. L'élément féminin y a exposé des travaux qui, s'ils ne décelaient pas les indices révélateurs de quelque future émule de Rosa Bonheur, montraient du moins que notre beau sexe n'est pas dépourvu de bon goût et d'aptitudes artistiques. Silva Porto, l'infortuné peintre de paysages, était l'àme de nos concours, et sa mort a fait un grand tort aux expositions. Au reste, ce n'est pas seulement par des expositions que le Gremio Artistico a affirmé sa vitalité, mais aussi par la diffusion des connaissances techniques.

On peut regarder le Gremio Artistico comme le successeur légitime de cette méritante Société protectrice des beaux-arts en Portugal, dont la première exposition eut lieu à Lisbonne en 1862, et la dernière en 1887. Elle fit 14 expositions et publia un nombre égal de catalogues. Cette société acquérait tous les ans un certain nombre de tableaux qu elle distribuait comme prix parmi ses associés.

Près du ministère des travaux publics, il existe un Conseil supérieur de monuments nationaux, composé d'artistes, d'hommes de lettres, de critiques d'art et d'archéologues, en assez grand nombre, dont les fonctions sont gratuites et qui a pour mission de classer les monuments, veiller à leur conservation et proposer les mo}'ens de les restaurer convenablement. Ce Conseil, successeur de la Commission des monuments, inaugura ses séances le 10 janvier igoo.

D'autres corporations, telles que l'Association ro3'ale des architectes civils et des archéologues portugais, la Société Martins Sarmento, de Guimarâes, et quelques autres coopèrent utilement au développement du goût artistique. Les études archéologiques se sont développées d'une façon remarquable; on a créé des musées locaux où se trouvent réunis d'intéressants objets d'étude préhistorique et ethnographique. Le musée de Figueira da Foz, bien qu'un des plus récents, est un de ceux qui ont le plus rapidement prospéré.

Quoique notre paj's soit loin en ce moment de traverser une période d'enthousiasme patriotique, comme au temps de D. Jean I, d'activité maritime et conquérante, comme au temps de D. Emmanuel, d'opulence dorée, comme au temps de D. Jean V; quoique cette époque ne soit pas même une époque de prospérité, on ne saurait nier que des symptômes s'accentuent de plus en plus en faveur de la régénération de l'art national, et qu'à la tête de ce mouvement il y a des esprits hardis qui s'y livrent avec la vigueur que donnent le patriotisme et la confiance dans une bonne cause.

IndiGation des estampes qui aGGompapent cette monographie

I — Cloître du monastère des Hiéronymites — ler quartier du xvi^ siècle. Style

dit manoelino ; œuvre de l'architecte Joâo de Castilho.

Il — Façade latérale du monastère et de l'église de Batallia—Styie ogival.

XV'<= siècle — Le couvent de Batalha a été l'une des plus importantes écoles pratiques des beaux-arts, surtout pour ce qui regarde l'architecture, la sculpture et la peinture sur verre. Il y eut une série de peintres sur verre qui se prolongea presque sans interruption depuis le commencement de l'édification du couvent jusqu'au XVII« siècle. Les vitraux coloriés qui existent encore aujourd'hui comptent parmi les meilleurs spécimens du genre.

III — Statue équestre de D. Joseph I — situé au centre de la grande place du Te?--

reiro do Paço, et regardant le Tage qui coule à ses pieds, ce monument fut érigé du vivant même de D. Joseph, sous l'initiative de son premier ministre, le marquis de Pombal, en témoignage de reconnaissance publique pour la réédification de Lisbonne, après le tremblement de terre de 1755. Ce chef-d'œuvre est dû à Joaquim Machado de Castro, qui apprit sous Giusti, à l'école fondée par celui-ci à Mafra, la sculpture des rétables en marbre de la somptueuse église de cet édifice grandiose— à la fois couvent et palais royal.

IV — Tombeaux de D. Pèdre I et de D. Inès de Castro — Ces deux tombeaux

se trouvent dans une des dépendances de l'église du couvent d'Alcobaça. Quoique fort détériorées, ce sont encore deux belles pièces qui attestent à quel degré de progrès était déjà parvenue chez nous la sculpture au KIY*^ siècle.

V — Un des tableaux de la cathédrale de Vlzeu, attribué à Gram-Vasco. On

n'est pas encore arrivé à déterminer au juste ce qu'a été ce Vasco, surnommé par antonomase giwn ou grande (le grand), et considéré comme chef de l'ancienne école portugaise de peinture. Est-ce un Portugais ou un étranger qui a peint ces tableaux.'' C'est là jusqu'à présent un problème resté insoluble. Ce qui semble hors de doute, c'est que ces tableaux ont été exécutés dans le même local où ils sont actuellement. Nous trouvons un ordre de payement du roi D. Emmanuel, daté du 20 décembre i5i4, et enjoignant au surintendant {almoxarifej de Vizeu de remettre 62^3o5 réis à Fernâo Trosylhos, peintre, marié à la veuve de Fernâo Aflbnso, charpentier. L'ordre d'effectuer ce payement à Vizeu même est une circonstance qui prouverait que Trosylhos — dont le nom apparaît maintenant pour la première fois — aurait travaillé dans cette ville et été l'auteur ou l'un des auteurs des tableaux en question. Nous présentons ces données à titre de simple hypothèse, qu'une étude plus approfondie pourra seule confirmer ou invalider tout à fait.

VI — Vue de diverses classes de l'École des Beaux-arts.

VII — Musée des Beaux-arts, vues diverses.

CQ

■^ism

Page 1