VI AVANT-PROPOS
La sympalhic avec laquelle on a accueilli au dehors mes premiers croquis, m'a encouragé à poursuivre l'enquête commencée. J'ai choisi cette fois les Universités d'Espagne pour objet de ma nouvelle étude; l'Espagne est un pays voisin, nos échanges avec elle dans Tordre moral comme dans l'ordre économique progressent tous les jours, et il y a un intérêt évident pour les deux pays à resserrer leurs anciens liens d'amilié, de manière à faire aboutir à une harmonie plus haute et plus sereine le mouvement de leur vie nationale.
Bien que j'aie à plusieurs reprises franchi la frontière, pour contrôler mes premières impressions, et que je me sois eiîorcé d'être aussi exact que possible, je n'ai pas eu la prétention d'écrire une histoire systématique des écoles de la péninsule et je ne l'ai même pas essayé. J'ai voulu simplement noter quelques traits généraux qui marquent les étapes de la route suivie, et montrer combien sont injustes les dédains que l'on affecte en parlant des choses que souvent Ton ignore. N'étant pas sur la grande voie du mouvement européen, les Espagnols sont vraiment victimes de leur isolement géographique. On passe à côlé d'eux sans les connaître et les cent voix de la renommée ne répètent guère ce qu'ils font. C'est là une injustice, et il n'est pas mauvais que de temps à autre on demande en leur faveur un peu de cette attention publique qu'attirent ailleurs la réclame et le bruit. De ce qu'il y a intérêt à démêler les causes de la grandeur des forts et des puissants, il ne s'ensuit pas nécessairement que le reste mérite l'oubli.
J'ai soumis ce travail à plusieurs men[\))rcs du Professorat espagnol, et je les prie ici de recevoir l'expression de ma vive gratitude. C'est grâce à l'inépuisable obligeance du jurisconsulte bien connu, M. Giner de los Rios, à ses renseignements si divers, c'est grâce aux notes savantes qu'a bien voulu me communiquer M. Ribera, ou aux entreliens que j'ai pu avoir avec M. Codera et M. Saavedra qu'il m'a été possible de mener, sinon à bien du moins jusqu'à son terme, ce modeste travail. Je n'oublie pas non plus ce que je dois à M. Hartwig Derenbourg,