LÉS CARNASSIERS OU CRÉOPIIAGES
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Carnet. Elytrcs durs, couvrant le ventre, antennes en soie, non dentées, corps conprimc, tarses simples non aplatis en nageoires ; mâchoires à deux palpes. »
Genres. Anlhic , cychre , tachype , carabe , calosome , Lracliinc , cicindèle , colliure , manticore, drypte, élaphre , bembidion, divine, scarile , notiopbile, omophron.
Les carnassiers comprennent des genres très nombreux ; nous allons les passer en revue.
Les anihies sont des insectes d'une assez grande taille ; ils sont tous exotiques, et appartiennent à l'Afrique ; ils vivent dans le sable..
Les cychres habitent de préférence les pays fr.oids. On les trouve dans le bois, sous les.
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pierres , sous les mousses , clc. On rencontre en France, mais rarement, le cyclire museller, cychrus rostratus , Fabr. , espèce qui se trouve fre'qucmmcnt en Allemagne et en Russie.
Les tachypcs ne diffèrent des carabes que par quelques différences dans le corselet ; leurs manières de vivre se ressemblent entièrement. Les colliures ressemblent beaucoup aux cîcindèles dont ils ne diffèrent que par le corselet très long, très étroit et cylindrique ; ils habitent les Indes-Orientales. Nous n'en connaissons point les métamorphoses ni les mœurs.
Le genre manticorc ne se compose que d'un seul insecte, lamanticore maxillaire, qui habite les sables de l'Afrique méridionale sur tesfj^uelsil court rapidement. Il se nourrit d'insccles. •»
Les drypies sont peu nombreuses; elles habitent le midi de T Europe. La dryptc échanchréc , dijpta cmorginata , est commune en Espagne et en Italie : on l'a trouvée aux environs de Paris, où elle est très rare.
Les élaphres sont d'assez jolis insectes qui ont beaucoup de ressemblance avec les clcindèles. Ils sont très vifs et se nourrissent d'autres insectes. On les trouve dans les lieux très humides, sur le bord des étangs et des rivières. L'espèce la plus commune en France est l'élaphre riverain , claf-hms rij:anus,.
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Les bcmLidlons sont rcvclus de couleursbrillantes ; ils habitent comme les élaphres les bonis des étangs, des ruisseaux, etc., où ils courent avec beaucoup d'agililé. Ils contrefont le mort, et lancent ensuite par l'anus un liquide acre d'une odeur désagréable, lorsque quelque danger les menace. Ce genre est très nombreux en espèces.
liCS divines ont des rapports très nombreux avec les scarites. Elles vivent dans les lieux humides et sous les racines des arbres.
Les scarites au contraire ne se rencontrent que dans les lieux secs et arides, exposés à l'ardeur du soleil.
Le scarite géant est très commun dans le midi de la France. On trouve assez souvent dans le nord de la France le scarjte arénaire , espèce très petite.
I.cs noiiophilcs et les omophrons habitent les lieux hu:aides, les derniers s'en distinguent facilement par leur corps hémisphcri-que. On trouve ces insectes dans le midi de la France.
Les carabes, les brachlnes, Jcs bembidions, les élaphres, las calosomes, sont des genres excessivement nombreux, particulièrement le r, on les trouve dans toutes les parties -
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du monde ; ils habitent surtout les parties éle* vées des régions septentrionales de l'Europe,
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de l'Asie et de l'Amériqae; mais c'est surtout en Europe qu'on les rencontre. Us se cachent dans la terre, ou se tapissent sous les pierres , les écorces des arbres, les mousses, etc. Quelques uns habitent les bords des eaux et les lieux humides. Ces insectes sont extrêmement carnassiers , ils poussent la voracité jcsqu'à se dévorer entre eux, et on a vu deux carabes à moitié mangés l'un par l'autre continuer à se dévorer muluellemcnî.
Les scarites et les aris'es paraissent cependant ne point avoir ces habitudes carnassières. Plusieurs carabes sont dépourvus d'ailes , leurs éiytres sont mC-nie quelquefois d'une seule pièce , mais en général les rudlmens en existent et se développent dans des circonstances fasorables. Ces insectes répandent ordinairement une odeur fétide, et ils laissent échapper par la bouche et par l'anus une liqueur noire et caustique qui leur sert à éloigner leurs ennemis.
Lebrachine pétard, vulgairement carafe pétard ou bombardier^ est très curieux à observer. Lorsqne ce petit insecte est poursuivi ou menacé d un danger pressant , et surtout lorsqu'on le touche, il fait sortir avec explosion par l'anus une vapeur bleuâtre d'une odeur pénétrante. Cet animal est donc pourvu d'une sorte d'arme à feu qui lui sert à effrayer ses
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ennemis, et flont il peul tirer sept à huit coups de. suite. Celle espèce est assez commune en France. Il en existe d'exotiques beaucoup plus grosses et dont les détonations sont bien plus considérables , entre autres le hrachine. himacidé des Indes orientales, dont l'explosion occasionc une brûlure très sensible et qui dure plusieurs heures.
Les calosomes sont ornés des plus brillantes couleurs méîalliques, ce qui leur a donné le nom de calosome xaXov cwaa, beau corps, l^e célèbre Réaunmr nous a donné les détails suivans sur la larve du calosome sycophcmie qu'il a observée.
« Un des insectes les plus redoutables pour les chenilles , dit-il , est un rer noir qui a seulement six jamljcs écaillcuses, attachées aux trois premiers anneaux. Il devient aussi long et plus gros qu'une chenille de médiocre grandeur. Le dessous de son corps est d'un beau noirlusîré; il semble que ses anneaux sont écaillcux ou crustacés ; ils sont pourtant plus mous que les anneaux écaillcux de la plupart de-; insectes: en devant de la tele il porte deux oiucos écaillcuses, (les mandibules) recourbées en C!oi :?sant l'une vers l'autre , avec lesquelles il a bientôt percé le ventre d'une chenille , car, c'est ordinaireincnl par le ventre qu'il les attaque. La chcniiie qu'il a une fois percée a beau
se donner des motlvemens , s'agiter , se louriTicnler, marcher, il ne l'abandonne pas qu'il ne l'ait entièrement mangée. La plus grosse chenille suffit à peine pour le nourrir un jour; il en tue et il en mange plusieurs dans la même journée quand il en trouve.
« Ces vers gloutons savent se placer à merveille pour que la proie ne leur manque pas ,ils savent trouver les nids des processionnaires et s'y établir. 11 ne m'est guère arrive de défaire un nid de ces chenilles, où je n'ai rencontré quelques vers de cette espèce , et sou- "'ent j'y en ai trouvé cinq à six. Là, ils peuvent Hjanger assurément autant qu'ils le veulent; il n'y a pas de jour apparemment, où chacun d'eux ne fasse périr un bon nombre de ces chenilles ou de leurs chrysalides; car ils continuent à se tenir dans les nids des processionnaires , après qu'elles se sont transformées en chrysalides.
« Ce ver n'est pas en tout temps précisément de même couleur ; le temps où il paraît d'un plus beau noir est celui où il a besoin de manger, ou au moins celui où il s'est rassasié à son gré. Quand il a bien mangé, quand il s'est, pour ainsi dire, trop guedé, comme il lui arrive souvent, sa peau devient tendue, les anneaux sont déboîlés , et laissent voir du brun sur le corps, et du blanc sur hs côtés. A force
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de manger, il se met quelquefois dans un é(at où sa peau paraît preie à crever; il semble presque étouffé: ainsi, quoiqu ils soient vifs et farouches dans d'autres temps , ils se laissent prendre alors et manier comme s' ils étaient morts, et j'ai souvent cru qu'ils l'étaient, ou au moins qu'ils étaient mourans. Mais quand leur digestion était avancée et qu'ils étaient vidés, ils commençaient à se mouvoir, et à reprendre l'activité qui leur est ordinaire.
« J'ai vu quelquefois les plus gros de ces vers bien punis de leur gloutonnerie : lorsqu'elle les avait mis hors d'état de se pouvoir remuer , ils étaient attaqués par d'autres vers de leur espèce, encore jeunes et assez petits, qui leur perçaient le ventre, et qui les mangeaient. Rien ne mettait ces jeunes vers dans la nécessité d'en venir à une telle barbarie, car ils attaquaient aussi cruellement leurs camarades , lorsque les chenilles ne leur manquaient pas. »
Les cicindèles sont les plus vifs et les plus agiles de tous les coléoptères. On les rencontre dans les endroits secs ou sablonneux, et exposés à l'ardeur du soleil; leur vol est très rapide , mais il n'est pas de longue durée: dès qu'ils ont touche la terre, ils le i-ecommenccnt , ce qui les rend très diffici-
les à saisir. Us sont très carnassiers et font une guerre conlinuelle aux autres insectes. On trouve dirficilenient leurs larves ; Geoffroy qui les a observées le premier, nous a donné les détails suivans:
<f Ces larves sont longues, cylindriques, molles , blanchâtres, armées de six petites pal les brunes, écailleuses : leur tète est de même de couleur brune ; elle a en dessus une espèce de plaque ronde, brune, écailleuse, au-devant de laquelle est une bouche armée de deux fortes mâchoires. Cette larve se creuse en terre des trous cylindriques très profonds , dans lesquels elle se loge; l'ouverture de ces trous est parfaitement ronde , plus large que le diamètre de leur corps. Elles emploient à cet effet leurs mandibules et leurs pieds. Pour le déblayer, elles chargent le dessus de leur tète de njolécules de terre qu'elles ont détachées, se retournent, grimpent peu à peu, se reposent par intervalles, et se cramponnent aux parties intérieures de leurs habitations, à l'aide de deux mamelons de leur dos, et arrivées àl'orificedu trou, elles rejettent leur fardeau. Dans le moment qu'elles sont en embuscade , la plaque de leur tète ferme exactement et au niveau du sol, l'entrée de leur cellule. Elles saisissent leur proie avec leurs mandibules, s'élancent même sur elle et la précipitent au fond du trou,
en inclinant leur tête brusquement et par un mouvement de bascule. Elles y descendent aussi 1res promptemcnt au moindre danger. Si elles se trouvent trop à l'étroit, ou que la nature dn terrain , par quelque changement qu'il a éprouvé , ne leur soit point favorable , elles quittent leur domicile et s'en construisent un nouveau. Leur voracité s'étend jusqu'aux autres larves de leur propre espèce, quisesontétablies dans les mêmes lieux. Rien n'est plus amusant que d'observer le manège de cet insecte , qui sans sortir de sa retraite , trouve moyen de faire tomber dans ses pièges les autres insectes dont il se nourrit.
Les cicindèles sont revêtues des couleurs inétailiques les plusbrillantes: elles liabitenl les diverses parties du monde ; la plus remarquable de celles qu'on rencontre en Europe est la cicindèle champêtre.