‹ L'entomologieChapitre 18 sur 145 · QUATRIÈME FAMILLE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME FAMILLE

LAMELLICORNES ou PÉTALOCÈRES. PL i. Jig. 5.

Caract. Elytres durs , longs, à antennes à masse feuilletée à leur exirémité libre ; jambes dentelées,

La forme particulière du front , qui se prolonge vers la boucbe; la présence ou l'absence de l'écusson à la base des élytres , et la disposion particulière des antennes , offrent des ca-

go ENTOMOLOGIE,

ractères suffisans pour distinguer les genres de celle famille , qui correspondent aux scarabées de Linnieus.

Genres. Géolrupe , bousier, aphodic, onite, scarabée, trox, hanneton, cétoine, Irichie.

La plupart des insectes de cette famille vivent dans les matières fécales , ils marchent difficilement, leurs couleurs sont rarement remarquables; il faut en excepter les hannetons, les cétoines et les irichics qui vivent ordinairement sur les fleurs, et dont l'habillement est souvent très brillant.

Les géolrupes se nourrissent de fientes d'animaux qu'ils sentent de très loin; ils placent leurs œufs dans des trous cylindriques qu'ils creusent sous ces matières. Ils volent le soir au printemps ; dès qu'on les touche , ils contre- , font le mort , non en contractant leurs pattes comme les dcrmestes, lesbyrrhes, mais en les étendant et en les roidissant de manière à faire croire qu'ils sont morts depuislong-temps;ils se dérobent ainsi à la voracité des corbeaux qui ne veulent point manger de scarabées morts, mais les pie-grièches sont moins délicates, elles s'en emparent et les enfilent sur les baies aux épines du prunier épineux pour servir de pâture à leur petits.

Les géolrupes sont souvent tous couverts d'une espèce d'acaridlc, insecte parasite qui vit à leurs dépens.

LEÇON Vl. qi

Les bousiers vivent particulièrement dans le fumier et les bouses de vacbes; quelques espèces présentent des formes bizarres , leur corselet est souvent armé de cornes et de proéininen'cs très singulières. Il y en a qui sont ornés de couleurs très brillantes- Une espèce du genre onife , l'onite sacré , bousier sacré de Linnœus , ateucbus sacré , Laircille, jouissait d'une espèce de culle chez les Egyptiens ; on le trouve souvent gravé sur leurs monumens. Une momie apportée d'Egypte par M. Geoffroy de Saint-Hilaire , en renfermait un d'une conservation parfaite. Les insectes de ce genre , ont été nommés piluUaires , parcequ'ils forment avec des excrémens, des boulettes dans lesquelles ils placent leurs œufs, et qu'ils font rouler souvent deux par deux, avec leurs pieds de derrière , en marchant à reculons, jusqu'à ce qu'ils aient rencontré un endroit où ils puissent les enfouir d'une manière favorable à la conservation de leur race. Messagers du printemps, dit M. Latreille, annonçant parleur reproduction le renouvellement de la nature, singuliers par cet instinct qui leur apprend à réunir les molécules de divers excrémens en nianière de corps sphériqueselqui doivent renfermer les germes de leur race, occupes sans cesse, comme le sisyphe de la mythologie , à faire rouler ces

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coi-ps, distingués «Tes autres insectes par quelques formes particulières , ces animaux purent offrir aux prêtres égyptiens 1 emblème des Iravaux d'Osiris ou du soleil j leur effigie fut multipliée de mille manières.

11 ne suffisait pas à la superstition que celle effigie se trouvât dans tous les temples , sur les bas-reliefs et les chapitaux des colonnes , sur les obélisques , et qu'elle exerçât le talent du statuaire, ele exigeait encore qu'elle fût gravée, avec d'autres hiéroglypbes, sur des pierres de diverses natures et façonnées en manière de médaillons; sur des Cornalines taillées en demiperles, percées dans toute la longueur de leur axe et propres à composer des colliers , ainsi que des anneaux servant de cachet. L'image de ce dieu tulélaire suivait partout les Egyptiens , et descendait même avec eux dans la tombe.

Les onites habitent particulièrement l'Europe méridionale et l'Afrique.

Les trox ont les mêmes habitudes que les genres précédens , on les trouve dans les champs sablonneux, ils sont presque toujours couverts de poussière blanche ce qui ne permet guère de les apercevoir, c'est un moyen que la nature leur a accordé pour tromper la voracité de leurs ennemis.

Les hannetons ne sont que trop connus par

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les ddgats qu'ils causent dans nos campagnes; leur manière de vivre diffère des aulres lamellicornes , ces insecles vivent pariiculièrement sur les arbres dont ils détruisent rapidement les feuilles. Le hanneton de la vigne , dépouille la vigne , attaque le saule , le peuplier et la plupart des arbres fruitiers. L'espèce la plus commune , le hanneton vulgaire exerce les plus grands ravages, sa larve ronge les racines de tous les arbres et Tinsecle dans l'élat parfait les attaqua tous indistinctement dans leurs fouilles.

Ces insectes sont immobiles la plus grande partie de la journée , mais le soir ils volent en bourdonnant d'un arbre à un autre , et les mâles poursuivent les femelles. Ils ne vivent que très peu de temps ; une semaine est pour eux toute leur vie ; l'espèce ne se montre guère que pendant un mois. L'accouplement est à peine achevé que le mâle languit et périt bientôt après: les femelles fécondées creusent en terre , à l'aide de leurs pattes de devant , armées de très fortes dents un peu crochues , un trou d'un demi-pied de profondeur, dans lequel elles déposent leurs œufs les uus à côlé des autres; elle survit rarement plus de deux jours à celte opération.

Les hannetons servct)t de pâîure à un grand nombre d'oiseaux, aux coqs d'Inde , aux poules, aux hibous : les rats, les blaireaux, la be-

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lette, la fouine ei autres mammifères congénères en font périr beaucoup. Une espèce de carabe, nommée vulgairement le c>inaigr/'er, en détruit à elle seule peut-être plus que tous les autres animaux enseaible; car cet insecte attaque et détruit les femelles au moment où elles vont déposer leurs œufs dans la terre.

Les cétoines vivent sur les (leurs composées, sur les saules , les peupliers , les haies ; elles ne se nourrissent que du nectar des fleurs et de la poussière des étamines ; ils ne faut donc pas les confondre avec les hannetons.

Les larves vivent dans la terre grasse et humide , dans le terreau , daiis les terres argileuses; elles s'en nourrissent ainsi que de débris de végétaux et quelquefois aussi de racines. Eille restent jusqu'à quatre ans dans l'état de larve , à la fin de l' hiver elles s'enfoncent à la profondeur de deux ou trois pieds dans la terre, où elles se pratiquent une loge pour se garantir du froid; elles passent toute la mauvaise saison sans prendre la moindre nourriture.

Les trichies ont les .mêmes habitudes que les cétoines.

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