‹ L'entomologieChapitre 33 sur 145 · VINGT-UNIÈME FAMILLE · texte numérisé non relu

VINGT-UNIÈME FAMILLE

LES HERBIVORES OU PHYTOPUAGES. PL 3. fig. 7.

Caract. Antennes filiformes , longues , à articles arrondis, corps bombé.

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Celte famille nombreuse se partage en deux groupes : les genres dont les antennes sont toutà-fait en fil , et ceux dans lesquels l'extrémité libre des antennes est un peu plus grosse ; les caractères sont d'ailleurs très distincts.

Genres. Donacie , criocère , liispe , helode , lupère , galéruque, gribouri, clylhre, altise , chrysomèle, eumolpe, alurne , érofyle , casside.

Linnœus avait compris tous les insectes de cette famille dans le genre chrysomèle. lis offrent une grande ressemblance dans les mœurs et dans l'organisation. Ils vivent tous sur les fleurs et sur les plantes.

Les donacies sont des insectes peu nombreux et en général revêtus de couleurs très brillantes. On les trouve sur les plantes aquatiques, particulièrement sur l'iris et le roseau, leurs larves qui ne sont pas connues vivent probablement dans la tige de ces plantes.

Les criocères sont ornés de couleurs assez belles ; ils font entendre quand on les prend un bruit qui est produit par le frottement de la tête ou du cou contre les parois intérieures du corselet. C'est le même bruit que font entendre les insectes de la famille de xylophages.

On les trouve sur les fleurs où ils s'accouplent peu de temps après leur dernière métamorphose. Leur accouplement dure quelquefois un jour entier. La femelle pond huit à dix

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oeufs qu'elle dépose sous les feuilles après leâ y avoir collés et enduils d'une liqueur visqueuse. Quinze jours après les larves éclosent, et dès qu'elles peuvent faire usage de leurs pattes , elles se mettent en marche , les unes à côté des autres, comme les chenilles cginmunes, et ont la tête sur une même ligne. Ces larves sont courtes, grosses; leur corps est mou, couvert d'un« peau assez fine. Nous avons déjà parlé de la singulière habitude qu'à cette larve de se recouvrir de ses excrémens ; son anus est disposé de telle manière que les excrémens en sortant ne peuvent prendre d'autre direction que de remonter sur le corps de l'insecte. Ce moyen qui les rend dégoùlans pour les oiseaux qui en seraient friands, les préserve encore de l'ardeur du soleil qui les aurait desséchés si leur peau molle et délicate y eût été exposée à nu. Ils peuvent d'ailleurs s'en débarrasser à volonté , ces excrémens ne leur étant point adhérens.

Les hispes sont peu nombreux; toutes les espèces sont remarquables par des épines dont elles sont hérissées. On les trouve sur les graminées.

Les lupères sont de petits insectes dont la démarche est lente et triste , ils vivent sur l'orme et quelques autres arbres.

Les galéruques habitent les arbres et les

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plantes dont elles mangent les feuilles. 11 y en a trois espèces en France qui se trouvent sur l'orme, la tanaisie et le nénuphar dont ils prennent le nom. Les larves vivent sur les mêmes plantes que l'insecte parfait. La galéruque de l'orme paraît au printemps en si grande quantité que les feuilles de forme en sont souvent presque entièrement couvertes et criblées.

Les gribouris sont de petits insectes , courts, ramassés ; ils marchent lentement ; leur tête est enfoncée sous leur corselet; quand ils sont effrayés , ils replient leurs pattes et leurs antennes , cachent entièrement leur tête sous le corselet, et se laissent tomber en imitant le mort. Ils sont pour la plupart revêtus de couleurs assez brillantes. Les gribouris se nourrissent des jeunes pousses des plantes qu'ils détruisent. Le tort qu'ils font est très considérable.

Les clytres ressemblent beaucoup aux gribouris , ils en diffèrent par leurs antennes courtes et en scie : leurs habitudes sont d'ailleurs absolument les mêmes.

Les altises sont de très petits insectes , les plus grands d'Europe n'atteignent pas deux lignes de longueur; les espèces exotiques en ont à peine trois. Elles ressemblent beaucoup aux chrysomèles, mais elles s'en distinguent par leurs cuisses postérieures qui sont très renflées et qui les rendent propres à sauter. On les trouve

au prînlemps sur les plantes potagères et sur quelques espèces de saule ; elles en criblent et en rongent les feuilles. Les femelles déposent leurs œufs sur la plante où vit la larve et linsecte parfait, dans quelques espèces les larves vivent réunies et comme en société. Lorsqu'elles se changent en nymphe, elles se suspendent sur la feuille où elles ont vécu au moyen d'un mamelon situé à 1 extrémité de leur corps. Dans cette position elles quittent leur peau qui se fend dans toute sa longueur; elles la font ensuite glisser jusqu'auprès du mamelon qui soutient la nymphe. L'insecte paraît quinze ou vingt jours après sous sa dernière forme.

Les chrysomèles sont ordinairement revêtues de couleurs très brillantes, chrysomèles Xfucci'u.r,Xov veut dire boule ou pomme (For. Leur forme est hémisphérique. Elles vivent sur les arbres et sur les plantes. Les espèces en sont très nombreuses, quelques unes s'attachent de préférence à certaines familles de plantes. Elles offrent dans leurs métamorphoses les mêmes habitudes que les altises.

Les euiuolpes ressemblent beaucoup aux gribouris et font encore plus de ravage. L'euniolpe de la vigne est le fléau des vignobles. Sa larve paraît au printemps sur la vigne, dont elle ronge les feuilles , les jeunes pousses et même la grappe , lorsqu'elle commence à se

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développer. Ces insectes sont la plupart très beaux.

Les alurnes et les érotyles sont des genres exotiques. Les cassides sont des insectes singuliers par leur forme qui ressemble à celle des tortues. Leur corselet et leurs elytres ont les rebords très grands qui recouvrent entièrement leur tète et leur corps. Ces insectes sont ordinairement recouverts de couleurs brillantes pendant Içur vie. Ces couleurs disparaissent à la mort de l'animal; mais on peut les faire reparaître en le plongeant dans l'eau bouillante.

Les cassides marchent difficilement et font rarement usage de leurs ailes. Elles vivent sur les piaules.

Les larves des cassides se recouvrent de leurs excrémens, comme hs criocères, mais p,>r un autre mécanisme. Elles ont à l'exiréniité du corps une queue ou deux appendices écailleuses, coniques, terminées en pointe, garnis du côté extérieur d épines courtes, depuis leur origine jusqu'à une certaine longueur. Ces deux appendices forment une espèce de fourche ou de longue pince ouverte qui se recourbe sur le corps de l'insecte ; l'anus se trouve placé entre les deux branches , sur un mamelon conique que la larve élève à son gré ; lorsqu'elle rejette ses excrémens , ils tombent sur les brandies

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de la fourche qui soni inclinées et glissent snr toulc leur loiigaeur. Quand il s'en amoncelé une trop grande quanlilé à l'origine de la queue^ l'anus les pousse el les fail aller plus loin : peut-être que les anneaux et les épines des branches agissent dans celte opération. Peu à peu les excréinens s'accumulent, s'empiient sur la fourche, se collent les uns contre les autres ; alors ils sont poussés jusqu'à son extrémité : ils y sont retenus par ceux qui les touchent, et ils forment insensiblement un toit sous lequel la larve est à l'abri de riulenipérie de l'air. Dans quelques espèces la femelle meurt sur les œufs qu'elle vient de paudre , afin que son corps leur serve de défense.

LES TRIMÉRÉS.

\ INGÏ-^DEUXIÈME ET VINGT-TROI- SIÈME EAMILLE.

I,ES TRYDACTYLES OU BIMÉRÈS. PL 3. fig. 8.

Caract. Trois articles à tous les tarses.

Ces insectes forment un seul groupe. Il comprend de très petits insectes en général , dont les caractères sont tirés de la forme des antennes et du corselet.

Genres. Dasycère , endomique, eumorphe,

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scymne , coccinelle , psélaphe , chennic , clavigèrc.

Nous ne parlerons que des coccinelles, les autres genres de ces deux familles élant exotiques ou très rares, et les mœurs des espèces en ayant été peu observées.

l^es coccinelles se distinguent très facilement h leur corps parhilement hémisphérique, à leur corselet beaucoup plus court que large , à leurs palpes maxillaires, qui sont très grands et terminés par un article en forme de hache, et surpassant de beaucoup les autres en dimension.

Les coccinelles sont très communes , on en compte un grand nombre d'espèces qu'il est très difficile, pour ne pas dire impossible , de bien déterminer. Les individus ne diffèrent souvent entre eux que par les couleurs plus ou moins intenses ou par le nombre plus ou moins er-^nd des points ou taches qui recouvrent les éiylres. La forme du corps est d'ailleurs presque toujours uniforme.

l^es corcinelles sont connues vulgairement sous le nom de l/éte à Dieu , vache à Dieu, hête il la Vierge^ elles sont jolies. Elles vivent sur les plantes. Elles ne marchent pas vîîe, mais elles volent avec facilité. Les coccinelles se nourrissent de pucerons do:it elles détruisent une grande quantité, enfin les rcncontre-t-on tou-

iSo ENToaroLcr.iE,

jours sur les plantes qui en sont infectées; Il

faut donc bien segarderdc détruire ces insectes.

Les larves se nourrissent de pucerons, comme les insectes parfaits. Klles s'en saisissCiit avec les pattes de devant, et elles les portent ainsi à leur bouche pour les manger; elles les tiennent alors fixées au moyen de deux grands barbillons. Elles ne s'épargnent pas même les unes les autres et s'cntremangent quand elles le peuvent. Pour se transformer en nymphe, elles s'attachent sur les feuilles , sur les branches avec le mamelon charnu du derrière , d'où elles font sortir une liqueur gluante qui les colle coî- Ire le plan de position. Peu à peu le corps se raccourcit , et au bout de deux ou trois jours, elles se défont de leur peau et paraissent sous la forme de nymphe ; elles font glisser la peau peu à peu vers le derrière , où elle se ramasse en peleton , dans lequel la nymphe reste engagée par le bout du corps. Les coccinelles quittent l'enveloppe de nymphe au bout de cinq ou six jours, elles restent quelquefois bien plus long-temps dans cet élat. JNouvellement parvenues à l'élat parfait , leurs élytres sont mous et sans couleur prononcée ; mais peu a peu ils se durcissent et les taches commencent à paraître.

Quand on touche les coccinelles , elles font sortir du bout des cuisses une pe'.ilc goutte de

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liqueur jaune, niucilagiueuse , d'une odeur pénélranfe, très forte et puante, sans qu'on puisse savoir de quel endroit elle sort , parcequ'on n'aperçoit aucune ouverture à ces par-

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