SCÈNE VU
Les Mêmes, MIDDLETOX.
charles ii.
Entrez hardiment, monsieur, puisque je sais d'avance que vous n'avez que de mauvaises nouvelles à m'apporter.
Hélas I oui, sire.
Vous avez vu M. Monk, cependant? Vous lui avez parle à lui-mûme , comme je vous Pavais recommandé, n'est-ce pas?
MIDDLETON
J'ai vu M. Monk, je lui ai parlé à lui-même.
lia refusé mes offres?
SIIDDLETON.
Il n'a ni refusé ni accepté.
Mais, enfin, qu'a-t-il répondu?
MIDDLETON
Sire, permettez-moi -de ne point vous transmettre des paroles qui seraient des outrages, si un rebelle pouvait outrager son roi.
Mon cher Middlcton, je n'ai point tenu à connaître les paroles de M. de Mazarin; mais M. Monk, lui, est un homme supérieur, et il y a toujours un enseignement dans les paroles d'un homme supérieur, tiapportfz-moi donc les paroles de M. Monk, non-seulement sans en altérer le sens, mais sans y changer un mot, sans en distraire une syllabe.
MIDDLETON
Sire, je n'oserai jamais.
Je le veux; je fuis plus, je vous en prie.
Vous êtes mon maître, irire, je dois obéir à vos ordres. « Dites à celui que vous appelez le roi, que je ne relève de personne, étant le fils de mon épée. Rien, jusqu'ici d'ailleurs, ne le recommande à mon admiration, ne sollicite pour lui mon dévouement. 11 a livré des combats et les a .perdus... C'est donc un mauvais capitaine... »
LA UEINE.
Sire!...
(Elle se lève.) CHARLES II, lui saisissinl le poignet el s adressant à HiddlvloD.
Continuez...
MIDDLETO".
• « Il n'a réussi dans aucune négociation... C'est donc un mauvais diplomate.... »
LA REINE
Sire!