ACTE TROISIÈME C
*■ CUDDY
C'est vrai, monsieur, quoique ma mère m'ait toujours dit que ma grand'môre...
EVAN, 1 interrompant.
Allons, viens.
CUDDY
Comment, que je vienne?...
EVAN
Oui... Tu le vois bien... Je suis prêt. Sortons.
CUDDY
Je ferai observer très-humblement à Voire Honneur qu'il a soupe, et même très-bien soupe.
EVAN
C'est vrai; j'avais grand appétit.
CUDDY
Rien d'étonnant à cela : vous n'aviez rien pris depuis ce matin... Mais, moi, pendant que Votre Honneur soupait, je le servais... de sorte que, si Voire Honneur est rassasié, moi, j'ai toujours faim.
EVAN
C'est vrai, mon pauvre Cuddy, je l'avais oublié.
CUDDY
Alors, monsieur, vous êtes amoureux.
EVAN
Comment cela?
CUDDY
Le premier signe d'amour, c'est la perte de la mémoire.
EVAN, à liii-même.
En effet, mieux vaut peut-être que je sorte seul.
Oui, Votre Honneur, cela vaut beaucoup mieux.
EVAN
Seulement, attends-moi.
CUDDY
Comment attendrai-je monsieur? debout ou couché V
EVAK.
Debout, paresseux ! J'aurai probablement des ordres à vous donner à mon retour.
C'est très-bien. Je m'occuperai à ranger les effets de Votre Honneur.
EVAN
Range, Cuddy, range.
CUDDY, recondii^ant Eian,
Votre Honneur a la clef?
EVAN
Oui.
CUDDY
Que Votre Honneur ne s'expose pas surtout !
EVAN
Tu vois que, quand je m'expose, cela ne nous réussit pas mal.
CUDDY
Ma foi ! non.
EVAN
Au revoir, Cuddy.
CUDDY
Bonne chance. Votre Honneur.
(Evan sort par ia porte au premier plan, à gaacbe.|