ACTE CINQUIEME
EVA.N
Oui, sire... à mon grand regrel même...
EDITH
Taisez-vous !
LE ROI
C'est vous qui nous avez prévenus du coup de main que l'on tentait en faveur du général Lambert?
EVAN
Sire, je croyais parler à des amis.
EDITH
Taisez-vous !
LE ROI
Enfin, c'est vous qui avez consenti à revêtir ce costume et à passer pourmoi; à vous faire arrêter à ma place... et dans un moment où, à me rendre un pareil service, vous risquiez votre tête?...
EVAN
Sire, j'ai fait tout cela, c'est vrai ; mais je vous jure...
EDITH
Taisez-vous donc, pour l'amour de Dieu!
LE ROI
Messieurs, je vous le demande à tous... (a la Reine.) et à vous particulièrement, madame... que mérite un pareil dévouement?
LA REINE
Il a été illimité," sire ! Impossible de se dévouer plus aveuglément que ne l'a fait sir Evan... Que la récompense ellemême soit donc illimitée!
LE ROI
Vous avez entendu, sir Evan? Fixez vous-même votre récompense.
Comment! sire, vous me laissez le champ libre?
LE ROI
Entièrement.
EVAN
Je puis demander... ce que je voudrai ?...
LE ROI
Pourvu que ce que vous demandiez soit au pouvoir du roi.
EVAN
Eh ])ien, sire, je vous dirai que, depuis que j'ai mis le pied à Londres... j'ai été tourmenté par un démon qui s'est attaché cà mes pas, et m'a fait faire tout le contraire de ce que je voulais... par un lutin qui a passé à travers les murailles, les portes, les serrures, pour me faire renier ma foi, perdre l'esprit, risquermon âme... parunefée d'autant plus dangereuse, qu'elle est la plus spirituelle, la plus charmante, la plus adorable des femmes, th bien, sire, de ce démon, de ce lutin, de cette fée, de cette femme, je voudrais me venger, mais longuement, à mon loisir, à ma fantaisie. Sire, exigez d'elle qu'elle me prenne pour mari.
LE ROI, à Edith.
Vous avez entendu, miss Edith... Que dois-je faire?
EDITH
Sire... un roi n'a qu'une parole.
LE ROI
Ainsi, malgré de pareilles intentions?...
Sire, avec l'aide de Dieu, je tâcherai de nie défendre.