‹ L'Envers d'une conspirationChapitre 94 sur 95 · ACTE CINQUIEME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIEME

EVA.N

Oui, sire... à mon grand regrel même...

EDITH

Taisez-vous !

LE ROI

C'est vous qui nous avez prévenus du coup de main que l'on tentait en faveur du général Lambert?

EVAN

Sire, je croyais parler à des amis.

EDITH

Taisez-vous !

LE ROI

Enfin, c'est vous qui avez consenti à revêtir ce costume et à passer pourmoi; à vous faire arrêter à ma place... et dans un moment où, à me rendre un pareil service, vous risquiez votre tête?...

EVAN

Sire, j'ai fait tout cela, c'est vrai ; mais je vous jure...

EDITH

Taisez-vous donc, pour l'amour de Dieu!

LE ROI

Messieurs, je vous le demande à tous... (a la Reine.) et à vous particulièrement, madame... que mérite un pareil dévouement?

LA REINE

Il a été illimité," sire ! Impossible de se dévouer plus aveuglément que ne l'a fait sir Evan... Que la récompense ellemême soit donc illimitée!

LE ROI

Vous avez entendu, sir Evan? Fixez vous-même votre récompense.

Comment! sire, vous me laissez le champ libre?

LE ROI

Entièrement.

EVAN

Je puis demander... ce que je voudrai ?...

LE ROI

Pourvu que ce que vous demandiez soit au pouvoir du roi.

EVAN

Eh ])ien, sire, je vous dirai que, depuis que j'ai mis le pied à Londres... j'ai été tourmenté par un démon qui s'est attaché cà mes pas, et m'a fait faire tout le contraire de ce que je voulais... par un lutin qui a passé à travers les murailles, les portes, les serrures, pour me faire renier ma foi, perdre l'esprit, risquermon âme... parunefée d'autant plus dangereuse, qu'elle est la plus spirituelle, la plus charmante, la plus adorable des femmes, th bien, sire, de ce démon, de ce lutin, de cette fée, de cette femme, je voudrais me venger, mais longuement, à mon loisir, à ma fantaisie. Sire, exigez d'elle qu'elle me prenne pour mari.

LE ROI, à Edith.

Vous avez entendu, miss Edith... Que dois-je faire?

EDITH

Sire... un roi n'a qu'une parole.

LE ROI

Ainsi, malgré de pareilles intentions?...

Sire, avec l'aide de Dieu, je tâcherai de nie défendre.

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