SCENE V
JULIE, NOÉMIE
Julie va se rasseoir, prend son crochef, et fait courir s«!S do gis avec une activité fébrile.
NOÉMIE, di^bout au milieu de la chambre.
Je suis atterrée !
11 le faut I
JULIE
NOÉMIE
Hélas! je le sais... Tu lais bien, Julie. J'ai le cœur gros. Je me retiens pour ne pas pleurer... mais je t'approuve... Je te suivais... je comprenais Ce mort, partout! ... Tu ne l'avais pas vu mettre dans le cercueil, descendre dans la fosse... Pour toi, il vivait parmi nous... Mais pourquoi recommencer l'enfer du couvent ? Si tu essayais de te fixer à la campagne, justement à Belle- Fontaine, d'où nous venons... 11 y a un appartement de maîtres.
JULIE
Si je cherchais uniquement un refuge contre le souvenir d'Henri, cela se pourrait...
,0^i l'knv.ers d'un;-: sainte:
NOÉMIE
11 y a autre chose?
JULIE
Oui. Vous savez, tante, quand je commets un crime, c'est au couvent que je l'expie...
NOEM[E.
Il, j'avais un pressentiment!... Qu'est-il arrivé?..,
Rien d'irréparable... Le mal disparaît avec moi... Ne me questionnez pas... J'appartiens au couvent pour toujours... Penaant dix-huit ans, j'ai été un instrument aveugle entre les mains des supérieures ;. ma vertu —car j'avais de la vertu — était leur chef-d'œuvre... Je respirais, je parlais, je pensais avec la communauté... Je ne sais plus faire usage de ma volonté... La responsabilité m'alfole!
NOI^:miE, l'embrassant.
Pauvre Julie !... Ah s'il n'y avait pas l'autre vie!
Imprimerie de l'Ouest A. Kézan, Mayenr.e