‹ L'Envers de la gloire (volume 2)Chapitre 22 sur 29 · LE PEINTRE D ALFRED DE MUSSET · texte numérisé non relu

LE PEINTRE D ALFRED DE MUSSET

P. S. — J'ai reçu cette lettre qui renferme une observation assez piquante :

Paris, ce 25/7 1902.

Monsieur,

Dans votre très intéressante relation de la visite à Mme Lardin de Musset, vous citez un fragment inédit des manuscrits laissés par son frère, le Dialogue de ramant à l'amante.

Les dernières lignes : « En vertu de quelle force, etc. » ont éveillé un souvenir dans mon esprit. J'ai ouvert Rolla^ et à la page 25 de l'édition Charpentier, j'ai retrouvé les vers suivants :

J'aime! voilà le mot que la nature entière

Crie, etc

Oh ! vous le murmurez dans vos sphères sacrées,

Étoiles du matin, ce mot triste et charmant !

La plus faible de vous, quand Dieu vous a créées,

A voulu traverser les plaines éthérées,

Pour chercher le soleil, son immortel amant.

Elle s'est élancée au sein des nuits profondes;

Mais une autre l'aimait elle-même; — et les mondes

Se sont mis en voyage autour du firmament.

C'est non seulement la même pensée, mais on retrouve dans les vers le même mouvement, le même rythme et la reproduction littérale de plusieurs des expressions de la version en prose.

Le rapprochement m'a paru curieux, et vous m'excuserez de la liberté que je prends de vous le soumettre, car rien de ce qui touche à Alfred de Musset, à celui qui fut le dieu de la jeunesse de ceux qui ont aujourd'hui atteint la cinquantaine, ne nous est indifférent.

Veuillez agréer, monsieur, l'assurance de mes sentiments les meilleurs.

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