‹ L'envers de la gloire;Chapitre 27 sur 31 · SCENE VIII JANE, JORIS · texte numérisé non relu

SCENE VIII JANE, JORIS

JANE

Il est encore dans ses mauvais jours... Et vous monsieur Borluut, allez-vous être aimable?

JORIS

Cela dépend !... .

JANE

D'abord, mon portrait... vous y avez renoncé?

JORIS

Je vous aurais peinte si mal)... Je me suis défié de mes forces.

JANE

Vous vous êtes défié de moi... Pourtant, j'étais

très gentille dans votre atelier. Vous, vous aviez toujours l'air embarrassé l... comme maintenant encore.

JORIS

J'ai peur que Hughes ne vous entende. 11 ^st assez malheureux ! Vous savez bien qu'il a eu de grands chagrins.

JANE-

Tant pis!... Il m'ennuie. D'ailleurs, je ne sais pas pourquoi j'éprouve un certain plaisir à lui faire du mal.

JORIS

Vous devriez avoir pitié. Pourquoi n'êtes-vous pas meilleure avec lui ? Je croyais, moi, qu'il y avait dans toutes les femmes un fonds de miséricorde.

JANE

Vous ne connaissez pas les femmes, cher mon-

sieur! Quand elles trouvent un homme qui s'y prête, elles se vengent sur lui de tous les autres

JORIS

Vous êtes cruelle.

JANE-

Non, je suis femme. Et je le suis même vis-à-vis de vous, puisque je continue à vous accabler d'avances parce que vous me repoussez. Si vous vouliez, je ne voudrais plus... Je fais des expériences très drôles, n'est-ce pas ? Vous, surtout, vous êtes très drôle. Vous m'intéressez. Mais que dirait Hughes s'il savait que vous m'avez souvent reçue dans votre atelier, à son insu?

JORIS

De grâce, prenez garde... Sur un mot entendu, il pourrait croire que moi, aussi, j'ai pensé à le trahir !

JANE, avec rosserie.

Cela m'amuserait beaucoup, (on entend le bruit de

la porte qui va s'ouvrir.) Soyons hypocrites, maintenant...

Page 1