‹ L'Eosine en DermatologieChapitre 15 sur 18 · LA LÈPRE · texte numérisé non relu

LA LÈPRE

a) Les résultats obtenus par L. R. MouTEzL avec le bleu de méthylène et les indications données par Gordon Ryrie au sujet de l’éosine, incitent Dorolle et Ngo-Quang-Ly, médecin à l’hôpital de Cho-quan Cholon, à essayer d’une association de bleu-éosine dans le traitement de la lèpre, 1985.

1° Technique : ils emploient par voie intra-veineuse la solution suivante :

one à l’eau 1,50 ù Bleu de méthylène 0,50.

Eau 100 ce.

Cette solution est filtrée et SES 3 jours à 80° pendant 1 heure,

Doses : De 5 à 30 cc. par série, suivant la technique indiquée par Mourez, pour le bleu de méthylène.

2° Résultats : Ces auteurs présentent 30 observations de lèpres cutanées, et cutanéo-neurotrophiques.

Sur ces 30 cas, ils relèvent :

7 échecs complets 9 améliorations légères | 7 améliorations très marquées 23 améliorations 7 améliorations moyennes \ =

FUACT- re

Dans l’ensemble ils obtiennent une action très favorable à peu près constante sur les infiltrations, qui cèdent rapidement et sur les ulcérations.

Egalenienit les lépromes en nappe, ou nodulaires, sont presque constamment influencés. Ils observent des fontes complètes (disparition de 70 nodules au cou et au visage) dons une de leurs observations.

Sur les lésions maculeuses, érythémateuses, tuberculoïdes, l’action est moins constante, mais parfois remarquable.

D'autre part, l’action sur les algies est éclatante et reconnue par tous les malades qui retrouvent le sommeil et le repos.

Sur les hypertrophies nerveuses, les auteurs observent dans quelques cas les résultats remarquables. Dans un cas ils voient disparaître une griffe cubitale et s’atténuer une amyotrophie importante.

Ils écrivent les conclusions suivantes : « L’éosine-bleu a une action certaine sur la plupart des formes de lèpre et dans presque tous les cas exerce une action analgésique et eutrophique remarquable.

Son emploi amène un pourcentage important d’amélioration ruarquées, plus rapides et plus frappantes, semble-t-il qu’avec toute autre médication.

Il est indiqué d’associer cette action rapide et énergique, mais parfois peu durable, à celle plus lente et plus continue du Chaulmoogra, en pratiquant des traitements mixtes ».

8° Avantages : Pour ces mêmes auteurs cette association éosine-bleu présente certains avantages :

— son action est comparable à celle du bleu, aussi bien sur les lésions que sur l’état général et les algies.

son absence à peu près complète de coloration, n’est pas à dédaigner au point de vue social.

— sa toxicité est inférieure à celle du bleu pur.

La dose mortelle de bleu chez l’animal étant de 40 à 50 mmg. de colorant par kilo, la dose mortelle d’éosine-bleu est au moins de 450 mmg. par kilo (soit 112,5 mmg de bleu par kilo). L’animal supporte donc, grâce à l’association avec l’éosine, des doses de bleu qui, injectées seules, seraient près de 8- fois mortelles. C

LE Le

La dose de 30 ec. de la solution éosine bleu à 2 % injectée à un homme de 40 kgs, représente le 1/30 de la dose mortelle, la même dose de 30 ce. de bleu à 1 % représente dans les mémes conditions 1/6 dela dose mortelle.

Les auteurs préfèrent done l’éosine bleu, au bleu de méthylène, parce qu’elle colore moins le malade, et qu’elle est moins toxique expérimentalement.

b) A la même époque, des essais sont faits par Vu-Naoc- ANx à la léproserie de Van-Mon, mais avec une technique différente.

Ce médecin emploie l’éosine seule par voie intra-veineuse. Le malade reçoit 20 injections de 10 ec. d’éosine tous les deux jours et renouvelées après quelques jours de repos.

Les sujets sont choisis parmi ceux qui n’ont pas été améliorés spontanément pendant leur séjour à la léproserie, grâce aux bons soins et à la bonne nourriture.

Cet auteur conclut : « L’éosine à de sérieux avantages et c’est une arme des plus précieuses qu’il ne faut pas négliger mais on doit la manier avec discernement.

Si quelques malades réagissent bien sous l’influence du traitement, il y a des cas fréquents de lèpre résistante au bleu ou à l’éosine, comme il y a des paludismes quiniorésistants et des syphilis arsénorésistantes ».

c) Par contre le Dr ve REYMoNp, au Tonkin, à l’hôpital Remé Robin et à la léproserie de Qua Cam et le Dr DE FAJOLE, à la même léproserie, n’ont pas obtenu de résultats satisfaisants avec ces mêmes procédés. Ils constatent certaines améliorations temporaires, mais reprochent à la-méthode son manque d’action curative durable,

Page 1