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PSORIASIS. LEE a) Résultats

Le psoriasis est une des premières dermatoses soumises à

lexpérimentation de l’éosine. Les lésions sont badigeonnées, les unes après décapage à la vaseline salicylée, les autres sans décapage préalable.

En 1936, Gouceror et Drcos signalent que cinq de leurs malades en pleine poussée de psoriasis sur tout le corps sont ainsi traités, l’un est à sa première poussée, quatre sont atteints depuis plusieurs années de psoriasis évoluant par poussées de deux à trois mois et traités antérieurement par =)

& des réducteurs variés. Il est donc possible à ces auteurs de 4 comparer l’action de ceux-ci et de la solution alcoolique. ee DM d'éosme. * . : FREE = Ils en tirent les conclusions suivantes : « Sur les lésions non | décapées, les squames imprégnées de la solution alcoolique se É" détachent, les unes rapidement et spontanément en se recroquevillant, les autres après deux ou trois jours par friction. 5q Sur les lésions décapées préalablement, l’action du colorant. est plus rapide, car la squame fait écran et empêche la résorption en deux ou trois jours, le placard de psoriasis complètement nettoyé commence à s’éteindre, la peau devient souple et lisse conservant sa teinte rose.malgré le badigeonnage à > l’éosine du fait de l’absorption rapide du colorant par la lésion La en activité... En dix à quinze jours les lésions très étendues et anciennes peuvent être complètement blanchies ». De très nombreux psoriasis sont ainsi traités tant à Saint- Louis qu’à Broca. Si tous n’ont pas réagi d’une façon identiquement heureuse à l’éosine, beaucoup ont manifesté des améliorations très nettes, d’assez nombreux ont été complètement et rapidement blanchis.

Nous publions quelques observations qu’il nous a été permis de suivre, à Broca et à Saint-Louis dans le service DEGos.

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OBSERVATION I (Hôpital Saint-Louis)

M. l'Abbé R..., 57 ans, consulte à Saint-Louis le 14-10-1941 pour un psoriasis ancien des coudes, des genoux, du cuir che-

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ques

velu et des paumes des rain la He 1 remonte | à 1938. + ARR : s se

Le psoriasis des paumes dés mains est. TN pustuleux en 1940 et depuis reste pustuleux avec poussées.

Il à été traité antérieurement par l'huile de Cade, l'acide | salicylique à 10 %, la chrysarobine à 5 %. Pas de traitement é EE F On essaye l’éosine à l'alcool à 2 % en badigeon. Ée 12.12.41 très amélioré, on conseille 1 mois de repos et ensuite même ci traitement local. Revient en mars 1942, l'amélioration con- EE tinue. = | ; OBSERVATION II (Hôpital Broca)

=: Le jeune V... Claude, 6 ans, est amené pour un psoriasis apparu au début de novembre 1944, sur le tronc et les bras. Quelques éléments disséminés. Pas de nouvelles poussées depuis.

Son Le est mort tubereuleux, il est Abe one par sa mère, il n’a ni frère ni sœur.

Il a marché à deux ans, pas de retard intellectuel. Traité par l’éosine locale, il revient un mois plus tard, plu-

sieurs éléments ont disparu. Ceux qui subsistent ont diminué, le traitement continue.

OBSERVATION III (Hôpital Saint-Louis)

Le 17.10.1944, M. G... Emile, 48 ans, magasinier, consulte. pour un sporiasis avec des éléments infectés.

Le psoriasis est apparu à l’âge de 12 ans, localisé alors aux coudes, genoux, tibias, il a persisté jusqu’à l’âge de 28 ans. Depuis cet âge a complètement disparu.

En juillet 1944, nouvelle poussée, plus intense que les précédentes, localisation au dos, à la face, aux épaules, aux coudes, aux plis fessiers, cuisses et genoux.

Il présente en outre des lésions d’acné sur le dos et des lésions de dermatose médio-thoracique. On retrouve dans ses antécédents, une grand’tante atteinte de psoriasis.

Il a trois enfants, indemnes jusqu’à présent, à l’examen certaines plaques de ce psoriasis sont assez suintantes (plis lessiers, région sacrée), les lésions rétro-auriculaires sont

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ss aires. on voit V écosion de mette lésions pustuleuses

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Traité par PE à ARE à 2 et bains sa pérmanginate à 1 pour 10.000. Revient le 25 AèT 1944 :

Très grosse amélioration, nombreux éuente blanchis,

amélioration de ceux qui persistent, guérison des “lésions ; infectieuses. Ë

| OBSERVATION IV (Hôpital Saint-Louis)

Le 25.3.42, M* B... Augustine, 63 ans, consulte pour un psoriasis des mains, de la face et du cuir chevelu datant de plusieurs années.

A été traitée par piqûre de‘lait sans succès, mise depuis ile 18 janvier à amphomuth. La malade se déclare améliorée par ce traitement.

Le 29.1.43. La malade qui était restée sans psoriasis à la suite de son traitement, présente une récidive. Remise à lamphomuth.

Le 17.2.43. A la 2° piqûre de la série, actuelle poussée de psoriasis de tout le tronc. Quelques éléments à la face. On continue amphomuth.

Le 26.3.43. Vient de finir 15 amphomuth — lésions améliorées — arrêt 6 semaines, reprendre ensuite une série d’amphomuth.

Le 299.43. Les lésions ont augmenté depuis un mois, restant localisées aux poignets et aux coudes, n’envahissant plus le cuir chevelu, l’abdomen et la face.

Le 15.12.43. 15 amphomuth.

Le 8.3.44. Etat stationnaire. Peu de résultat.

Le 21.6.44. Même état. Amphomuth et vaseline au calomel localement à 10 %. |

Le 20.9.44. Poussée subaiguë surtout au niveau du dos des mains et des avants-bras. Eléments érythémato-squameux en taches de 5 à 10 mm. de diamètre. Sur le dos des mains et le bord cubital de l’avant-bras : larges placards, Pas de lésions sur le tronc, la face, le cuir chevelu.

Traitement : Kosine locale.

re is 11. 44. Amélioration. On continue onu | Le 7.3.45. Amélioration nette du psoriasis, dont Kane p

sistent quelques éléments Rois sur le dos se mains et au coude gauche. FA 22 £] LEA

Le traitement continue, | PRE UT

Ca

OBSERVATION V (Hôpital Broca)

[ s SSSR M. P... Jean, 33 ans, consulte le 28.38.45 pour un psoriasis | en plaques non modifié par le Psothanol.

ns Traitement : anaxéryl. Le” -12.4.45. Pas de modification après 15 jours d’ anaxéryl. Traitement : vaseline salicylée puis éosine.

8.545. Amélioration des placards. Quelques-uns sur le dos sont même complètement blanchis. Le traitement continue.

= b) Comparaison avec les autres réducteurs.

Gouceror et Decos s’expriment ainsi : « La comparaison des résultats obtenus par les applications d’éosine avec ceux obtenus par les réducteurs habituellement utilisés dans le psoriasis : acide chrysophanique, acide salicylique, huile de cade, etc. est à l’avantage de l’éosine.

L’éosine a paru dans la plupart des cas d’une efficacité supérieure aux préparations salicylées et cadiques.

Des malades traités lors des poussées antérieures par des bains et des onctions cadiques ont été, à poussée d’intensité égale, plus rapidement blanchis par l’éosine.

L’éosine a une efficacité au moins équivalente dans la plu-° part des cas à l’acide chrysophanique, sans en avoir les inconvénients d’intolérance locale ».

Nous sommes loin de vouloir faire de l’éosine le médicament spécifique du psoriasis, mais il vient judicieusement augmenter l’arsenal thérapeutique et c’est une arme de plus pour lutter contre cette affection tenace.

c) Deux techniques sont à retenir.

1 Badigeons par une solution d’éosine à l’alcool à 2 % tous les deux Jours; les jours intercalaires, onction avec un corps gras, vaseline ou cold cream.

Lo &

Best cette: étés que nous avons vu le plus couramment employée. aecie sr POS met IE

ainsi la lésion sous jacente d’absorber le colorant. Les squames se détachent abondamment et sont enlevées par le corps gras.

2° Soit onctions quotidiennes de vaseline ou de cold cream éosinés à 2 %.

Avec cette méthode le tés est souvent plus rapide, mais moins apparent tout d’abord.

Dans les deux méthodes, le malade prend si possible pour accentuer le décapage, des bains de carbonate de soude (125 gr.), pour un bain, deux à trois fois par semaine entre les applications d’éosine.

Il ne faut pas se contenter d’une série rapide de badigeons ou d’onctions locaux. Il est nécessaire, comme nous allons le voir plus loin, de poursuivre longtemps ce traitement, même À lorsque les lésions, complètement blanchies, semblent guéries. Enfin, à ce traitement local, il sera excellent d’associer un ____ régime alimentaire, sans aucun corps gras déjà préconisé par - Grurz. Ce régime sera suivi pendant plusieurs mois. GOUGE- % ROT et DEGos conseillent une cure de deux mois, deux fois par ‘# ‘an avant les changements de saisons.

; d) Critère de guérison.

1° On remarque fréquemment chez les psoriasiques traités 4 par l’éosine, un aspect particulier des placards :

La lésion squameuse en activité est colorée en rose vif, les squames empêchant la résorption du colorant et se teignant en rouge.

Si la lésion a été décapée auparavant, l’aire de la plaque | résorbe le colorant, mais fait remarquable, dans les deux cas, + existe en outre, un halo blanc de 5 à 10 mm. de large, débor- ; dant et entourant les placards visibles. $

Sur cette plaque décolorée qui tranche avec la peau saine avoisinante colorée en rose, l’éosine est donc résorbée.

La résorption du colorant comme l’ont montré GOUGEROT et Decos, témoigne d’une activité physiologique liée à un processus inflammatoire. Or, cliniquement, la peau y est normale,

4 OT A (RAM ip

Ïl est nécessaire de décaper FORTE es placards car 1 squames se teintent d’éosine, s’hypercolorent et empêchent

| des vaisseaux sanguins et lymphatiques.

le mettdee n’y iiéele aucune parakératose. Hisolieiieent $ il n’existe pas de parakératose, mais une simple dilatation.

Faut-il donc admettre, comme le pensent Cosconl pr Decos, une zone « anormale » cliniquement et histologiquement invisible,

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Ces auteurs signalent même une observation où un malade guéri d’un psoriasis en juin 1936, fait une nouvelle poussée en septembre 1937. Traité par l’éosine, l’aspect précédemment décrit se produit autour des nouvelles lésions, mais fait curieux, des zones correspondant exattement aux placards de

psoriasis guéris en 1936 et complètement disparus depuis, absorbent l’éosine elles aussi et apparaissent décolorées sur la peau voisine rouge, la biopsie ne montre cependant Ps trace

de parakératose.

2° GOUGEROT et DEcos soulèvent deux hypothèses. à

— ou bien la restitution ad intégrum n’avait pas été complète, il persistait une séquelle physiologiquement après 18 mois de guérison clinique, qu’on pourrait appeler postpsoriasis. "

— ou bien la zone de résorption correspond à des lésions naïissantes encore invisibles, lésions de pré-psoriasis si l’on veut.

Les deux hypothèses ne sont d’ailleurs pas incompatibles. On conçoit que la lésion psoriasique persiste invisible (postpsoriasis) pour récidiver (pré-psoriasis).

Ceci expliquerait les récidives après guérison clinique. C’est pourquoi 1l est nécessaire de poursuivre les badigeons très longtemps, jusqu’à disparition de la résorption de l’éosine par les lésions et leur périphérie.

La non résorption de l’éosine constitue donc le test biologique de guérison.

Le liseré blanc chrysophanique a, pour GOUGEROT et DEGos, la même explication. L’érythème dû à l’acide chrysophanique épargne la lésion de psoriasis et son pourtour, il n’existe que sur la peau ‘saine environnante. Selon ces auteurs, la lésion visible et le liseré périphérique qui marque la zone d’activité invisible de la lésion résorbent l’acide chrysophanique : cet acide résorbé ne peut donc irriter la peau. Au contraire,

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l'acide non résorbé par la peau plus éloignée, l’irrite et donne le halo rouge bien connu. Ils ont d’ailleurs pu constater que

le liseré de résorption de l’éosine se superposait exactement

au liseré chrysophanique, autour des lésions de psoriasis.

Dans les deux cas, on constate l’absence de liseré autour des placards anciens, et un liseré large autour des lésions récentes.

4 En marge de ces conclusions, il y a dans le phénomène

128 de résorption un moyen intéressant pour extérioriser une érup-

tion qui vient de disparaître ou pour révéler une dermatose invisible.

Et, en effet, GoucEeroT et DrGos signalent qu’en badigeonnant d’éosine une large région psoriasique chez deux malades ils virent se décolorer des zones arrondies où l’on ne voyait pas de médaillons psoriasiques et où le grattage ne révélait rien. ‘:

Nous avons observé, à Saint-Louis, le cas d’un jeune enfant d’une douzaine d’années, venu consulter, dans le service

- Decos, pour un prurit léger, mais diffus ; il fut badigeonné

d’éosine sur une partie du corps. La peau, d'apparence saine, résorba le colorant par plaques. Ce jeune garçon fut revu par la suite, il commençait une poussée de psoriasis sur les surfaces mêmes où s'était produite a résorption, son prurit avait disparu. Ce cas est intéressant et nous regrettons de n’avoir pu retrouver l’observation détaillée, le service ayant depuis lors été transféré de Saint-Louis à Broca.

e) Erythème brun séquelle.

Lorsque le psoriasis décapé est guéri, le colorant n'étant plus absorbé même au niveau de la périphérie des plaques, les anciennes taches présentent une teinte brune qui persiste encore quelques semaines, créant ainsi une légère marque inesthétique sur les régions découvertes.

GoucEroT et Decos ont signalé ce fait en 1938.

« Ces taches brunes, malgré leur apparence, ne sont pas pigmentées, elles sont dues à une vasodilatation, conséquence d’une congestion locale et relèvent du même mécanisme que les érythèmes actifs.

En effet :

Cliniquement — elles s’effacent complètement à la vitro

pression alors que les lnchee Pichon es non TT rs | : s’effacent pas, mais paraissent plus sombres qu’à la tamière < solaire. ir M SEE TR

nee OT D — fes ne contiennent pas de pigment dans l’épiderme et seulement de très rares chromatophores et Lt graines de pigment ocre, dans les couches dermiques.

La teinte brune disparaît à la friction énergique et au té (badigeon d’éther), elle reparaît quand la pression cesse, quand l’éther s’évapore. »

= : Etudiant plus à fond ces ee GOUGEROT et Drcos \4 distinguent quatre types histologiques.

1° Les premières visibles à la lumière solaire et pee noir Le: à la lumière de Wood. Elles s’effacent incomplètement à la vitro-pression qui laisse subsister une teinte rouge brun. Au # grattage elles donnent un trait blanc desmaquatif, prouvant : l’épaississement de l’épiderme.

Histologiquement on constate encore des lésions de psoriasis et la basale, par places, est riche en pigment.

C’est un psoriasis avec pigmentation.

2° Les secondes, visibles à la lumière solaire, s’effacent complètement à la vitro-pression sous cet éclairage.

Sous la lumière de Wood, par contre, elles s’effacent incomplètement ét partiellement sur le centre seulement.

— à la vitropression les lésions restent brun noir ou deviennent jaune clair.

— Aucun signe de psoriasis au grattage.

— histologiquement on constate des lésions très discrètes de psoriasis, un œdème papillaire important et des lésions capillaires témoignant d’une congestion locale.

— la basale est riche en pigment.

C’est un psoriasis cliniquement guéri mais avec quelques lésions résiduelles microscopiques et pigmentation inappréciable à la lumière solaire, nette à la lumière de Wood et indubitable à l’examen histologique.

3° Les troisièmes visibles à la lumière solaire, et d’un brun noir à la lumière de Wood, s’effacent à la vitropression sous ces deux éclairages,

histologiquement les lésions de psoriasis sont réduites au minimum. 2514 | . |

— Jes cellules basales sont dépourvues de pigment. nue fre est l'érythème brun par vasodilatation. |

AE

4° Les quatrièmes, enfin, ne sont révélées qu’à la lumière de Wood. Ce sont des taches invisibles au soleil, apparaissant | à la lumière de Wood sous l'aspect de taches café au lait clair.

= Ces taches s’effacent pour la plupart à la vitropression, quel- ques-unes cependant persistent légèrement.

— histologiquement, il n’existe aucune lésion de psoriasis, ni de parakératose.

: Il n’y a pas de pigment et en dehors d’un œdème papillaire et d’une dilatation vasculaire, la peau est normale.

La lumière de Wood constitue done un moyen intéressant, pour dépister un psoriasis latent et c’est là un second critère dë guérison à envisager, plus sensibe que celui de la non résorption, signalé plus haut.

Tout érythème brun détecté à la lumière de Wood mais Le s’effaçant à la vitropression sous cet éclairage est dû à une re vasodilatation seule et ne procède pas d’un psoriasis imparfai- ; : tement blanchi. Les lésions antérieures sont donc complètement guéries. Dans le cas contraire, si l’érythème ne s’efface pas, il faudrait persister dans le traitement.

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