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du montant des sommes épargnées ; en même temps, la quantité de biens intermédiaires s’est accrue, et cet accroissement, — c’est-à-dire l’allongement de la période de production, — aura eu pour résultat, lorsque les investissements seront parvenus à maturation, de diminuer le coût de production des biens de consommation. Alors que pendant la période d’attente correspondant à la maturation des investissements, l'épargne se traduit par une diminution de la consommation, à la fin de cette période, la quantité de biens de consommation produite s’accroît d’une manière permanente ; cette quantité additionnelle s’échange contre un revenu monétaire réduit grâce à la baisse des prix consécutive à la productivité des investissements réalisés par l’épargne. (3%) Aïnsi se réalise l’accumulation des richesses : l’accroissement du capital, correspondant à un taux continuellement maintenu, ou même accru, de l’épargne nette, aboutit à l’accroissement de la production et à la baisse régulière des prix.
L’épargne, dont nous avons essayé de décrire le mécanisme, est l’épargne investie, — l’épargne créatrice, décrite par M. Rist. Mais à moins d’imaginer une vitesse infinie de circulation de la monnaie (v. plus loin, p. 103), l'épargne créatrice est généralement précédée (et, nous le verrons, toujours accompagnée) de
(34) V. surtout F.-A. Hayek, The Paradox of Saving, Economica, Mai 1931, où sont discutées les principales erreurs des théories de la sous-consommation et de l'excès d’épargne.
Pépargne-réserve ; l’épargnant peut sans doute acheter directement un titre industriel en bourse, — auquel cas, le capital-argent passera directement {s’il s’agit d’une émission de capital neuf) aux mains de l’entreprise. Le phéncmène sera sensiblement le méême s’il s’agit d’argeat réinvesti par l'entrepreneur dans sa propre entreprise. Dans un cas comme dans Pautre, le montant de l’argent épargné s’offre immédiatement sur le marché des capitaux. — le volume de l’épargne est égal à celui de l'investissement. Mais lorsque lépargne-réserve s’accumule dans les banques, elle est ensuite utilisée par ces dernières en placements à plus ou moins long terme ; une grande partie de l’épargne est effectivement faite sous cette forme. Enr pareil cas, l’épargne-réserve est la première étape de l'épargne créatrice.
Cet « arrêt » de la monnaie épargnée avant sa pénétration dans la structure de la production peut alors amener un déséquilibre entre le montant de la monnaie épargnée et celui de la monnaie investie (ou plus exactement entre la quantité de monnaie épargnée par unité de temps et la quantité, par unité de temps, de paiements correspondant à des biens de production). En fait, nous verrons au chapitre suivant pourquoi le système bancaire constitue le facteur principal de ces déséquilibres. Mais, s’il n'apparaît sur le marché des capitaux aucune offre de capital monétaire supérieure à celle de la monnaie épargnée, le mécanisme que nous avons analysé ci-des-