‹ L'épidermolyse BulleuseChapitre 5 sur 26 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

C’est en janvier 1882 que Goldscheïder décrivit pour la première fois ! l'affection qui fait l’objet de cette étude. Son observation parut sous le nom de Tendance héréditaire à la formation de bulles. T1 s'agissait d’un soldat, dispensé du service militaire à cause de la réaction bizarre qu’il offrait aux moindres traumatismes : l’apparition de bulles.

L'année suivante, Wickham Legg publie deux cas de Pemphiqus congénital persistant, apportant deux éléments nouveaux dans la symptomatologie : les cicatrices consécutives aux bulles, les dystrophies unguéales.

Successivement, Valentin, en 1885, observe une dermatite bulleuse frappant quatre générations d’une même famille; la dénomination qu’il emploie résume sa conception pathogénique : il attribue la maladie à l’inflammation.

En 1886, Kôbner et Joseph ont publié presque en même temps une observation portant sur deux jeunes gens et leur mère, sous le nom de Tendance héréditaire à la formation de bulles, mais Kôbner ajoute comme sous-titre : Épidermolyse bulleuse, donnant comme cause aux lésions la diminution

4. Cependant, en 1879, Tilbury Fox avait publié deux cas un peu atypiques, mais qui peuvent rentrer dans le cadre de l’épidermolyse,

A0 de résistance des assises épidermiques {ir<spuis, épiderme; Ave, délier).

En 1888, elle fait son entrée, un peu timide, dans la science didactique grâce à Crocker qui lui fait une petite place dans un traité des maladies de la peau.

Dès lors, les observations se succèdent plus ou moins détaillées, apportant quelques faits nouveaux, sous des noms divers, [a fantaisie des auteurs se donnant libre cours devant la variabilité d’aspect des malades ou les conceptions différentes qu'ils ont. |

Handford (1888). — Pemphigus avec affection cicatricielle inusitée.

Vidal (1889). — Lésions trophiques d’origine congénitale à marche progressive.

Besnier (1889). — Ichtyose à poussée bulleuse.

Hallopeau (1890). — Dermatite bulleuse infantile avec cicatrices indélébiles; kystes épidermiques et manifestations buccales.

Brocq (1892). — Pemphigus successif à kystes épidermiques. |

Von Düring (1892). — Ichtyose avec éruption pemphigoïde.

Quinquaud (1893). — Cas de maladie bulleuse à kystes épidermiques développée dans le jeune âge.

Les observations sont accompagnées parfois de quelques notes brèves, mais peu à peu elles deviennent plus détaillées … ou sont incluses dans des mémoires qui essaient de mettre la question au point en variant les recherches cliniques et en tentant des classifications.

Citons les travaux d’Elliot (1895-1900); ceux d’Hallopeau (1896-1898-1903) ; d’Augagneur (1896-1897); les mémoires de Colombini (1900), de Bettmann (1901-1903); la thèse de Kablitz (1904), d’Orimm (1906), étudiant chacun un cas d’épidermolysis bullosa hereditaria ; le mémoire de Petrini-Galatz (1906) ; la thèse de Me Grandjean-Bayard (1906), défendant la théorie du professeur Brocq. Enfin, plus récemment, les observations de Cane (1909), de Malinowski (1910) ; les mémoires de

EP RueSs

Kaniky et Sutton (1910), d'Engman et Mook (1910), l’observation de Le Blaye (1911).

Les auteurs peuvent être groupés, suivant leurs opinions, en deux groupes :

Ceux qui admettent, avec Hallopeau, qu’il n’y a qu’une seule maladie, l’épidermolyse bulleuse, pouvant avoir des formes cliniques différentes ;

Ceux qui pensent, comme Brocq, qu’il y a deux entités morbides bien distinctes.

Nous nous rangeons avec les premiers à l'exemple de Colcott Fox, W. Beatty, Elliot, Wende, Crocker, Wolters et Kablitz, et nous allons tâcher de démontrer dans ce travail que notre opinion est raisonnée.

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