‹ L'Épididymite syphilitique tertiaireChapitre 17 sur 42 · SERA · texte numérisé non relu

SERA

fut dès lors certain qu’il était atteint d’affection syphilitique.

Nous rapporterons cette observation pour bien montrer qu’on ne doit pas se fier d’une façon absolue à l'efficacité d’un agent thérapeuthique seul. Nous ne savons pas comment le mercure et l’iodure de potassium agissent dans la syphilis, mais nous sommes certains de leur action utile dans la plupart des cas ; nous ne pouvons affirmer que l’un des deux convient mieux à la période secondaire, tandis que l’autre doit être réservé à la période tertiaire, et en ce cas, il nous paraît plus simple de les associer.

C'est donc le traitement mixte que nous instituerons dans le cas d’épididymite syphilitique tertiaire. Nous donnerons le protoiodure de mercure en pilules, de 2 à 10 centigrammes par jour, et l’iodure de potassium. Nous commencerons par 2 grammes, et nous porterons rapidement la dose à 4 gr. et 6 grammes par jour.

On surveillera naturellement l’état de la bouche, on prescrira des gargarismes au chlorate de potasse pour faciliter la salivation, et l’on fera prendre au malade les soins de propreté les plus minutieux : lavage des dents avec une brosse douce imprégnée de charbon, enlèvement du tartre, etc. Si la stomatite mercurielle se développait et devenait un obstacle à l’administration du mercure, il faudrait la cesser au moins pour un temps.

On peut remplacer les pilules de protoiodure de mercure par les irictions mercurielles, qui sont très efficaces, mais qui sont parfois difficiles à donner, à cause des soins de propreté minutieux qu’elles entraînent et des grands bains qu’elles exigent très souvent.

Nous ne saurions passer sous silence le traitement mixte, préconisé par M. le professeur Panas. Nous voulons parler

rat, NS

des injections d'huile au biodure d’hydrargyre. Ces injections donnent d'excellents résultats; elles ne sont point douloureuses ; elles sont très facilement supportées, ne provoquent pas la stomatite. En voici la formule :

Biiodure de mercure . . . .. 0 gr. 15 centigr. Huile d'olives stérilisée. . . . 30 centim. cubes.

Un centimètre cube renferme 5 milligrammes de biiodure. On fait une injection tous les deux jours. Cette injection ne sera nullement douloureuse, à condition d’être profonde, intramusculaire. La région fessière paraît la plus convenable pour être le siège de ces injections. Elles laissent après elles un très léger endolorissement, très supportable, et une petite induration qui disparait au bout de peu de temps.

Mais il ne suffit pas de traiter la localisation syphilitique de l’épididyme, il faut continuer ce traitement, alors même que l’épididymite aurait cédé, en vue de la maladie générale, qui, elle, ne guérira pas en quelques jours. C’est pendant des années que le malade devra se tenir sur ses gardes.

Le traitement local de l’épididymite tertiaire se réduit àa peu de chose. Si les douleurs sont très aiguës, si les bourses sont le siège d’une vive inflammation, il sera bon de les relever le plus possible, de les maintenir à l’aide d’une petite planchette. On pourra même faire localement des onctions d’onguent napolitain belladoné ; mais nous doutons que dans ce cas le traitement soit bien efficace. Le traitement mixte, immédiatement institué, et activement poussé, donnera de beaucoup meilleurs résultats. |

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