Comptes rendus de Bicëtre, 189o
resta le même. L'état général me parut amélioré. Mais les malades n'ayant pas été pesés avant et après, je ne puis dire s'il y eut augmentation de poids. Je crois que cette médication n'a aucune influence sur les accès.
MM. Clairet et Bosc rendent compte, dans les Annales de la Société de Biologie, mars 1896, de leurs injections sous-cutanées et ingestions alimentaires de la glande /utilitaire. Ils constatèrent une augmentation du nombre des attaques et des accès délirants spéciaux arrivant trois ou quatre jours après l'ingestion. Ils donnaient de la glande pituitaire de bœuf triturée dans de la glycérine, à la dose de 1 à 4 glandes par jour.
Sachant que les malades atteints de goitre exophtalmique ont souvent des convulsions, et ayant remarqué que les animaux auxquels on enlevait la glande thyroïde en avaient aussi, on en a déduit que ces accidents épileptiformes étaient sous la dépendance d'une lésion thyroïdienne. Partant de ce principe, on essaya le traitement thyroïdien chez les épileptiques. Les résultats annoncés ont été contradictoires et en général non favorables. Les uns font des injections de thyroïdine, les autres donnent des glandes thyroïdes en alimentation. J'ai donné aux deux enfants Rou... et Bert... de l'alimentation thyroïdienne, 2 grammes par jour de glande thyroïde fraîche de mouton avec un peu de confiture, au moment des repas, et je ne vis aucune modification dans les accès. J'ai produit, au bout de douze jours,
chez Rou..., de l'accélération du pouls et de la rougeur de la face. J'ai suspendu le traitement, puis je l'ai repris pendant trois semaines et cette fois-ci encore je n'ai rico constaté au point de vue des accès. Chez l'autre malade, je n'ai rien signalé d'anormal.
La théorie infectieuse de l'épilepsie devait nous conduire à l'essai de cette thérapeutique par injection de suc glandulaire. Mais quelle est la glande chargée, dans l'économie, de détruire les toxines convulsivantes? C'est ce que nous ne savons pas encore. Le fait de trouver à l'autopsie des épileptiques des glandes pituitaires grosses et indurées me portait à penser que cette glande jouait un rôle dans la circulation encéphalique, un rôle physique ou chimique. Aussi j'avais l'intention d'essayer le suc de cette glande dans le traitement de l'épilepsie, quand j'eus connaissance des expériences de MM. Mairet et Bosc. Ils ne sont nullement encourageants, et je m'abstins.
Le suc rénal employé par Bra en injections souscutanées fut de nouveau essayé par Mairet et Bosc, et ces auteurs constatèrent son inefficacité absolue, et même sa nocivité, car les attaques convulsives augmentèrent '.
Jusqu'à ce moment donc, aucun liquide de l'économie n'a produit de résultats heureux. En sera-t-il toujours
1. .Mairet et Bosc, Annules de la Société de Biologie, 28 mars 1896.
ainsi? Nous avons encore un champ d'expériences très vaste à exploiter de ce côté-là: il ne faut pas se décourager.
Frappé de l'inconstance et du peu d'efficacité de tous ces médicaments dans l'épilepsie générale, frappé aussi de la fréquence et de l'intensité de l'état gastrique accompagnant l'administration du bromure de potassium, qui paraît entretenir cet état gastrique, j'ai supprimé chez un certain groupe de malades (femmes) le bromure de potassium qu'elles prenaient depuis plusieurs années et je leur ai donné du lait et du naphtol seulement pendant une période de six mois, et d'après ce tableau, que j'ai déjà publié dans les Archives de Neurologie, n° 102, vous verrez que les accès furent diminués dans les premiers jours qui suivirent le changement de traitement (ce qui arrive presque toujours quel que soit le traitement employé) et qu'aucun état de mal ne se déclara. Au bout de ce temps je repris le traitement bromure.
Boul..., cinquante-trois ans. Kpileptique.
Janvier .
Février. .
BROMURE
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Vertiges
AU
Juillet
Septembre . . .
Novembre. . . .