Bowetl, Th. de Paris
20. Saundly, On lhe albuminuria of Epilepsy (Med. Times and Gaz., 1882).
21. Jules Voisin et Péron, De l'albuminurie post-paroxystique, Archives de Neurologie, n° 69.
1° L’albuminurie post-paroxystique existe dans la moitié des cas;
2n Elle se rencontre dans tous les modes d’épilepsie;
3° L’état de mal épileptique paraît toujours accompagné d’albumine;
4° L’albuminurie est constante chez les mêmes malades, mais elle est très fugace et très variable en quantité. Elle se montre surtout dans les deux premières heures qui suivent l’accès convulsif et elle paraît avoir un rapport constant avec la congestion de la face.
En même temps que nous recherchâmes la présence de l’albumine des urines aux périodes paroxystiques, nous étudiâmes leur toxicité. Ces recherches sont tout au long reproduites dans les archives de neurologie. MM. Denys et Chouppe, Féré nous précédèrent dans ces recherches et leur résultat est différent du nôtre. Cela tient, je pense, comme je l’ai dit plus haut, à ce que ces messieurs n’avaient pas la même conception de la série que nous. Leurs expériences n'ont pas porté plusieurs fois sur le même sujet, et pendant plusieurs jours de suite. Et puis les urines qu’ils employaient n’étaient pas les urines des 24 heures. Il est très difficile d’avoir les urines des 24 heures d’une malade épileptique. Pour cela il faut un personnel dévoué, s’entourer de beaucoup de précautions, installer une sonde a demeure et avoir soin, avant chaque selle, de sonder la malade. Malgré toutes ces précautions et la bonne
SYMPTOMATOLOGIE
volonté du personnel on arrive quelquefois à ne pas obtenir les urines de toute la journée et de toute la nuit. Il peut se faire, en effet, qu’une malade perde ses urines pendant un accès convulsif. Non seulement l’impossibilité où l’on est dans certains cas d’avoir les urines des vingt-quatre heures, mais encore le mode opératoire et l’animal, sujet de nos expérimentations, sont des causes d’erreur.
En effet la discussion que nous avons eue au Congrès de la Rochelle, en 1893, sur ce sujet nous a montré que tous nous n’expérimentions pas de la même façon et que nous ne prenions pas tous les mêmes précautions. Dans ces genres d’expériences il faut adopter un manuel opératoire toujours le même et prendre toujours les animaux dans les mêmes conditions. J’ai repris, avec M. Petit, les expériences que j’avais faites d’abord avec M. Péron 1 , et j’ai obtenu le même résultat. Voici les conclusions auxquelles nous sommes arrivés : il y a hypotoxicité urinaire avant et pendant les accès et hypertoxicité à la suite des accès, c’est-à-dire véritable élimination de toxines après les accès. Ces résultats ont été trouvés également chez les épileptiques hémiplégiques devenus épileptiques généraux. Cette toxicité urinaire est toujours en sens inverse des troubles de l’appareil digestif, puisque l’hypotoxicité apparaît lorsque
1. Archives de Neurologie, De l’intoxication dans l'épilepsie , nns 98 à 102.
ces troubles se manifestent, tandis que leur disparition accompagne l’hypertoxicité. Cette toxicité urinaire, comme les troubles gastriques, permet de déterminer les accès en série lorsqu’il y a des intervalles de vingtquatre heures ou quarante- huit heures sans accidents. En effet, l’urine des vingt-quatre heures, recueillie pendant cet intervalle, reste hypotoxique et l’hypertoxicité ne se manifeste que lorsque la série est réellement achevée.
Nous avons fait à plusieurs reprises doser les principaux éléments de l’urine émise dans vingt-quatre heures, en dehors des accès et pendant les accès, par M. Oliviero, interne en pharmacie. Voici les résultats de ces analyses qui sont publiés dans les Archives de neurologie, 4895, et que nous reproduisons avec les réflexions qu’elles ont suscitées.
Raid., vingt-deux ans; épilepsie. Analyse de l’urine des vingt-quatre heures après les accès.
Volume, Uoû grammes. Couleur jaune ambré. Aspect trouble et sale. Dépôt peu abondant. Odeur ammoniacale accentuée. Consistance fluide. Uéaction faiblement acide. Densité, 1018.
l'AR LITRE PAR21hEURES
Urée
Grammes.
Grammes.
Phosphates alcalins
— terreux
Acide phospb. total
Chlorure de sodium
Albumine
Sucre
lelques leucocytes; hématies
décolorées
et déformées,
bules gras. Cellules épithéliales.
SYMPTOMATOLOGIE
Foui..., vingt et un ans; épilepsie. Analyse de l’urine des vingt-quatre heures après les accès.
Volume, 1450 grammes. Couleur jaune ambré. Aspect trouble et sale. Dépôt peu abondant. Odeur ammoniacale accentuée. Consistance fluide. Réaction à peine acide. Densité, 1016.
PAR LITRE PAR ‘24 HEURES Grammes. Grammes.
Uree 13,0 13,85
Phosphates alcalins
terreux...
Acide phosp. total
Chlorure de sodium...
Albumine
Sucre
Leucocytes assez nombreux. Hématies peu colorées. Quelques cellules épithéliales. Grains d’amidon.
Observation de J/or..., épileptique.