‹ L'épilepsieChapitre 39 sur 74 · Comberale et Bué, loco cit · texte numérisé non relu

Comberale et Bué, loco cit

atteints de mal épileptique, nous prouvent que, dans beaucoup de cas, les accès épileptiques reconnaissent pour cause l’infection ou l’auto-infection de l’individu.

Chez les scarlatineux atteints d’albuminurie, vous voyez aussi des attaques éclamptiques semblables à celles de l’épilepsie. On n’arrive au diagnostic différentiel que par les commémoratifs, l’examen des urines, et l’absence d’élévation de température. Ici, comme dans le cas précédent, la prédisposition héréditaire joue le principal rôle : mais nous ne nions pas que l’état du sang à lui seul puisse provoquer ces accidents.

Les accès complets de l’épilepsie peuvent encore être confondus avec les attaques épileptiformes de l' alcoolisme aigu , subaigu ou chronique et avec les autres infections telles que le saturnisme et la syphilis. Nous avons vu, en parlant des symptômes, que nos malades en rentrant de permission étaient plus fréquemment atteints de crises comitiales que lorsqu’ils restaient à l’hospice, et nous avons dit que les écarts de régime Qt surtout les excès de boissons étaient pour une grande part dans ces manifestations. 11 faut donc, quand on est en présence d’un alcoolique présentant des accès convulsifs, faire la part de ce qui revient à l’hérédité et de ce qui revient au poison lui-même.

h' alcool, le plomb , la syphilis éveillent les diathèses hystériques et épileptiques et donnent lieu à de véritables crises hystériques ou épileptiques; dans certains

DIAGNOSTIC

cas le poison seul, par sa présence, occasionne des troubles nerveux, mais aussitôt que la cause déterminante est supprimée, tout rentre dans l’ordre et ces manifestations ne se reproduisent plus. L’abstinence sera donc la pierre de touche dans ce cas.

Après les crises convulsives dues à Yalcool, on voit certains individus, comme à la suite de convulsions épileptiques, se livrer à des voies de fait et présenter un délire furieux. Le malade, comme dans l’épilepsie, a des hallucinations terrifiantes et, dans certains cas, il se livre à des combats contre ses ennemis imaginaires et peut tuer les personnes qui s’opposent à ses manifestations dangereuses. D’après Legrand du Saillie et Lasègue, le malade ne s’acharne pas comme l’épileptique ordinaire sur sa victime. Il ne la transperce pas de plusieurs coups mortels et, à son réveil, il ne présente pas l’oubli complet de tout ce qui s’est passé. Il se rappelle quelques détails, sinon tous, et d’un autre côté il ne reste pas indifférent devant sa victime comme l’épileptique. Il n’a pas, comme lui, le cœur sec. En examinant avec soin ce malade, on remarquera en outre qu’il a du tremblement des membres et de la langue et on verra qu’il présente presque toutes les nuits des cauchemars.

Un saturnin présente aussi des accès convulsifs tout à fait semblables à ceux d’un épileptique, mais scs accès se sont présentés seulement depuis qu’il exerce sa pro-

fession el souvent après avoir éprouvé auparavant des coliques sèches et quelquefois des paralysies des muscles extenseurs de la main, avec un certain degré de tremblement. Si vous examinez le malade vous trouverez en outre qu’il présente un liseré gingival, un foie congestionné et de la céphalalgie plus ou moins intense qui, parfois, revêt une forme grave et qu'on décrit sous le nom d’encéphalopathie saturnine. Les urines en même temps sont souvent albumineuses (Ollivier) et présentent du plomb. Enlin le malade a un teint jaunâtre particulier, plombique, qui est l’indice de l’anémie saturnine.

Parmi les maladies infectieuses la syphilis est celle qui provoque le plus souvent des accidents épileptiformes. Ces derniers sont précédés le plus souvent de céphalée intense nocturne empêchant le sommeil, et de douleurs rhumatoïdes dans les membres. Le malade présente en outre un aspect anémique particulier avec des palpitations nerveuses, signe infaillible d’une infection profonde. L'attaque convulsive est en tout semblable à une attaque épileptique ordinaire. Le cri initial fait seulement défaut, mais nous savons que ce cri ne fait pas fatalement cortège de l'accès épileptique. 11 faut cependant en tenir compte.

Quelquefois l’attaque d’origine syphilitique, au lieu d'être franchement générale, peut se présenter sous forme partielle, monoplégique ou hémiplégique. Cette

DIAGNOSTIC

modalité a une grande importance. Elle servira au

C’est dans la seconde ou la troisième période que ces accidents épileptiques arrivent. Fournier a spécialement attiré l’attention sur ceux qui se développent dans la deuxième période; ceux de la troisième période sont connus depuis longtemps et sont en rapport avec une gomme ou une exostose et le diagnostic, dans ce cas, doit être discuté avec la tumeur cérébrale.

Ces accidents épileptiques de la deuxième période de la syphilis sont quelquefois la première manifestation de la syphilis. Le professeur Fournier 1 signale ce fait et en fait ressortir toute l’importance. Il rapporte plusieurs exemples où ces symptômes seuls existaient sans aucune autre manifestation syphilitique. Le traitement ioduré a servi dans ces cas de pierre de touche. Donc quand chez un adulte indemne de tare nerveuse vous voyez des accidents convulsifs ou vertigineux se développer, pensez à la syphilis. Si le traitement ne produit aucun effet vous devez songer à une épilepsie méconnue du jeune âge et pour laquelle la syphilis a été la cause déterminante au même titre qu’une infection quelconque.

Les tumeurs cérébrales produisent aussi des accidents convulsifs en tout semblables à l’épilepsie. Vous ne ferez un diagnostic différentiel qu’en vous aidant des sym-

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