PATHOGÉNIE
lion et constituent des éléments d’élaboration ; 3° enfin, les neurones à cylindre-axe descendant et long, qui vont former la voie pyramidale (cortico-médullo-musculaire), sont des neurones de décharge, des éléments d’exportation. Cela posé, la perte de connaissance n’est que l’inhibition des neurones d’association, due à leur hyperexcitabilité, « absolument comme l’aura est due à l’excitation des neurones de réception, et comme les convulsions tiennent à l’excitation des neurones de décharge ».
Analysant d’après ces données les divers symptômes, MM. Marinesco et Sérieux disent que « le cri rentre dans le groupe de symptômes en rapport avec l’excitation des neurones de décharge... Il n’y a, pour nous, que deux façons d’envisager ce symptôme. Dans la première hypothèse, le cri serait un acte réflexe d’origine bulbaire, analogue à ce que l’on constate chez les anencéphales, opinion acceptée par Laborde ; ou bien, hypothèse que nous émettons, il s’agirait d’un phénomène identique à la convulsion motrice, produit par l’excitation du centre laryngé cortical, étudié récemment par Krause et Ilorsley ».
Cette conception physiologico-pathologique, appuyée sur la structure du système nerveux de l’écorce cérébrale divisée en trois plans de neurones, est Irès ingénieuse; mais quelle est la cause primitive de l’irritation cellulaire? et pourquoi la cellule nerveuse agit-elle dans tel
sens plutôt que dans tel autre? Il faut admettre, comme je l’ai admis plus haut, la prédisposition héréditaire, c’est-à-dire la constitution intime de la cellule nerveuse, ou bien le développement inusité d’un des neurones décrits par Ramon y Gajal. La cause irritative sera très variable (l’énumération des causes déterminantes de l’épilepsie vous le prouve), mais je pense que nous devons faire intervenir le plus généralement l’intoxication telle que je vous l’ai démontrée. Cette conception pathogénique rend parfaitement compte des symptômes observés dans certains cas, mais j’admets qu’elle ne les explique pas tous.
Comment explique-t-on les autres symptômes de l’épilepsie ?
La chute peut être due à la perte de connaissance, ou à un défaut d’équilibre, de statique musculaire, en rapport avec l’appareil de coordination et comparable à certains égards à ce qui se passe dans le vertige de Ménière. Cette dernière explication, admise par MM. Marinesco et Sérieux, paraît la vraie, puisque dans certains cas où il y a perte de connaissance il n’y a pas chute. Ces deux phénomènes, perte de connaissance et chute, ne sont donc pas corollaires l’un de l’autre.
Les modifications de la pupille, que l’on retrouve dans les accès complets et incomplets et qui consistent dans sa dilatation et son insensibilité à la lumière, sont sous la dépendance d’une irritation cérébrale, et non sous la