OBSERVATION VI
(Trousseau) (4)
Vers 1850, on vient me chercher en toute hâte pour un de mes voisins âgé de 70 ans, qui, sur le boulevard, avait été frappé d’apoplexie. Il était resté un grand quart d'heure sans connaissance. J’arrivai au moment où il revenait à lui. Ilne me reconnaissait pas encore, promenai t autour de lui des regards hébétés, et agitait ses bras et ses jambes sans avoir conscience de ce qu'il faisait. Les lèvres et le nez étaient gonflés, les yeux injectés. |
Peu à peu tout se rétablit sans que j’eusse à faire une médecine active; ce fût l'affaire de quelques heures.
Le valet de chambre me raconta alors que son maître avait
eu plusieurs atlaques de ce genre depuis deux outrois ans, et
que ces accidents s'étaient dissipés de la même manière, une fois à la suite d’une saignée, les autres fois après un bain de pieds sénapisé.
… Le vieillard vit encore, et presque chaque année il a une ou deux attaques. Depuis sa chute sur le boulevard, il ne sort jamais sans son domestique, et celui-ci m'a raconté qu’au moment où son maître est gisant à terre, il a des grimaces dans le visage, des secousses dans l’un des bras qui ne durent qu’une minute, mais qui suffisent amplement à caractériser l’épilep-
sie.