‹ L'Épilepsie SénileChapitre 18 sur 47 · OBSERVATION XI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XI

(Devay) (7)

X..., âgé de 64 ans. s’est adonné à tous les excès, sans que sa

santé générale ait été compromise. Il a conservé une puissance virile qui serait extraordinaire même à la fleur de l’âge. Il passe sa vie au sein des sociélés licencieuses. À cela se joignent des excès de table presque quotidiens.

Le malade est saisi, étant au café, d’une attaque convulsive avec perte de connaissance dans le courant de l'hiver 1858. Il est ramené chez lui où nous le trouvons le facies hébété, ne se souvenant de rien. Les renseignements pris dans l’établissement où le malade a été atteint de son attaque constatent qu'il a poussé un cri, puis est tombé, qu'il a eu des convulsions de la face et des membres.

Trois mois après, le malade n’ayant rien changé à ses habitudes est frappé d’une seconde attaque chez lui, à neuf heures du soir. Celte fois, nous l’observons, et nous assistons à une véritable crise épileptique: pouls disterdu, yeux tournés en haut, écume sanguinolente aux lèvres, décubitus sur le côté droit avec convulsions éclamptiques des membres supérieurs el inférieurs; rigidité générale.

Cette crise dure environ trois quarts d’heure. Après la crise, nous observons un affaiblissement musculaire considérable et une grande inertie intellectuelle.

Au bout d’un an, le malade ayant fait de nouveaux excès, eut

une nouvelle crise. Toul porte à croire qu’il en aura d'autres,

ODSERVATION XII

(Herpin de Genève) (5).

‘M. R..…., négociant retiré, âgé de 73 ans, marié, est d’une laille élevée, d’une forte complexion, a le cou gros et court, la face très colorée, beaucoup d’embonpoint et toute l’apparence dite apo )lectique. Un frère cadet est mort aliéné. à

La maladie dure depuis dix ans. Les attaques surviennent en hiver tous les mois environ, en été à peu près tous les deux mois, et toujours, à une seule exception près, pendant le sommeil,

Le domestique qui soigne M. R... depuis plusieurs années et qui couche dans une pièce contiguë à la chambre de son maître, est averti par un cri et trouve son maître en proie à d’horribles convulsions de tout le corps et surtout de la face ; perte absolue de connaissance ; visage tuméfié et violet. La mort par asphyxie devient imminente ; la respiration devient râlante et

l’écume couvre les lèvres du malade. Le sommeil ou la somnolence dure encore pendant une partie de la journée suivante.

Le matin, M. R... ne se doute qu'il a été malade que par la fatigue extrême qu’il éprouve.

Une personne sérieuse el très intelligente quitient de près au malade, me raconte que le médecin qui soignait M. R.. lors du début de sa maladie, et qui l’a suivi encore pendant quelques années, quoique praticien habile et expérimenté, prit la première attaque pour une apoplexie. Il fit de suite une forte saignée, el se contenta d’astreindre son malade à un régime sévère

et d'employer de doux minoratifs. Le même jugement fut

ET QE - porté sur les allaques suivantes; la saignée fut répétée chaque fois et cela pendant plusieurs années.

Toujours le médecin se félicitait auprès de la famille de prévenir ainsi la paralysie. Je prescrivis un traitement par l'oxyde de zinc qui fût suivi pendant neuf mois. Six semaines après le début de cette médication, l'attaque fut remplacée par un vertige interne. Ce fut la dernière msnifestation de la maladie.

27 mois après M. R... succombait à une pneumonie.

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