OBSERVATION XXI
(Naunyn) (14).
Ouvrier, 65 ans, entré à la clinique le 2 novembre 1894.
Antécédents héréditaires impossibles à établir.
A toujours bu en quantité toule espèce d’alcooïs et fourni un dur travail. À eu, il y a deux ans, une congestion pulmonaire. Pas de syphilis.
Il y a un an et demi, des crises convulsives apparurent pour la première fois chez le malade avec perte de connaissance.
Depuis ce temps, le malade souffre, dans l'intervalle des crises, d’une sensation de vertige qui s’accentue quand il essaie de marcher à reculons ou qu’il regarde en l’air. Sa mémoire s’est affaiblie, et sa vue a baissé considérablement, Les crises mentionnées ci-dessus durent deux à trois minutes else renouvellent plusieurs fois la semaine, souvent trois à quatre fois. Ces derniers temps des maux de tête ont apparu.
A l’examen on trouve :
Constitution moyenne.
Artério-sclérose très prononcée et très étendue. Legère hyper.
ERAG 2
trophie du ventricule gauche, Vertiges quand le malade ferme les yeux, qu'il regarde en l’air ou qu'il marche à reculons.
Rien à l’examen aphtalmoscopique et laryngoscopique.
Lorsqu'on comprime les carotides du malade avec les deux pouces, au bout de 30 à 60 secondes, on voit apparaître des secousses dans les yeux, les lèvres et les mains. Puis le malade perd connaissance, et aux quatre extrémités apparaissent de légères convulsions cloniques, avec légère dilatation des pupilles, respiration profonde et bruyante, ralentissement du pouls qui tombe de 80 à 48. Dès que la compression est arrêtée, les convulsions cessent, et le malade revient à lui. En se levant, il est encore un peu étourdi, mais cinq minutes après, il se sent tout à fait bien.
L'excitation électrique du pneumogastrique n'avait pour résultat que d’abaisser d’une manière insignifiante le nombre des battements du cœur.
De la digitale en infusion tous les jours à la dose de 0. 04 à 0.15 centigrammes donnée pendant toute la durée du séjour à l'hôpital avec, parfois, des interruptions de quelques jours, fit cesser les crises et disparaître presque complètement le vertige dont le malade se plaignait souvent dans l'intervalle des accès.
Sur son désir, le malade quitta la clinique le 9 décembre 1894. Jusqu'au 18 décembre, par l'emploi continu de petites doses de digitale, il s’est senti très bien ; les vertiges intenses dont auparavant il s’élait surtout plaint, avaient complètement disparu. Mais à dater de cette époque, la digitale ayant été interrompue, les anciens troubles reparurent. Le 23 décembre, le malade eut dans la nuit une crise avec perte de connaissance
et respiration profonde et bruyante.
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