‹ L'ÉPILEPSIE TRAUMATIQUE considérée dans ses formes évolutives et anatomocliniquesChapitre 9 sur 49 · MODE D'ACTION SUR L'ENCÉPHALE DES DIFFÉRENTS TRAUMATISMES · texte numérisé non relu

MODE D'ACTION SUR L'ENCÉPHALE DES DIFFÉRENTS TRAUMATISMES

Le mode d’action des différents traumatismes sur la boîte cranienne a été étudié d’une façon très complète, puisqu’au Congrès de Chirurgie Militaire de Brest, en 1913, le rapporteur s’étonnait d’une certaine tendance à considérer la boîte cranienne, uniquement quant à son architecture et ses réactions mécaniques aux agents vulnérants, comme si les dommages subis par son contenu, le cerveau, devaient passer au second plan. ,

On pourrait faire aujourd’hui, peut-être, la remarque inverse et s'étonner d’une tendance trop habituelle à décrire et à discuter sur les lésions encéphaliques, sans s’occuper de leur mode de production. Pourtant des recherches anciennes et nombreuses avaient permis des déterminations précises. Et même elles nous semblent encore susceptibles d'éclairer certaines catégories de faits actuellement décrits, en tenant compte de la transmission à l’encéphale lui-même (sous forme d’ébranlement), des chocs et des déformations subis par le crâne osseux. Les travaux princeps remontent à Aran,

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mais surtout aux expériences de Félizet, de Chipault et Braquehaye, Pedrazzani, et plus récemment Duret, Coquerel, etc.

A) Ainsi, lorsque la boîte cranienne subit une embarrure (choc violent sur une certaine surface), celle-ci se transmet en ligne droite sous forme d’ébranlement à une région diamétralement opposée, susceptible d’une détermination précise. Les parois craniennes, surtout en leurs zônes de résistance (« arcs-boutants osseux »), peuvent agir comme agents contondants sur la substance cérébrale refoulée vers eux. Et on voit se créer ainsi toute une gamme de lésions de même cause qui furent décrites par Duret, sous le nom de LÉSIONS DE CONTRE-COUPS. Elles réalisent souvent des hématomes sus ou sous-dure-mériens. Ce que nous venons de dire indique assez que ces accidents sont le fait des embarrures : la possibilité de cette complication doit faire pratiquer alors un examen neurologique particulièrement complet.

b) Vis à vis des CHOCS « EN MASSE », frappant la plus grande partie de sa surface (chutes sur la tête, par exemple), la boîte cranienne se comporte comme une voûte, ou mieux comme une coupole (Duret) ; une forte pression sur tout le pôle supérieur provoque un aplatissement de la coupole et la fermeture de l'angle dièdre qu’elle fait avec la base du crâne, qui la soutend, cette réaction aboutit donc à une sorte de « resserrement en éventail », à la périphérie de la coupole.

c) Dans les chutes sur les pieds, d’un lieu élevé, la colonne vertébrale, rigide, transmet en bloc à la base du crâne la force vive résultant du choc et agit comme agent contondant. Bien plus, le liquide céphalo-rachidien, incompressible peut, dans certains cas, se comporter vis à vis des ventricules comme une force traumatisante appliquée à leur centre et déterminer des lésions importantes de leurs parois; on a vu de VÉRITABLES DILACÉRATIONS produites par une brusque augmentation de pression, sous l'influence de chocs importants.

d) Le mode d’action des TRANSFIXIONS PAR BALLES DE GUERRE nous retiendra spécialement : il a été décrit d’abord par les auteurs allemands qui ont mis en évidence une augmentation énorme de Ïa pression intra-cranienne, due aux petits projectiles, animés d’une très grande vitesse : les délabrements occasionnés sont proportionnés à cette vitesse: ce

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