M. ABRAHAM MONSEIGNEUR
nez qui vous voudrez archen. Il y a des moments où c ses faiblesses surgit en ;râce à Dieu, le souffle de issez fort pour réveiller les es qui ne peuvent quesomle cœur d'un évêque.
M. ABRAHAM
rjui a pu vous faire changer
Deuxième Chapitre '63
MONSEIGNEUR
Dieu ! Je viens de méditer dans ma chapelle.
M. ABRAHAM
C'est un refus?
MONSEIGNEUR
Oui. Je vous ai fait élire député contre un marguillier de ma cathédrale, je ne puis faire davantage. Voici assez longtemps que je suis sous votre joug, moi qui ne devrais dépendre que de Dieu et de ma conscience.
M. ABRAHAM
Alors vous ne voulez pas le siège archiépiscopal de Lyon?
MONSEIGNEUR
Pas à ce prix.
M. ABRAHAM
Vous seriez primat des Gaules...
Que me fait d'être le premier dans une province ecclésiastique si je deviens le dernier des évêques aux yeux de Dieu.
M. ABRAHAM
Vous deviendriez cardinal...
MONSEIGNEUR
La pourpre donnée dans de certaines conditions ressemble au manteau d'écarlate que vos ancêtres placèrent par dérision sur les épaules du Christ agonisant,
M. ABRAHAM
Soit. Vous ne serez pas archevêque, mais vous allez retomber sous le joug,
MONSEIGNEUR
Vous dites.
M. ABRAHAM
Je dis que tout à l'heure je présidais la réunion de la loge maçonnique. Dans
Deuxième Chapitre 65
cette réunion on a voté : 1° la vente de votre séminaire, 2° la fermeture de vos écoles, 3° l'expulsion de vos Sœurs de charité. Je vous avais sauvé. Je n'ai qu'un mot à aller dire à la préfecture pour que ces trois votes soient exécutés dès demain matin.
Ce mot, vous ne le direz pas.
M. ABRAHAM, s'apprêtant à sortir.
Je vais le dire tout de suite.
SEIGNEUR
La vente de mon sémite des vocations eccléfion pauvre diocèse ; s Sœurs, c'est la ruine >s écoles fermées, c'est Il faut revenir sous le
M. ABRAHAM
Que répondez-vous, Monseigneur.
MONSEIGNEUR
Comme le Christ devant ses maîtres d'un jour, je garde le silence. Jésus autem tacebat.
M. ABRAHAM
Mais je ne vous laisse pas revenir dans votre chapelle, vous pourriez encore changer d'idée. Écrivez.
MONSEIGNEUR
J'écrirai seul.
Non, sous ma dictée.
MONSEIGNEUR
Mais...
M. ABRAHAM
Vous n'avez pas besoin d'épargner ce curé. Il n'en vaut pas la peine. Si vous
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aviez entendu tout à l'heure comment il vous traitait.
MONSEIGNEUR
Que disait-il de moi?
M. ABRAHAM
Que vous n'étiez pas un évêque, mais un mandarin.
MONSEIGNEUR, à part.
II avait peut-être raison.
M. ABRAHAM
Il a ajouté que vous n'aviez rien à voir pas plus dans sa vie que dans celle de sa nièce.
MONSEIGNEUR
Vraiment, il a dit cela.
Textuellement, Monseigneur. Apprenez une bonne fois que ,vous êtes le maître dans votre diocèse.
MONSEIGNEUR, secouant tristement la tête.
Le maître !
M. ABRAHAM
Écrivez, il n'y a pas de temps à perdre.
MONSEIGNEUR, soupirant.
Le maître ! Dictez, monsieur.
M. ABRAHAM, dictant.
« Monsieur le curé, si à la réception de cette lettre vous n'avez pas exécuté mes ordres, j'ai le regret de vous annoncer que les pouvoirs ecclésiastiques vous sont retirés dans toute l'étendue du diocèse. »
Signez et mettez sous enveloppe, (ii sonne.)
MONSEIGNEUR, mettant l'adresse.
On voit que vous avez l'habitude de ces sortes de lettres.
C'est le dixième prêtre que je fais interdire.
Deuxième Chapitre 69
LE DOMESTIQUE
Monseigneur a sonné.
M. ABRAHAM, prenant la lettre sur le bureau.
Oui. Pour mettre à la poste. (Le domestique
sort. M. Abraham sort d'un écrin une chaîne et une croix en or.)
Maintenant, Monseigneur, permettez-moi de vous offrir, au nom de nia mère, cette croix pastorale.
MONSEIGNEUR
En quel honneur?
M. ABRAHAM
Pour vous remercier de lui avoir permis, bien que juive, d'être la marraine
d'un enfant Catholique. (M. Abraham passe la chaîne au cou de l'évêque.)
MONSEIGNEUR, à part.
Cette croix d'or est plus lourde à porter
que la croix de bois du Christ. (Haut.) .Tirai remercier madame votre mère.
M. ABRAHAM
Monseigneur.(A part.) Voilà un évêque qui nous donnera du fil à retordre... quand il sera cardinal»
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