VI INTRODUCTION
l'austère Théodora, véritable religieuse sur le trône; la délicieuse Skléréna, cette amante si dévouée, si fidèle, Pompadour charmante du xi1" siècle qui forma avec son amant Monomaque et les deux antiques nièces de Basile II le plus extraordinaire des gouvernements à quatre; le fougueux héros Maniakès dont les débuts furent si glorieux et la fin si lamentable; son lieutenant Harald, le légendaire roi de la mer; le faible Léon Tornikios, qui faillit prendre Constantinople et devenir empereur; le groupe exquis des lettrés et des philosophes qui fit à Monomaque un cercle si aimable : Psellos, Xiphilin, Likhoudès, Mauropos etbien d'autres encore; l'ambitieux, éloquent et intraitable Michel Kéroularios, belle figure de pontife malgré de notables défauts; son noble adversaire aussi le pape Léon IX; tant d'autres enfin ! Quelles grandes scènes militaires aussi ! La fameuse bataille de Gaboudrou où le héros géorgien Liparit se couvre de gloire contre les hordes seldjoukides; les furieuses attaques de Constantinople par l'armée rebelle de Léon Tornikios et par les innombrables barques russes de Vladimir, le sac d'Arzen, en Asie, par les sauvages soldats de Toghroul-beg, le sultan prestigieux. La fin de ce règne s'écroule dans la tristesse. Monomaque expire au moment où le maître véritable de la capitale est devenu le patriarche Kéroularios devant lequel la majesté impériale à dû s'humilier. Les deux courts règnes suivants : celui de l'antique vierge Théodora, ultime et presque octogénaire rejeton de la glorieuse dynastie macédonienne, et celui de Michel Stratiotikos, vieux soldat lamentable, aboutissent rapidement à la grande conspiration militaire qui met sur le trône, dans la personne d'Isaac Comnène, un des premiers chefs de l'armée, une dynastie nouvelle qui devait avoir encore ses jours de gloire et de grandeur. Ce dernier chapitre, toute la marche des généraux rebelles jusqu'à la victoire finale, les entrevues dramatiques sous la tente de Comnène, la révolution dans les rues de la capitale, nous sont racontés de main de maître par Psellos.
Sur tous ces faits nous ne possédions guère jusqu'ici que les ouvrages si brefs, si insuffisants et déjà fort anciens de Lebeau, de Gibbon, de Finlay. Nous ne possédions sur cette époque si intéressante, si importante de