‹ L'épopée du FezzanChapitre 13 sur 16 · Les combats continuent dans la région du Fezzan · texte numérisé non relu

Les combats continuent dans la région du Fezzan

(Brazzaville, 30 Décembre 1942).

4. — Dans le sud du Fezzan, nos éléments motorisés continuent leur progression.

(Brazzaville, 30 Décembre 1942).

5. — Le groupe « Bretagne » a effectué le bombardement de l'aérodrome de Sebah. Au moment du bombardement, de nombreux avions se trouvaient sur cet aérodrome. Un important incendie a été observé. Tous nos avions sont rentrés à leur base.

(Brazzaville, TeT Janvier 1943).

6. — Les combats continuent à se dérouler favorablement. Un avion ennemi, qui tentait de s'opposer à la progression de nos. éléments a été abattu.

(Brazzaville, fiT Janvier 1943).

7. — Un groupement des Forces Françaises Combattantes, sous les ordres du colonel Ingold, a bousculé une colonne motorisée ennemie. Au cours de la poursuite, nos éléments ont capturé un canon et une voiture et ont relevé plusieurs morts ennemis. Les forces françaises n'ont subi aucune perte. L'aviation française a continué ses opérations offensives en bombardant le poste italien de Mourzouk. Nos avions de combat ont également mitraillé au sol des détachements ennemis qui occupaient la palmeraie. A la suite de toutes ces opérations, tous nos appareils sont rentrés à leurs bases.

(Brazzaville, 3 Janvier 1943).

8. — A plusieurs centaines de kilomètres de la frontière Tchado- Libyenne, nos forces motorisées poursuivent leur progression vers le nord. Raids de notre aviation sur plusieurs postes ennemis.

(Brazzaville, 6 Janvier 1943).

10- — Les conditions atmosphériques s'étant améliorées, les troupes françaises combattantes, continuant leur progression, ont bloqué unenouvelle importante position ennemie.

Des colonnes motorisées ennemies, qui tentaient de dégager cette position, ont été vigoureusement repoussées et ont dû se replier vers le nord. Le groupe « Bretagne » continue à appuyer efficacement les opérations.

(Brazzaville, 7 Janvier 1943).

11. — Après trois jours de combats et de violents bombardements, les troupes du colonel Ingold ont enlevé la position-clé de Oum-El- Araneb, qui a capitulé le 4 Janvier. Cette position était très fortement tenue par l'ennemi, qui a laissé entre nos mains plusieurs centaines de prisonniers, dont une dizaine d'officiers, dix canons, un grand nombre de mitrailleuses, de mortiers et un matériel considérable.

(Brazzaville, 8 Janvier 1943).

12- — La position ennemie de Gatroun a capitulé le 6, laissant entre nos mains cent soixante-dix-sept officiers et hommes de troupe et un" important armement pas encore dénombré. C'est le groupe nomade méhariste du Tibesti, qui, sous les ordres du capitaine Sarazac, après avoir couvert des centaines de kilomètres en un temps record, n'a laissé aucun répit à l'ennemi et a enlevé cette position. Le groupe « Bretagne » a entièrement détruit le hangar d'aviation, les ateliers de Sehba et un dépôt de munitions situé à proximité immédiate.

(Brazzaville, 9 Janvier 1943).

13- — La défaite ennemie se transforme en déroute. Nos éléments avancés ont déjà occupé Brach. D'autres garnisons sont bloquées par nos troupes. Brach est à plus de 2.000 kilomètres au nord-ouest d'Oum- El-Araneb et à plus de 1.000 kilomètres de nos premiers postes du Tibesti.

(Brazzaville, 11 Janvier 1943).

14. — Dans le nord du Fezzan, les opérations continuent avec succès. L'organisation administrative et militaire des territoires conquis par les Forces Françaises Combattantes se développe rapidement. Le lieutenant-colonel Delange a été désigné commandant militaire du Fezzan. La vie économique du pays a déjà repris.

(Brazzaville, 12 Janvier 1943).

15. — La conquête du Fezzan est maintenant terminée ; les troupes du colonel Ingold ont occupé Mourzouk, capitale religieuse, et Sehba, principal centre militaire ; les garnisons ont été presque entièrement faites prisonnières, nos éléments avancés ont largement progressé vers le nord, où un engagement a eu lieu avec un détachement motorisé ennemi. Après un vif combat, l'ennemi s'est replié, laissant entre nos mains une voiture de combat et un important matériel de guerre.

(Brazzaville, 14 Janvier 1943).

16. — En moins de trois semaines, les troupes de la France Combattante ont conquis tout le territoire du Fezzan. Le bilan de cette campagne se chiffre déjà par plus de 700 prisonniers, 40 canons, 18 chars de combat, ainsi qu'un nombre important d'armes et de véhicules capturés par les Français. Trois nouveaux drapeaux viennent s'ajouter aux quatre qui ornent déjà la salle d'honneur du Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad.

(Brazzaville, 20 Janvier 1943).

17. — Les troupes du colonel Ingold, attaquant à la gauche de la 8e Armée, progressent vers le nord.

(Brazzaville, 21 Janvier 194-3).

18. — La liaison a été établie par le colonel Carretier entre les Forces Françaises Combattantes et les troupes françaises de la région de Djanet. Le général Leclerc leur avait demandé d'occuper Ghat, dans lequel se trouvaient encore des Italiens que la prise du Fezzan avait empêchés de s'échapper vers le nord.

(Brazzaville, 2k Janvier 194-3).

19- — Après une lutte acharnée, les troupes motorisées du lieutenant-colonél Dio se sont emparées, le 20 Janvier, d'une position ennemie très fortement tenue couvrant Mizda. Un important matériel a été capturé. Le lendemain, nos troupes occupaient Mizda, centre de résistance ennemi, très solidement tenu, dans le but d'interdire par le sud l'accès du Djebel Nefoussa que la 8e Armée britannique débordait par le nord. Le capitaine Troadec s'est particulièrement distingué au cours de cette affaire. L'ennemi, en déroute, laisse sur le terrain, ses tués, ses blessés et un important matériel.

(Brazzaville, 25 Janvier 1943).

20- — Dans le Djebel Nefoussa, où nos éléments ont pénétré, l'ennemi est poursuivi sans relâche.

(Brazzaville, 26 Janvier 1943).

21. — Après avoir traversé le Djebel Nefoussa, un détachement des Forces Françaises Combattantes, sous les ordres du capitaine Farret, a atteint Tripoli le 25 Janvier. Il a pris liaison avec le Commandement britannique,. C'est donc en trente-neuf jours seulement, après avoir quitté le Tchad, que ces hommes ont atteint la côte de la Méditerranée, surmontant ainsi des difficultés de toute nature provenant de l'ennemi aussi bien que du terrain.

(Brazzaville, 29 Janvier 19k3).

22. — Les troupes du Tchad, poursuivant leur avance, se sont emparées, le 26 Janvier, des postes de Derg et de Ghadamès, à la frontière de la Tunisie, en faisant plus de cent prisonniers. Un important matériel est tombé entre nos mains.

(Brazzaville, 3 Février 1943).

23- — Le nombre de prisonniers faits à Ghadamès, le 26 Janvier par les troupes du Tchad, est 310 et non 100, comme il avait été annoncé précédemment. Le matériel capturé est très important et n'a pu être encore recensé.

(Brazzaville, 4 Février 1943.)

24- — Le général Delay, venu de Ouargla, a pris liaison, le 2 Février, avec le général Leclerc à Ghadamès.

Une émouvante prise d'armes, comprenant des détachements de troupes du territoire sud-algérien, a eu lieu en terre étrangère conquise par les armes françaises. Les relations très cordiales à tous égards, établies entre les officiers et les combattants, ont montré, une fois de plus, que l'unité française sera rétablie le jour où auront disparu les grands coupables de la capitulation et de la collaboration.

Page 1