OBSERVATION
Centres d'examen, de triage et d'orientation, les Consultations d'Hygiène Mentale qui exercent, en outre, des activités de cure el de surveillance, permettent, incontestablement, d'apporter à un très grand nombre de cas faciles la solution adaptée, qu'il s'agisse d'enfants ou d'adultes.
Bien souvent, cependant, les examens pratiqués au Dispensaire, quel que soit l'équipement de ce dernier, seront insuffisants et nécessiteront la mise en observation du sujet.
En psychiatrie infantile surtout, il s'avère fréquemment impossible, dans la pratique, d'obtenir la somme de renseignements nécessaires, sans soumettre l’enfant à une observation prolongée dans un établissement approprié. Il n'est pas rare, non plus, que l'enfant ne puisse être utilement observé sans être soustrait aux influences de son ambiance familiale et sociale. D'autre part, l'étude du comportement de l'enfant, qui occupe dans la clinique psychiairique infantile une place prépondérante, doit être poursuivie dans diverses perspectives, pédagogique, manuelle, sociale, ce qui ne peut être réalisé dans le cadre du Dispensaire,
Les problèmes qui se posent pour l'adulte sont également parfois au-dessus des ressources du Dispensaire : certaines décisions qui visent l’internement pourront être facilitées par une observation plus prolongée en milieu hospitalier, une mesure analogue pourra de même être rendue opportune par les difficultés fréquentes de reclassement professionnel où social de certains déficients ou déséquilibrés.
Le Centre d'Observation, dans tous ces cas, pourrait être considéré comme un organisme complémentaire du Dispensaire d'Hygiène Mentale.
Qu'ils soient destinés aux adultes ou aux enfants, les Services actuels d'observation médico-psychologique font, dans l'esprit des Instructions ministérielles (circulaire n° 210, Santé Publique 1946), partie intégrante des services de cure libre.
Cette disposition paraît rationnelle.
En ce qui concerne les enfants, toutefois, il est absolument
nécessaire de dépasser les instructions ministérielles de 1946 en concevant des organismes médicaux d'observation et de soins, disüincts des instituts médico-pédagogiques ou rééducatifs.
L'établissement du bilan psycho-physiologique d’un enfant caractériel est souvent chose délicate et nécessitera de plus en plus des investigations multiples de tous ordres dont les résultats devront être pris en sérieuse considération pour l'orientation pédagogique, professionnelle ou sociale.
L'expérience montre, d’ autre part, la fréquence insoupçonnée des manifestations névrotiques ou psychotiques déjà caractérisées chez l'enfant trop rapidement étiqueté « caractériel » ; l'intérêt de la sélection attentive de ces cas ne saurait être méconnu, pas plus que la valeur des cures médico-psychologiques qui peuvent ètre entreprises, pour des sujets moins atteints, avant l’action rééducative proprement dite.
L'Institut Médico-Pédagcgique ou le Centre de Rééducation sont nécessairement des organismes où prédominent presque exclusivement les activités pédagogiques ou éducatives.
Le Centre d'Observation et de cure libre à caractère médical comblera une grave lacune de l'équipement spécialisé en psychiatrie infantile en offrant des ressources essentiellement médicales et médico-psychologiques aux enfants qui peuvent être justement considérés comme prédisposés aux affections névrotiques ou relevant de façon prévalente des techniques médico-psychologiques.
L'extension, aux services ouverts pour adultes, d’attributions d'accueil et d'observation, ne soulève pas de difficultés particulières ; elle pose simplement un problème architectural de distribution des locaux et de séparation des sujets relevant de la cure ou de l’observation.
Le Centre d’Observation et de cure libre pour enfants peut être actuellement facilement réalisé à l’échelon régional, mais il restera toujours souhaitable que des services de cure médicale et médico-psychologique se développent progressivement à l'échelon départemental.
L'observation des adultes sera tout naturellement assurée dans le cadre départemental par les Services Psychiatriques ouverts, cù une section d'observation devrait être toujours aisément réalisable.
La Région Sanitaire de Clermont-Ferrand possède un Centre d'Observation et de cure libre à caractère médical réservé aux enfants ou adolescents des deux sexes de 6 à 16 ans, fonctionnant en annexe de l'Hôpital Psychiatrique Sainte-Marie de l'Assomption de Clermont-Ferrand.
«Le Centre Médico-Psychologique Infantile » répond aux nécessités de l'observation et de la cure, tels que nous venons de
Pl
l'envisager. Ce Centre d'une capacité de cent lits (50 filles, 50 garçons) est équipé de façon tout à fait moderne, et doté d'un personnel technique abondant (1).
Les Services Psychiatriques ouverts de la Région Sanitaire de Clermont-Ferrand sur lesquels nous allons revenir se sont adaptés aux pratiques de l'observation des malades adultes, mais le plus souvent sans qu'il ait été procédé à l'ouverture de section spéciale.
LA CURE
Le caractère complémentaire d’Etablissement de cure libre, des centres d’observation pour enfants, vient d’être signalé, et nous dispense de revenir sur cette importante question, si ce n’est pour souligner la nécessité pour chaque région sanitaire de posséder au moins un établissement médical de cet ordre.
Sur le plan éducatif, il sera également nécessaire de faire appel à des établissements spécialisés dans la rééducation de lenfant caractériel. Ce genre d'établissement parait encore peu développé et nous manquons à son sujet de directives précises.
Diverses initiatives commencent cependant à se manifester, apportant une ressource nouvelle et incontestablement précieuse pour le traitement d’un assez vaste groupe de sujets.
Dans ce domaine comme dans celui de l'enfance déficiente, il conviendra de prévoir des centres spécialisés pour enfants des deux sexes d'âge scolaire et d’âge postscolaire, Il semble que ces réalisations devraient être conçues à l'échelle régionale.
La Région Sanitaire de Clermont-Ferrand possède dans l'établissement de Saint-Jean-d'Heurs (Puy-de-Dôme) un centre spécialisé à caractère régional pour le traitement rééducatif des troubles du caractère des garçons d'âge postscolaire.
La création de deux centres (filles et garçons) pour mineurs d'äge scolaire a été retenue dans le plan d'équipement régional. Il a été admis que l'accès de ces 2 derniers Centres serait autorisé en raison de leur äge (moins de 13 ans) aux petits délinquants facilement rééducables.
Fous ces organismes sanitaires ou éducatifs destinés à la cure de Penfant caractériel sont des centres hospitaliers ou des internats pédagogiques.
: (1) Voir à ce sujets: Pierre DOUSSINET et Henri COURBAIRE DE MarcGILLat, Le SLA (et EenE sycholugique Infantile de Clermont-Ferrand, Techniques Hospitalières. Mai 1949.
OT
On à pu justement se demander si ces caractères étaient vraiment indispensables et s'il ne serait pas légitime d'organiser pour les enfants caractériels, comme pour les enfants déficients, des externats de rééducation offrant des possibilités simultanées de cure psychologique.
A cette préoccupation peut être rattachée l'initiative du Ministère de l'Education Nationale qui a favorisé la création de Centres psycho-pédagogiques annexés aux établissements scolaires du second degré. Ces Centres sont conçus pour permettre la cure pédagogique et même psychologique des inadaptés scolaires de ces établissements sans leur imposer le régime de linternat lorsqu'ils y sont admis comme externes.
Le prototype de ce genre d’organisme est le Centre du Lycée Claude BERNARD, à Paris, qui relève administrativement de la Direction de l’'Hygiène Scolaire et qui a été créé vers la fin de l’année 1946 avec l'appui et le concours financier de la Santé Publique ©.
La caractéristique technique de ces Centres est qu’ils sont à la fois pédagogiques et médicaux.
Leurs caractéristiques administratives sont d’être annexés à des établissements scolaires et de fonctionner comme des externats.
Ils réalisent une formule valable pour les grandes agglomérations urbaines qui a, outre les mérites précédents, celui d’associer étroitement les diverses activités techniques du médecin, du psychologue et du pédagogue.
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Sous l'impulsion de «l'Association des Centres psycho-pédagogiques » fondée en 1948, la création d'un Centre de cet ordre a été envisagée à Clermont-Ferrand par la Société d'Hygiène Mentale qui a mis à la disposition de l'Université les locaux nécessaires à l'exercice des activités médico-psychologiques.
Le chapitre de la cure des affections mentales de l'adulte à été véritablement renouvelé par la réalisation, en marge de la loi de 1838, des Hôpitaux et Services Ouverts. La faveur rencontrée par ces services auprès des usagers a pesé certainement d'un grand poids pour leur généralisation rapide, mais d’autres facteurs de grande importance également s'ajoutent à cette faveur du public.
L'Hôpital Psychiatrique fermé ne pouvait convenir au iraitement des malades légers et d’autre part les progrès de la thérapeutique biologique ayant permis de réduire, dans un grand nombre de cas, la durée du traitement des affections aiguës, il est apparu possible et souhaitable de pouvoir traiter les malades atteints de ces affections sans les soumettre aux formalités de l’internement.
(1) André BERGE et Nicole ANGOULVENT, Premier bilan d'activités du Centre psycho-pédagogique du Lycée Claude-Bernard. Enfance, Janvier 1950,