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la séparation des diverses catégories de malades et à l'individualisation des services affectés à chacune de ces catégories :
Deux corps de bâtiments de deux étages, Nord et Sud, sont respectivement affectés à la cure et à la réadaptation des malades légers ainsi qu'à la cure et à la réadaptation des malades aigus. Un pavillon intermédiaire de trois étages relie ces deux corps de bâtiments en assurant la centralisation par étage des activités médico-psychologiques, des activités médico-chirurgicales et des activités de postcure et de surveillance externe.
Cette réalisation sera une des premières à concrétiser, pour l'exercice de la pratique courante, les directives ministérielles sur les diverses attributions d'un centre de cure libre (circulaire 210, année 1946).
La tendance au développement des organismes dispensateurs de traitement psychologique externe, qui s’est manifestée en faveur de l'enfant caractériel, s’affirmera également, la chose est infiniment probable, en faveur de l’adulte et principalement du névropathe, chez lequel il est admis que la cure psychologique trouve le maximum d'indications,
Il faut s'attendre à voir s'ouvrir des dispensaires ou des instituts spécialisés dans l'application des méthodes de cure psychologique.
Aucune objection valable ne saurait leur être opposée, à condition toutefois que tous ces organismes et toutes ces activités restent étroitement assujettis à la direction et au contrôle médical.
L'expérience poursuivie, sous ce rapport, par l'Institut de Psychologie Médicale de la Société d'Hygiène Mentale à Clermont- Ferrand, montre l'utilité d'une telle réalisation et ses grandes possibilités de développement.
Le problème de l’organisation moderne des Hôpitaux Psychiatriques fermés est posé par les progrès de la technique et les nouvelles orientations en matière d'assistance hospitalière aux malades mentaux. Une des tendances les plus fécondes qui se sont manilestées préconise la substitution d’un dispositif de groupes hospilaliers aux anciennes sections constituant les unités médicoadministratives de la loi de 1838. L'adoption de ces tendances conduirait à redistribuer les locaux d’hospitalisation en quatre groupes où blocs principaux : le bloc de cure, le bloc-hospice, le hloc de sûreté et le bloc de réadaptation.
Cette conception serait évidemment de nature à rénover une technique hospitalière vieillie et mal adaptée aux perspectives contemporaines, Une telle transformation ne peut être l’œuvre d’un Jour mais de Toute une époque qui ne saurait rester indifférente aux conditions mêmes du progrès de l’Assistance Spécialisée.
LT Te
Tous les départements de la Région Sanitaire de Clermont- Ferrand possèdent un Hôpital Psychiatrique fermé
Dans l'Allier, l'Hôpital Psychiatrique Départemental d'Yzeure.
Dans le Puy-de-Dôme et la Haute-Loire, les Hôpitaux Psychiatriques privés de Sainte-Marie de l'Assomption de Clermont-Ferrand et du Puy.
Dans le Cantal, le Quartier d'Hospice d'Aurillac.
Dans la Lozère, l'Hôpital Psychiatrique Départemental de Saint-Alban-sur-Limagnole.
Si, à l'heure actuelle, aucun de ces établissements n'est parvenu à renouveler son organisation hospitalière sous la forme indiquée, presque tous ont accompli des progrès dans le sens d'un meilleur équipement médical et d'une meilleure organisation des activités de-réadaptation professionnelle et sociale.
READAPTATION
En Psychiatrie, comme en Médecine Générale, le chapitre de la posteure est venu s'ajouter de nos jours aux chapitres plus anciens de la cure et de la prévention. En Psychiatrie, autant qu’en Médecine Générale, la post-cure, qui est représentée surtout par la réadaptation professionnelle et sociale, présente un intérêt considérable et parait appelée à un très grand développement. Beaucoup d’affections mentales sont aujourd’hui curables, certaines le sont complètement et ne posent que des problèmes de réentraînement qui peuvent être résolus dans le cadre hospitalier, d’autres ne le sont que partiellement et nécessitent alors la mise en œuvre de tout un dispositif adapté.
Le problème se présente de façon différente pour les névropathes et pour les psychopathes.
Pour les névropathes, réputés malades légers, la question du reclassement professionnel domine presque toujours le problème de la réadaptation, car ces malades qui ont conservé, la plupart du temps, une sociabilité satisfaisante, restent bien souvent, et de facon durable, diminués dans leur vitalité et leurs possibilités de rendement. Il peut être nécessaire de les orienter vers de nouvelles activités et de les préparer à cette fin : il sera la plupart du temps opportun de les admettre à un régime de travail inférieur au régime courant.
Pour les psychopathes au contraire, la question du reclassement social prime, dans la règle, celle du reclassement professionnel: fl sera, en effet, souvent plus avantageux de chercher à réhabituer le sujet à son ancienne profession ou à l'exercice d’occupations qui s'en rapprochent que d'entreprendre de lui enseigner une nouvelle
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activité. C’est moins vers le reclassement que le déclassement dans le sens d'activités plus limitées, plus définies, plus automatiques, que se trouveront rationnellement orientées les perspectives professionnelles de ces amoindris. Ce qui caractérise surtout le psychopathe partiellement récupéré, c’est la fragilité de son équilibre mental et l’inaptitude qui en découle à affronter seul les diverses vicissitudes de Ja vie sociale. Apte au travail dans le cadre paisible d’une vie bien réglée et sans heurts où il aura à faire face à un minimum d’imprévus et d'initiatives, il ne peut être reclassé avec chance de succès durable que dans ces conditions favorables. Ces faits expliquent le nombre appréciable des malades qui restent attachés à la vie hospitalière en méritant le qualificatif « d’enracinés » qu'on leur applique parfois. Il est certain que des possibilités de retour dans la vie sociale existent pour ces malades à condition qu’un soin particulier y soit apporté. Le mouvement qui se dessine aujourd’hui dans ce sens ne saurait être trop développé et soutenu, car il apporte un véritable complément à l’action de cure et il tend à appeler ces valeurs humaines réduites au maximum de participation sociale dont elles sont capables.
Les formules de réadaptation sociale convenant le mieux aux psychopathes non guéris, mais ayant récupéré, avec des possibilités de rendement professionnel, une sociabilité suffisante, sont : les organismes de semi-liberté, créés ordinairement en annexes des établissements hospitaliers, les foyers collectifs de deux ou trois malades encadrés par une personne de confiance et organisés d'ordinaire en annexes de petites entreprises artisanales ou agricoles, enfin le placément familial surveillé, I v a d’ailleurs toute une progression possible et désirable dans le régime de la réadaptation sociale correspondant à une véritable gamme de protection tutélaire.
Toutes ces initiatives qui commencent à se faire jour dans notre pays manquent encore, en vérité, de réglementation, et leur développement conduira nécessairement à des dispositions législatives qui devront régler notamment la condition juridique du régime de semi-liberté, du placement tutélaire et de la situation de protégé.
Les divers essais pratiqués, parfois sur une assez grande échelle, témoignent de la fécondité de ces entreprises récentes, au.
point que l'on ne peut que souhaiter leur extension et leur généralisation.
La réadaptation sociale des malades mentaux récupérables a été entreprise ces dernières années dans le département du Puy-de-Dôme, par ia Société d'Hygiène Mentale du Centre, qui a ouvert à Clermont-Ferrand, avec l'aide de la Caisse Régionale
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de Sécurité Sociale du Massif Central, un office social de placement tutélaire.
L'office contrôle actuellement trois patronages de semi-liberté, dont deux fonctionnent en annexes de l'Hôpital Psychiatrique Sainte-Marie de Clermont-Ferrand et le 3° en annexe de la Clinique de l'Hermitage à Chamalières.
L'office procède également à la réalisation de placements tutélaires en milieu familial, pour lesquels il fait appel au concours de « Correspondants » qui s'engagent, en vertu d'une convention, à prendre en charge les sujets suivant les conditions générales qui font l'objet de la convention et suivant des conditions particulières qui sont précisées pour chaque cas.
Tous les malades en situation de placement tutélaire pris en charge par l'Office sont visités régulièrement par un personnel spécialisé. Les contrats de travail sont soigneusement révisés au fur et à mesure des progrès du rendement des protégés. Diverses dispositions assurent à ces derniers des possibilités de déplacement et l'utilisation de leur gain, de leur avoir.
L'office social de la Société d'Hygiène Mentale du Centre créé en 1947 a pris en charge depuis sa création, 120 protégés. Au cours de l'exercice 1950, les activités de l'office ont répondu à 16.615 journées de présence dans les patronages ou les placements familiaux surveillés. Au cours de cette pratique de trois années aucun incident autre que quelques réinternements pour cause de rechute ou d'inadaptation persistante, n'ont été enregistrés, et d'autre part 20 % environ des sujets ont pu être rendus à une vie sociale normale, exempte de mesure tutélaire.
Pour cette vaste catégorie de malades, qui ont récupéré à la fois des possibilités d’activité importante et une sociabilité suffisante, le retour progressif, voire quelque peu limité, à la vie sociale, est possible et désirable ; il doit se présenter désormais comme un des objectifs de l’activité psychiatrique.
Lorsque la sociabilité du malade est insuffisante ou lorsque ses troubles présentent un caractère tel qu’ils rendent particulierement difficile un retour à la vie sociale, d'anciennes formules comme « l’Asile agricole » ou de nouvelles formules comme les « Chantiers d’Epileptiques », ou les « Centres de réadaptation d’Alcooliques », pourront être préconisées avec fruit. Ce n'est que très progressivement que de tels sujets pourront être soustraits à l'influence de l’atmosphère hospitalière ou rééducative de ces centres par des essais de placement péri-hospitalier de moins en moins encadrés et surveillés.
Il existe encore, dans la clientèle des établissements spécialisés. un certain nombre de malades dont la capacité professionnelle est