OBSERVATION
Dans la très grande majorité des cas, l'activité médico-psychologique aura à s'exercer sur des détenus. On ne saurait trop insister sur l'importance des examens systématiques des délinquants, non seulement dans le but communément admis de dépister des affeclions mentales et des déficiences mentales caractérisées, mais dans celui, non moins important, de dresser le bilan psycho-physiologique de toutes ces personnalités et d'apprécier, s'il se peut, leur degré de nocivité et de curabilité.
Il faut louer sans réserve l'initiative de l’administration pénitentiaire qui a pris récemment en France une position décidée sur cette question aujourd'hui fondamentale, en favorisant l’ouverture de Centres d’Observation dans toutes les Maisons d’Arrêt de quelque importance. Ces centres d’observation, désignés sous le nom d’« Annexes Psychiatriques » des Maisons d’Arrêt, sont, aux termes mêmes d’une circulaire de cette administration &), « destinés à permettre que tous les détenus soient soumis, aussitôt après leur écrou, à un examen psychologique complet, et éventuellement à des épreuves de tests qui permettent de consigner sur une fiche individueile les renseignements essentiels concernant leur hérédité, leurs antécédents médicaux et leur état de santé physique, intellectuel et mental.
» Lorsqu'à la suite de cet examen, un détenu paraît être un débile mental, ou s’il semble qu’un élément pathologique ait pu déterminer le délit, le Psychiatre intervient lui-même et conclut le cas échéant au maintien de l'intéressé à l’annexe.
» L'observation ainsi pratiquée permet, soit de découvrir Îles simulateurs, soit de vérifier les cas dans lesquels un internement s’impose, soit de déterminer l’établissement pénitentiaire sur lequel devra être dirigé le sujet pour y subir le régime ou y subir les soins les mieux appropriés à son état.
» Lorsqu'il s’agit de prévenus, elle permet d’attirer l'attention du Magistrat instructeur sur l’opportunité d’une expertise mentale et, dans l’hypothèse où cette expertise est demandée, le praticien peut puiser dans lobservation pratiquée des éléments d’information.
>» Les différentes indications d’ordre médico-psychiatrique sont mentionnées dans un dossier confidentiel qui suit le détenu à ses destinations pénales successives et qui est conservé en prévision d'une éventuelle récidive.
(1) Comptes rendus du 47° Congrès des Médecins Aliénistes et Neurologistes de France et des Pays de Langue française. (Clermont-Ferrand 1949) P. 483, 484 et 485.