‹ L'Ermitage - 1896 - volume 13Chapitre 45 sur 140 · HT · texte numérisé non relu

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Vous savez que M. Gustave Larroumet, ofîensé par notre ami Georges Vanor, a choisi pour lieu de la rencontre une des salles du Palais de Justice. Le duel a été épique. M. le professeur s'est défendu avec une éloquence douce comme miel — un miel qui aurait conservé quelques dards dangereux. Le poète a eu des mots à l'emporte-pièce et M. Henri Robert, son avocat, a lancé, devant une foule élégantissime et littéraire pâmée d'aise, la plus flétrissante plaidoirie.

D'un côté il y avait un anti-artiste, un ex-fonctionnaire des lettres, de l'autre un simple écrivain.

Vous savez le sujet de la querelle : M. Larroumet ne pouvait se consoler d'avoir eu moins de succès que M. Vanor à l'Odéon. D'où manquement aux bienséances corporatives : provocation de M. Vanor. Départ de M. Larroumet pour la Grèce... M. Larroumet, au retour, préfère déranger trois juges que deux amis. En arrivant à la ome chambre, M. Vanor a un joli mot : « Il reconnaissait M, Larroumet comme professeur de neuvième ». M. Larroumet journaliste chez les professeurs, ne redevient professeur chez les journalistes que lorsqu'il s'agit de se battre.

JEAN JULLIÈN Î2J

Il faut (Tailleurs rendre cette justice à M. Larroumet qu'il est encore plus méprisé en Sorbonne que détesté en boulevard.

Nous nous faisons donc un devoir de joindre notre protestation indignée à celle de tous nos grands confrères des quotidiens. Le véritable condamné — moralement — c'est cet officiel aigri.

Le poète Francis Vielé-Grirrm vient d'être nommé chevalierde la Légion d'honneur.

Notre ami M. Albert Saint-Paul nous adressée ce sujet quelques lignes qui sont l'expression de nos propres sentiments. Elles nous parviennent malheureusement trop tard : nous les publierons au prochain numéro.

Errata. — Au numéro de juillet de l'Ermitage : Dialogue nocturne de Joseph Declareuil, pages 7 et suivantes :

Vers 18, lire : que sillent au lieu de sillonne.

Vers 22, lire : goûte au lieu dégoutte.

Vers 45, lire : la main au lieu de ta main.

Vers 56, lire : Je ne te quittai point. Sur ta... au lieu de : Je ne te quittai point sur ta...

Vers io5, lire : L'attente est grandiose emmi le doux silence au lieu de :

V attente est grandiose emmi les bois et le silence.

Vient de paraître chez Ollendorfï : Petit Voyage de Grèce de Jacques des Gâchons avec illustrations, d'après l'antique, par Andhré des Gâchons.

Notre collaborateur Joseph Declareuil nous annonce pour l'hiver prochain un volume de poèmes : Les lys défaillent.

Un comité s'est formé pour l'érection à Paris, par souscription, d'un monument à Paul Verlaine.

Président : Stéphane Mallarmé.

Vice-président : Auguste Rodin.

Membres : Maurice Barrés, Henry Bauer, Ernest Delahaye, Léon Deschamps, directeur de la Plume. Edouard Ducoté, directeur de Y Ermitage, Edmond Lepelletier, Catulle Mendès, Robert de Montesquiou- Fezensac, Alexandre Natanson, directeur de la Revue blanche, Raoul Ponchon, Georges Rodenbach, Alfred Vallette, directeur du Mercvre de France.

Trésorier : Fernand Glerget, éditeur.

Secrétaire : F. A. Cazals.

Le Comité a confié l'exécution du monument au sculpteur A. de Nie-

derhausen.

Lire dans la Province Nouvelle du mois d'août (no 4) une très intéressante étude d'Albert Saint-Paul sur Antoine Sabatier.

On nous prie d'insérer la lettre suivante ;

Paris, 10 juillet 1896.

Monsieur le Directeur de /'Ermitage, Les observations de M. Jacques des Gâchons dans le dernier fascicule de /'Ermitage m'obligent à une courte explication. L'abondance de la copie reçue pour la compositiou du numéro spécial

sur le Théâtre Historicité, a forcé la direction de Simple Revue à sacrifier quelques réponses. Celle de votre collaborateur a été du nombre, en raison de la jeunesse de sa signature.

Veuille^ agréer. Monsieur le Directeur, l'assurance de ma confraternelle sympathie.

Johannès Gravier.

P.-S. — Je demande bien entendu Vinsertion de cette' réponse.

Notre collaborateur L. P. de Brînn'Gaubast nous demande d'insérer la lettre suivante :

« Mon cher Confrère, « M. Vanor ayant écrit dans l'Événement l'imprudente boutade que voici : — « Rencontré (sic) la traduction des Maîtres-Chanteurs, par M. Louis- Pilate de Brinn'Gaubast. Je recommande sérieusement (!) l'opuscule (re-sic) aux wagnériens, car le traducteur, ainsi qu'il appert nettement de sa version, ne connaît ni la musique, ni la langue allemande, ni, surtout, la langue française », — j'ai pris soin de faire parvenir au Directeur de cette gazette une lettre dont voici le texte, et que vous seriez bien aimable de transcrire dans V Ermitage, puisque l'impartial quotidien n'a pas cru devoir — et pour cause — me prêter la publicité de ses colonnes :

, « Monsieur le Directeur, « Dans /'Événement du 1 1 juillet, M. Georges Vanor, parlant de ma version des Maîtres-Chanteurs de Richard Wagner, déclare, sans aucune preuve, qu'il « en appert nettement... », etc. (voyez ci-dessus). Fort, nonseulement de ma conscience, mais de V opinion de la presse spéciale de toute V Europe, je pourrais à mon tour nier la compétence de votre collaborateur : mais le temps me manquerait, non moins que le loisir, pour le faire dans votre journal avec succès. La religion des «■ wagnériens » — invoqués par M. Vanor — n'est-elle pas éclairée d'ailleurs depuis longtemps, au sujet de ce qu'il appelle des opuscules (635 et 427 pages) par l* unanime approbation de Mme Wagner, de MM. Chamberlain, de Wol^ogen etErnst? Ce

œuvre wagmoi-même ; et j'apprends à M. Vanor, puisqu'il l'ignore, que cette traduction-édition

Qui l'aurait cru? ... Agréeç, etc. »

« Louis-Pilate de Brinn'Gaubast ».

J'ajouterai que M. Vanor, revenant à la charge le 25 juillet, a loyalement dénaturé le sens de la lettre ci-dessus. Peut-être eût-il été plus sage — encore qu'un peu plus difficile — de fournir, à l'appui d'affirmations gratuites, un exemple, à titre de preuve ?

Veuillez agréer, cher confrère, avec tous mes remerciements anticipés, l'expression de mes sentiments de vive sympathie.

Louis-Pilate de Brinn'Gaubast.

Tulle, imp. Mazeyrie. le Gérant ; Edouard Ducotb.

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